Hardes des Acadiens : une ligne de vêtements pour porter sa fierté acadienne
Pour ceux qui ne le savent pas, hardes veut dire des vêtements et sous-vêtements, neufs ou vieux. C’est l’un des multiples mots acadiens qui sont affichés sur les articles de la nouvelle ligne de vêtements, Hardes des Acadiens, un projet de passion réalisé par deux Haligoniennes qui souhaitent partager et intégrer leur patrimoine à leur quotidien.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Depuis son lancement, le 17 octobre, la ligne de vêtements a reçu beaucoup d’amour sur les réseaux sociaux de la part des membres de la communauté acadienne et francophone.
La cofondatrice Katherine LeBlanc était même surprise du nombre de messages d’appui et du niveau d'encouragement. « C’était super touchant », déclare-t-elle.
L’hiver dernier, lors d’une rencontre entre amis pour prendre une pause de la vie familiale, Katherine et Danielle d'Entremont Tsimiklis se sont mises à parler d’un sujet très important : leurs enfants, dit Danielle avec humour.
Elles ont échangé notamment sur la réalité d’être une minorité à Halifax. « On était en train de parler de notre upbringing francophone pis comment élever des enfants francophones dans un milieu minoritaire », raconte Danielle, qui a grandi à Halifax avec Katherine.
« Il y a certaines communautés dans la Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l'Île-du-Prince-Édouard, où tu rentres dans la communauté pis tu ressens vraiment que c’est une communauté acadienne parce que tu vois les petits drapeaux partout. Mais à Halifax, on le ressent moins. On le voit un peu sur les voitures, qui ont les drapeaux acadiens, mais tu ressens pas la culture acadienne », commente Katherine.
Lors de cette jasette, les deux amies se sont demandé comment elles pourraient mettre en valeur leurs racines, pour qu’elles ne se perdent pas. « Les enfants vont à une garderie pis une école francophone, avec le CSAP, mais le langage acadien traditionnel et les mots acadiens, c’est sûr que ça s’apprend à la maison », fait remarquer Danielle.
Pour transmettre leur culture, elles ont pensé bon de coller leurs mots acadiens préférés sur des vêtements. « C’est difficile, à Halifax, de trouver des vêtements avec du français, dit Danielle, mais on n’a jamais vu des vêtements avec de l’acadien ! »
Tout a commencé avec une liste de plusieurs pages remplies d’expressions et de mots qu’elles entendaient leurs parents ou grands-parents utiliser couramment lorsqu’elles étaient jeunes, comme berlicoco, mitan et asteure.
« On a aussi fait un peu de recherche [dans les] dictionnaires acadiens », mentionne Katherine, découvrant quels mots sont acadiens et quels mots sont canadiens-français. En étant exposé à différents types de français à Halifax, les origines peuvent se confondre, explique-t-elle.
Au cours des neuf derniers mois, elles ont travaillé sur les designs dans leur temps libre, le soir et le weekend. La période de remue-méninges a durée assez longtemps, car les deux entrepreneures devaient prioriser avant tout le travail et la famille.
Katherine espère que leur projet puisse encourager d’autres Acadiennes et Acadiens à se sentir à l’aise dans leur langue et à être fiers. « On parle parfois d'insécurité linguistique. Comme Acadiennes, dans un milieu comme Halifax, nous-même, on a ressenti de l’insécurité linguistique, de temps en temps. [Notre projet] est une façon d’avoir la confiance de dire : non non, ceci, c’est ma langue. »
Le port de ces vêtements pourrait aussi susciter des conversations sur la langue et la culture avec d’autres Acadiens et francophones, mais aussi avec des anglophones, suggère Danielle.
En 2024, les cofondatrices aimeraient travailler sur une ligne de linges pour enfants ainsi que contribuer au Congrès mondial acadien qui s’en vient. Danielle, qui a de la famille à Par-en-Bas, a hâte de célébrer ce congrès avec eux.
- Nombre de fichiers 5
- Date de création 27 octobre, 2023
- Dernière mise à jour 27 octobre, 2023