Grève aux ports: « Il y a une limite à l’autodestruction économique »

Ottawa ordonne la reprise des opérations au port de Montréal en imposant un arbitrage définitif et exécutoire afin de mettre fin au conflit de travail qui perdure depuis l’automne 2023.

 

Jean-Marc Dufresne

IJL – Réseau.Presse – Agricom

Déjà affectées par une grève des débardeurs depuis le 31 octobre, les activités du Port de Montréal se sont résumées aux services essentiels depuis l’annonce d’un lock-out par la partie patronale dimanche. La situation allait rapidement devenir problématique pour les agriculteurs et les éleveurs de l’Est du pays, puisque la valeur des marchandises qui transitent par le Port de Montréal atteint près de 400 millions $ par jour!

Assez! 

À peine remise d’une grève ferroviaire il y a quelques semaines, l’industrie agroalimentaire se voyait à nouveau paralysée par le conflit. « Pour un pays qui dépend du commerce, les risques économiques, commerciaux et sanitaires sont extrêmement élevés et disproportionnés aux enjeux des négociations collectives », a déclaré le ministre fédéral du Travail, Steven MacKinnon.

Rappelons qu’un arbitre nommé par le fédéral n’avait pas réussi à rapprocher les deux parties au cours des derniers jours. L’industrie agroalimentaire avait l’impression d’avoir déjà joué dans le même film, puisque le dernier conflit de travail des débardeurs en 2021 s’était soldé par une loi forçant leur retour au travail.

Un impact économique considérable

Le Conseil des viandes du Canada avait lancé la charge avant même l’annonce du lock-out dimanche en rappelant que les fermetures affectent à la fois les importations et les exportations, exerçant une pression sur les fabricants, les détaillants et les industries qui dépendent du mouvement rapide des marchandises. Le groupe estime que ce conflit de travail, dernier d'une série, a un impact sur la réputation internationale du Canada. Il incite les acheteurs à réfléchir à deux fois avant de compter sur les fournisseurs canadiens.

« Notre secteur exporte pour près de 10 milliards de dollars de produits de viande rouge par année », a déclaré Chris White, président et chef de la direction du Conseil des viandes du Canada (CMC) et de Porc Canada (CP). « Sans infrastructure de transport fiable, nos membres risquent de nuire à leur réputation, d’augmenter leurs coûts et de gaspiller des produits alimentaires. Cette instabilité constitue un défi pour les entreprises membres et nous ne pouvons pas nous permettre de laisser ces perturbations se poursuivre. »

Le conflit

L’argent est le nerf de la guerre. D’une part, le syndicat des débardeurs demande la parité salariale avec leurs collègues des ports de Vancouver et Halifax, soit une augmentation salariale de 20% sur quatre ans.

D’autre part, l’Association des employeurs maritimes (AEM) offre une augmentation salariale de plus de 20% sur six ans, soit 3% par année pour quatre ans et 3,5% pour les deux années subséquentes, incluant une rétroaction pour le début de 2024. Selon l’Association, cette proposition porterait le salaire annuel des débardeurs à plus de 200 000$ par année, ce que dément le syndicat.

Le ministre MacKinnon estime que « les parties font preuve d’un manque d’urgence alarmant et les négociations ne progressent pas vers de nouveaux accords. » C’est aussi un arbitrage définitif et exécutoire qui a mis fin au conflit ferroviaire il y a quelques semaines.

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Légende photo 1 : Le port de Montréal aurait perdu 24% du volume de biens qui passent par la métropole en deux ans.

Légende photo 2 : Le ministre MacKinnon estime que les deux parties ne montrent aucun empressement à régler le conflit de travail.

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  • Date de création 13 novembre, 2024
  • Dernière mise à jour 19 novembre, 2024
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