Généalogie : à la quête de ses ancêtres dans l’Est ontarien

«Tout le monde devrait au moins connaître d’où viennent ses ancêtres.»

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Charles Fontaine

IJL – Réseau.Presse –Le Droit

Dans le sous-sol du généalogiste Denis Ouimet se cache une petite pièce qui lui sert de refuge au quotidien.

Pour certains, leur man cave abrite un bar et une table de billard.

Pour le résident de Clarence-Rockland, dans l’Est ontarien, ce sont des livres et des documents sur la généalogie qui dominent l’endroit.

Dans les classeurs ainsi que sur les tablettes des quatre murs - du sol au plafond - pullulent d’imposants livres traitant de l’histoire d’une seule famille, à celles du Québec, voire du Canada.

Le natif d’Eastview, tient-il à préciser même si le quartier porte le nom de Vanier depuis 1969, s’intéresse à la généalogie depuis l’âge de 28 ans.

Alors qu’il marchait dans les rues de la ville de Québec, un soir de1984, une association familiale qui tenait un kiosque vendait des livres sur la généalogie.

Une «bibitte» l’a piqué et il n’a plus jamais lâché ce passe-temps, se souvient-il.

Au fil des ans, cette passion s’est accentuée à un tel point qu’il est devenu certifié en la matière.

Comme tout généalogiste, il a commencé par l’histoire de sa propre famille. Il a tracé dix générations des Ouimet depuis 1659. Son arbre généalogique est d’ailleurs affiché en grand derrière son bureau.

Alors qu’il ne connaissait que sa famille rapprochée au départ, il se plaît à constater que l’actrice et l’animatrice Danielle Ouimet fait partie de sa famille.

Autre détail, la graphie du nom de famille change à 32 reprises à travers le temps. Ouimet, Houymet, Ouimette; le nom était écrit selon la sonorité, précise Denis Ouimet.

Dès ses débuts, se souvient-il, il a fait face à une embûche de taille, celle de l’identité de son arrière-arrière-grand-père. Après avoir consulté 4800 actes de mariage, il déniche finalement son acte de baptême.

«Il faut que ça travaille les méninges, il y a beaucoup de casse-tête. C’est un défi que j’adore au quotidien», mentionne l’homme à la retraite depuis 2011.

Sentant le besoin de fouiller plus loin qu’un arbre généalogique, il rédige le Dictionnaire des descendants de Jean Ouimet et Renée Gagnon, lourd de 1000 pages, qui retrace l’histoire généalogique de la famille.

Pour informer sa famille de leur histoire, M. Ouimet distribue aussi le bulletin Le Houymet, trois fois par année depuis 1991.

Auteur bénévole

Denis Ouimet ne s’intéressait pas nécessairement à l’histoire avant de découvrir celle de sa propre famille. Il a mené une carrière en enseignement au secondaire pendant 30 ans, majoritairement en géographie.

Jamais la généalogie n’a représenté une source de revenus. Cette passion a toujours constitué un passe-temps. Dans sa jeunesse, avant la naissance d’Internet, elle l’a mené à voyager un peu partout au Québec et même aux États-Unis pour arpenter les allées de bibliothèques.

«Je prenais la voiture et je pouvais me rendre jusqu’à Salt Lake City pour consulter des répertoires de mariage, de baptêmes ou des sépultures. Ça coûtait cher d’essence! La venue de l’informatique m’a aidé là-dessus.»

Lorsqu’il consulte des documents anciens, il parvient à lire les indices grâce à ses qualités de paléographe, c’est-à-dire d’expert en l’étude des écritures d’autrefois.

C’est une compétence qu’il a acquise à travers la généalogie.

Tout le monde dans son entourage sait que c’est son dada. L’homme âgé de 68 ans offre à quiconque de dresser leur arbre généalogique, gratuitement.

Il a documenté, avec l’aide de la paroissienne Thérèse Dalrymple, l’ascendance de plus de 350 familles de Clarence-Rockland. Cette brique de 800 pages a été publiée à l’occasion du 125e anniversaire de la paroisse Très-Sainte-Trinité en 2014.

Grâce aux volumineux ouvrages qu’il a rédigés et aux ateliers qu’il a donnés sur la généalogie, il a obtenu le titre de maître-généalogiste agréé en mai 2023. Seulement 26 personnes ont obtenu cette certification prisée du Bureau québécois d’attestation de compétence en généalogie depuis 1992.

Denis Ouimet pourrait parler de généalogie pendant de nombreuses heures. Il en connaît beaucoup.

À titre d’exemple, il est capable de nommer les familles les plus populeuses de l’Est ontarien sans hésitation lorsque questionné par Le Droit.

Les Lalonde trônent au sommet. Viennent ensuite sans ordre précis les Séguin, les Desjardins et les Beauchamp, note-t-il.

«Un vrai passionné», dit-il en parlant de lui-même.

Même s’il s’y intéresse depuis 40 ans, il admet que c’est «un sport de vieux».

Pourtant, il souligne l’importance de connaître son histoire à un jeune âge.

«Quand on est jeune, on devrait poser plus de questions à nos parents sur leur passé. Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on s’en va. On l’a déjà entendu celle-là, mais c’est important. Pour vouloir laisser sa trace, il faut connaître ce qui a été fait par les autres.»

Pour ceux qui s’intéressent à la généalogie, Denis Ouimet organise le premier groupe d’entraide sur le sujet au Musée de Clarence-Rockland, le 1er novembre à 19h.

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Photos

Denis Ouimet consacre de cinq à six heures par jour à sa passion qu'est la généalogie. (Etienne Ranger/Le Droit )

Denis Ouimet a voyagé beaucoup grâce à la généalogie. (Etienne Ranger/Le Droit )

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  • Date de création 26 octobre, 2023
  • Dernière mise à jour 26 octobre, 2023
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