Garderie à 10 dollars : «Un engagement pour une société plus progressiste»

Les garderies à 10 dollars par jour d’ici 2024, résultat d’une entente entre Ottawa et le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard dévoilée mardi 27 juillet, suscitent l’enthousiasme des acteurs de la petite enfance de la province.  Ils saluent un investissement sans précédent.

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Marine Ernoult

IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

 

  

«C’est un moment historique pour la petite enfance», affirme Kathleen Couture, directrice de l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’Î.-P.-É. (ACPEFÎPÉ).  «Les investissements annoncés sont un engagement pour une société canadienne plus progressiste, cela aura un effet transformateur sur la société de l’Île», renchérit Donald DesRoches, président du Collège de l’Île, qui offre des formations en petite enfance.

L’annonce de la création de places en garderie à 10 $ par jour d’ici 2024, résultat d’une entente signée pour cinq ans entre Ottawa et le gouvernement de la province, remporte l’adhésion des acteurs de la petite enfance de l’Î.-P.-É. D’ici octobre 2022, les frais de garderie seront d’ores et déjà réduits à 20 dollars alors qu’actuellement ils s’échelonnent entre 27 et 34 dollars.

«C’est une excellente nouvelle, car ça représente, aujourd’hui, une grosse partie de notre budget», réagit Eugénie Beaudry, mère de trois enfants.  «On pourra consacrer cet argent à autre chose, économiser pour les études de nos enfants par exemple».  À partir de janvier 2022, la mère de famille devra dépenser 1 240 dollars par mois pour ses frais de garderie.

Une profession enfin valorisée

Avec l’objectif de créer 452 places de plus dans les centres de la petite enfance d’ici deux ans, le gouvernement fédéral a dévoilé un plan d’investissement de près de 125 millions de dollars.  «Les femmes ne seront plus obligées de rester à la maison pour s’occuper des enfants parce qu’elles ont de la misère à payer les garderies», observe Donald DesRoches.  Et de regretter : «Encore trop souvent les femmes ne sont pas libres de leur choix et doivent mettre leur carrière entre parenthèses».

L’accord prévoit également des fonds supplémentaires pour les jeunes avec des besoins spéciaux comme les enfants autistes.  La mise en œuvre d’un plan pour assurer l’inclusion culturelle dans la programmation des centres de la petite enfance francophones est par ailleurs à l’ordre du jour à l’horizon 2023.  «On fait déjà un bon travail dans ce domaine, et la province va désormais nous appuyer», souligne Kathleen Couture.

Les éducatrices et éducateurs en petite enfance ne sont pas en reste.  Leurs conditions de travail vont nettement s’améliorer.  Ils verront leur salaire horaire augmenter jusqu’à quatre dollars de plus, dès le mois d’octobre.  Pour la première fois, ils bénéficieront d’un fonds de pension, et accéderont plus facilement à la formation continue.  «On reconnaît enfin l’importance de notre métier, les gouvernements comprennent que pour avoir des programmes éducatifs de qualité, il faut valoriser la profession», se réjouit Kathleen Couture.

Une filière désormais attractive

Un avis partagé par Donald DesRoches pour qui ces annonces changent la donne.  «Jusqu’alors, les carrières en petite enfance ne suscitaient pas beaucoup d’intérêt, nous avions du mal à attirer des étudiants à cause des bas salaires, explique-t-il.  Maintenant, ce ne sera plus le cas, les jeunes n’hésiteront plus à choisir cette filière.» Surtout que dans les deux prochaines années, 400 bourses serontallouées aux étudiants qui veulent se lancer dans des études en petite enfance.  60 bourses supplémentaires sont prévues, notamment pour ceux qui souhaitent étudier en français.

À la mi-juillet, la Nouvelle-Écosse était devenue la troisième province ou territoire à l’échelle du pays à signer un accord similaire, après la Colombie-Britannique et le Yukon.  Elle avait ainsi reçu 605 millions de dollars d’Ottawa pour réduire les frais de services de garde à 10 dollars par jour d’ici cinq ans.

 

 

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Photos

 

Kathleen Couture, directrice de l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’Î.-P.-É., se réjouit que la valeur du travail en petite enfance soit mieux reconnue.  Lors de l’annonce de l’entente le 27 juillet dernier, elle a terminé sa déclaration en disant : «Je ne serais pas complètement moi sije ne faisais pas ça».  Elle a alors envoyé un hourra sonore en levant les bras en signe de victoire.  (Photo : J.L.)

 

Donald DesRoches est président du Collège de l’Île, qui offre des formations en petite enfance.  (Photo : Laurent Rigaux)

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  • Date de création 6 août, 2021
  • Dernière mise à jour 6 août, 2021
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