Foyers pour aînés: la ministre Fullerton n’admet pas ses fautes

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

Vivement écorchée par le rapport de la vérificatrice générale de l’Ontario publié mercredi, la ministre des Soins de longue durée Merrilee Fullerton refuse de reconnaître le rôle qu’elle a joué durant la crise observée dans les foyers de soins de longue durée durant la pandémie de COVID-19. 

Ni les établissements de soins de longue durée, ni le ministère qui en est responsable n’étaient «préparés» ou «équipés» pour affronter la pandémie de COVID-19. 

C’est ce que conclut la vérificatrice générale Bonne Lysyk dans son rapport sur la réponse du système de soins de longue durée à la crise sanitaire, dévoilé mercredi matin. 

Pas en contrôle

Dans son document de 118 pages, la VG n’épargne pas le ministère des Soins de longue durée, soulignant que celui-ci n’était pas en contrôle de la situation en mars 2020. 

Incapable de dire combien de résidents étaient hébergés dans des unités de trois ou de quatre lits, pas en mesure non plus d’identifier le nombre de chambres qui devront être rénovées d’ici 2025 pour se conformer aux nouvelles normes de la province, le ministère de Merrilee Fullerton est en partie pour cause dans les ravages enregistrés dans les établissements pour aînés durant la pandémie, juge la vérificatrice.

Par ailleurs, Bonnie Lysyk soulève un manque d’expertise au sein du ministère en ce qui concerne la prévention et le contrôle des infections (PCI). Selon ses recherches, il n’y aurait que trois membres du personnel possédant une expertise en PCI au ministère.

Questions esquivées

Elle regrette également que la province n’ait effectué aucune inspection pour vérifier si les établissements pour aînés respectaient les mesures de santé publique. 

Durant une conférence de presse de près d’une demi-heure, mercredi, Merrilee Fullerton a esquivé chacune des questions des journalistes qui cherchaient à savoir si elle et son gouvernement éprouvaient un sentiment de responsabilité face au désastre causé par le coronavirus dans ces foyers, dont 3767 décès. 

«Je suis une personne, c’est une réponse intégrée», a-t-elle indiqué, se qualifiant de personne «très attentionnée et compatissante» en rappelant son travail antérieur de médecin de famille. 

La ministre Fullerton a plutôt continué de blâmer les failles des gouvernements précédents pour la situation actuelle. 

«J’assume la responsabilité du bien-être des résidents des foyers de soins de longue durée et la responsabilité de réparer la catastrophe des 15 dernières années», a-t-elle lancé. 

Trois cibles

Le rapport de Bonnie Lysyk cible trois principaux litiges ayant mené à une telle situation:

  1. Malgré des recommandations précises faites par des experts à la suite de l’éclosion de SRAS en 2003, trop peu de mesures ont été mises en place au cours des années suivantes pour se préparer à la «prochaine fois». 
  2. Des préoccupations persistantes soulevées depuis plus de dix ans au sujet des lacunes systémiques du secteur n’ont pas été résolues. 
  3. Le manque d’intégration du secteur des soins de longue durée au reste du secteur des soins de santé n’a pas permis aux établissements pour aînés de bénéficier pleinement de l’expertise nécessaire en matière de PCI pour sauver des vies.

«Avec l’arrivée des vaccins, le nombre d’éclosions de COVID-19 et de décès a considérablement diminué dans les foyers de soins de longue durée, mais les problèmes systémiques de longue date qui mettent les résidents en danger ne sont pas encore réglés», souligne la vérificatrice.

Bonnie Lysyk conclut que les foyers de soins de longue durée de l’Ontario demeurent vulnérables face à d’éventuelles pandémies.

  • Nombre de fichiers 1
  • Date de création 28 avril, 2021
  • Dernière mise à jour 28 avril, 2021
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article