Fouilles des sites d’anciens pensionnats autochtones Où en est l’Ontario ?

Émilie Pelletier

[email protected]

Initiative de journalisme local

Queen’s Park

TORONTO — Plusieurs provinces ont déjà entamé les fouilles sur les sites d’anciens pensionnats autochtones à la recherche de dépouilles d’enfants autochtones y ayant été enterrés. Le gouvernement ontarien a-t-il commencé ce processus ? Où en sommes-nous, dans la province ?

Depuis que les restes de 215 enfants ont été retrouvés près de l’ancien pensionnat pour Autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique, ce genre de nouvelles ne fait que s’accumuler.

À la fin du mois de juin, 751 tombes anonymes près de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval, en Saskatchewan, ont été découvertes. 

Cette semaine, la communauté autochtone Lower Kootenay, elle aussi en Colombie-Britannique, a révélé avoir trouvé 182 tombes non marquées à proximité de l’ancien pensionnat St. Eugene. 

Et en Ontario ? 

« Le travail ne fait que commencer », a indiqué au Droit un porte-parole du ministère ontarien des Affaires autochtones, questionné à savoir si les fouilles aux sites d’anciennes écoles résidentielles sont commencées. « Le gouvernement de l’Ontario s’est engagé avec les dirigeants autochtones pour établir un processus de collaboration qui éclairera et guidera ce travail difficile et fournira un soutien aux communautés et aux survivants. »

Ainsi, si les recherches archéologiques n’ont pas encore débuté, c’est parce que la province souhaite s’assurer de la pleine collaboration des communautés autochtones, afin que ce soient elles qui déterminent les étapes pertinentes à suivre dans ce processus. 

« Nous savons que ce travail initial est la première étape d’un processus beaucoup plus vaste. Toute action découlera des souhaits des familles et des communautés autochtones touchées et toutes les phases de travail entreprises seront dirigées et soutenues par la communauté. »

Le 15 juin, le gouvernement Ford s’est engagé à octroyer 10 millions $ pour financer les fouilles sur les lieux de sépulture des pensionnats autochtones, et a promis qu’il offrirait un soutien aux personnes autochtones touchées par ces événements traumatisants, selon leurs besoins particuliers.

Les injustices vécues par les communautés autochtones du Canada sont bien documentées. 

En 1894, la Loi sur les Indiens a été modifiée pour rendre obligatoire la fréquentation des écoles résidentielles pour Autochtones. Au pays, entre 1870 et 1996, plus de 150 000 enfants autochtones ont été arrachés à leur famille et à leur communauté et envoyés dans ces pensionnats. 

Il y avait 18 pensionnats autochtones en Ontario, selon la Commission de vérité et réconciliation du Canada, le dernier fermant ses portes en 1991. 

Depuis, les sites ont soit été réaffectés, soit été abandonnés ou détruits. 

Les recherches de la Commission ont permis d’identifier 12 lieux de sépulture non marqués en Ontario, mais il y en a probablement d’autres, selon des chercheurs.

Environ 8000 des quelque 80 000 survivants des pensionnats autochtones du Canada vivaient en Ontario à l’époque de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens.

La Commission de vérité et de réconciliation a estimé qu’au moins 426 enfants ayant fréquenté les pensionnats autochtones en Ontario sont décédés, tandis qu’un nombre inconnu est toujours porté disparu.

  • Nombre de fichiers 1
  • Date de création 2 juillet, 2021
  • Dernière mise à jour 2 juillet, 2021
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article