Faire tomber le masque sur les problèmes de santé mentale
Christian Gammon-Roy
IJL – Réseau.Presse - Tribune : la Voix du Nipissing Ouest
Le Centre Alliance de l'Hôpital général de Nipissing Ouest a souligné la Semaine de la santé mentale, du 5 au 11 mai, par une série d'activités visant à attirer l'attention sur les ressources qu'il offre aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. La première activité a consisté à enregistrer les profils de clients qui ont accepté de raconter leur histoire, ce qui a été diffusé à la radio tout au long de la semaine. Le mardi 6 mai, un atelier «Peignez votre propre masque» a été organisé, suivi d’une «tournée de bien-être» dans l’hôpital.
Comme l'explique Tina Bouffard, intervenante au Centre Alliance, le thème de la Semaine de la santé mentale cette année était «la santé mentale, sans masque». Ainsi, les efforts portaient sur la déstigmatisation de la santé mentale, afin que les gens soient «ouverts et à l'aise pour parler et dire «non, je ne vais pas bien.» C'est normal de ne pas aller bien,» de dire Mme Bouffard.
C’était le but des profils de clients. Selon Mme Bouffard, il s'agissait de «mini-entretiens» au cours desquels les participants parlaient de leur parcours en santé mentale. Les clients décrivaient leurs luttes initiales, où ils en étaient dans leur parcours, et s'ils avaient des conseils à donner aux personnes qui commencent leur propre rétablissement. «Beaucoup d'entre eux m'ont simplement dit «il faut juste respirer. Une respiration à la fois, un pas à la fois. Vous n'êtes pas seul,»» de raconter Mme Bouffard.
Reflétant le thème des masques, les gens ont été invités à venir au Centre Alliance pour une session d'artisanat qui nécessitait une certaine introspection. «Cette activité de masque consiste à peindre l'extérieur comme la façon dont les gens vous voient, et l'intérieur comme la façon dont vous vous voyez et dont vous vous sentez réellement à l’intérieur,» décrit Mme Bouffard. Elle ajoute que les gens mettent souvent un masque lorsqu'on leur demande comment ils se sentent, en disant par défaut «je vais bien» ou que «tout va bien», même si ce n'est pas toujours le cas.
La troisième activité portait sur les défis que représente le maintien d'un esprit sain dans un environnement stressant comme le milieu du travail, en particulier dans un cadre aussi exigeant que l’hôpital. Le personnel du Centre Alliance a pris le temps de se promener dans l'hôpital et de «donner des conseils de bien-être, et distribuer des stylos et des balles anti-stress au personnel,» décrit Mme Bouffard.
C'est en ayant ces conversations et en montrant aux gens que tout le monde peut souffrir de problèmes de santé mentale que Mme Bouffard espère rendre les gens plus ouverts et plus attentifs à leur propre bien-être, au lieu de céder à la stigmatisation et de souffrir en cachette. Elle évoque en particulier la santé mentale des hommes, qui ont davantage tendance à cacher leurs émotions. «Ce n'est pas une faiblesse de parler de sa santé mentale et de ses difficultés, c'est en fait une force et cela demande beaucoup de courage,» dit-elle.
Mme Bouffard espère qu'en mettant la santé mentale sous les feux de la rampe, les gens se rendront compte qu'ils ne sont pas seuls ; en effet, une personne sur trois est aux prises avec un problème de santé mentale au cours de sa vie. «Parfois, lorsque les gens luttent, ils se réfugient dans un endroit sombre et pensent qu'ils sont seuls, mais ce n'est pas le cas,» insiste-t-elle.
Bien entendu, le fait d'être prêt à parler de sa santé mentale n'est utile que si l'on dispose des services ou du soutien nécessaires, et Mme Bouffard veut que les résidents de Nipissing Ouest sachent que le Centre Alliance est là pour eux. «N'ayez pas peur de tendre la main. Nos portes sont ouvertes aux personnes âgées de 16 ans et plus, et si quelqu'un appelle et qu'il a moins de 16 ans, nous le référerons. Nous croyons fermement à la notion qu’il n’y a «pas de mauvaise porte d’entrée» pour de l’aide, donc si quelqu'un vient et ne répond pas à nos critères, nous trouverons les ressources dont il a besoin,» assure-t-elle.
Si une personne n'est pas tout à fait prête à faire appel à des services professionnels, Mme Bouffard lui suggère de se donner un peu de répit et de s'adresser à un ami proche ou à un membre de sa famille pour en parler.
En ce qui concerne la détection précoce des problèmes de santé mentale, Mme Bouffard explique que les gens devraient rester vigilants pour reconnaitre lorsque leurs stratégies d'adaptation habituelles ne fonctionnent plus et que «les mauvaises journées commencent à être plus nombreuses que les bonnes.» Il est peut-être temps pour vous de tendre la main lorsque le sentiment de «je ne vis pas, je ne fais que survivre» s'empare de vous, dit-elle. Le Centre Alliance est situé au 172, rue Ethel, local 3, à Sturgeon Falls. On peut le joindre au 705-753-2271.
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Photo :
Tina Bouffard (au centre) et les participants à l'atelier «Peignez votre propre masque», qui s'est tenu au Centre Alliance le mardi 6 mai, dans le cadre des activités de la Semaine de la santé mentale. Les participants devaient peindre leur « visage public » à l'extérieur du masque et leur « visage réel » à l'intérieur du masque afin d'illustrer le fait que nous portons souvent un masque lorsque nous interagissons avec les autres.
Crédit photo : Christian Gammon-Roy
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- Date de création 16 mai, 2025
- Dernière mise à jour 16 mai, 2025