Face aux critiques des verts, un ministre se défend «d’attiser les flammes» de la crise climatique

Le ministre des Ressources naturelles, John Herron, se défend face aux critiques du chef du Parti vert, David Coon, qui accuse le gouvernement Holt «d’attiser les flammes» de la crise climatique en appuyant une centrale et un oléoduc de gaz naturel, entre autres.

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Alexandre Boudreau

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl

Le chef du Parti vert digère mal le fait que la première ministre Susan Holt s’intéresse à un projet de pipeline de gaz naturel et que son gouvernement appuie la construction d’une centrale au gaz naturel pour produire de l’énergie.

David Coon accuse le gouvernement Holt de «ne pas comprendre» la crise climatique.

«Le monde brûle, et le gouvernement libéral semble déterminé à attiser les flammes avec l’expansion du gaz fossile», a écrit le chef du parti dans un courriel envoyé à ses membres, jeudi.

En entrevue, il explique que ces décisions auront des conséquences pour les générations futures, et qu’en raison de ces décisions, la transition énergétique «demeure en suspens».

«La politique des libéraux représente un engagement à long terme pour la consommation de gaz fossile pour une ou deux générations. Ce n’est pas acceptable dans le contexte de la crise climatique.»

Le ministre en désaccord

En entrevue, John Herron, le ministre des Ressources naturelles du gouvernement Holt, se dit en désaccord avec la façon dont David Coon présente les faits.

Il affirme que «n’importe quel gouvernement progressiste» doit avoir une stratégie climatique pour favoriser l’énergie renouvelable.

«Quand les énergies fossiles doivent faire partie du lot, elles doivent être faibles en émissions de carbone, au minimum. Donc clairement, fini le charbon. Mais le gaz naturel est apte à être un carburant de transition pour le monde industriel pour une certaine période de temps. C’est pour cela qu’il y a un intérêt pour le gaz naturel liquéfié en Europe, particulièrement en Allemagne et en France.»

Récemment, son gouvernement a entamé des discussions avec deux entreprises sur la possibilité d’acheminer du gaz naturel vers Saint-Jean pour l’exporter en Europe.

«C’est de la folie, ce n’est pas un carburant de transition, c’est une politique pour repousser la transition à plus tard», tempête David Coon.

Le gaz de schiste

David Coon avance aussi que John Herron «demande la réouverture de la fracturation hydraulique au N.-B.».

Le ministre répond qu’il y aurait plusieurs étapes à franchir avant de lever le moratoire sur la fracturation hydraulique. Cela nécessiterait d’avoir l’accord de la population du N.-B., y compris des peuples autochtones. Il faudrait aussi que le Parti libéral du N.-B. en discute, puisqu’il a adopté une résolution pour maintenir le moratoire en place, selon lui.

«Personne ne lèvera le moratoire de sitôt», résume le ministre.

L’accusation de David Coon a été faite en réponse à un article du Telegraph-Journal dans lequel le ministre évoque la possibilité de permettre le développement de cette industrie dans une région qui a déjà été exclue du moratoire par le gouvernement Higgs en 2019, le champ gazier McCully, près de Sussex.

John Herron affirme en entrevue avec l’Acadie Nouvelle que si l’industrie du gaz de schiste travaille pour atteindre un niveau d’appui significatif dans la population, y compris chez les peuples autochtones, il pourrait permettre davantage de forage dans cette région. Il affirme qu’il y a déjà une «permission sociale» à cet endroit.

Dans ce cas-là, il pourrait aussi permettre des tests pour évaluer les gisements de gaz à Frederick Brook, dans la région d’Elgin.

David Coon affirme que John Herron adopte la même position que Blaine Higgs.

«C’est exactement ce que Blaine Higgs disait, et c’est exactement le même plan. Je ne vois pas de différence entre les deux positions», lance le chef des verts.

L’idée de développer le gaz de schiste dans ces régions avait été ramenée dans l’espace public à plusieurs reprises par Blaine Higgs au courant de son mandat. Il avait manifesté son intérêt pour développer le forage dans les régions identifiées par M. Herron.

John Herron se défend d’avoir adopté la même position en critiquant l’ancien premier ministre.

«Je ne pense pas que Blaine Higgs avait le désir de dialoguer et de régler les préoccupations sociales des Néo-Brunswickois. Il faut avoir un dialogue dans ces situations.»

Blaine Higgs et ses ministres ont rejeté à plusieurs reprises l’idée de lever le moratoire sur la fracturation hydraulique sans avoir l’acceptation sociale de la part de la population du Nouveau-Brunswick, y compris les peuples autochtones.

En 2023, Blaine Higgs avait fait des commentaires laissant entendre qu’il voudrait développer ces ressources même sans l’accord des Premières nations, mais sa ministre des Affaires autochtones de l’époque, Arlene Dunn, avait corrigé le tir.

En 2024, le prédécesseur de John Herron, Mike Holland, avait réaffirmé que le développement de gaz de schiste ne se ferait pas sans l’accord des peuples autochtones du N.-B.

 

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Photo : Le ministre des Ressources naturelles, John Herron. - Archives

 

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  • Date de création 17 septembre, 2025
  • Dernière mise à jour 17 septembre, 2025
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