Entre stabilité et incertitude : où se situe le marché immobilier de Hearst ?
Plus tôt ce mois-ci, l’Association canadienne de l’immobilier (ACI) indiquait que les ventes résidentielles ont augmenté de 6,6 % en juillet par rapport à l’année précédente. Dans le district de Timmins, Cochrane et Témiscamingue, l’augmentation se situe plutôt à 16,4 % comparativement à 2024. Sommes-nous toujours dans un marché de vendeurs ?
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Par Renée-Pier Fontaine - IJL - Réseau.Presse
À Hearst, plusieurs maisons semblent rester sur le marché longtemps et, pourtant, une pénurie de logements sévit la région depuis quelques années. Plusieurs facteurs peuvent venir influencer la stagnation de certaines habitations à vendre, selon l’agente immobilière Audrey Aubin.
Incertitude politique et logements abordables
Selon Mme Aubin, l’incertitude économique causée par la guerre tarifaire avec les États-Unis est un facteur important à considérer, puisque la majeure partie de l’activité économique de la région demeure l’industrie forestière. « Plusieurs personnes ont peur de perdre leur travail, donc s’engager dans un nouveau paiement d’hypothèque où tu dois absolument faire des versements peut être effrayant lorsque tu ne sais pas si tu as une stabilité d’emploi », explique-t-elle.
L’autre facteur est le faible cout des logements pour ceux qui sont au même endroit depuis plusieurs années. Dans de tels cas, à Hearst, on parle de logement à 500 ou 600 $ dollars par mois. « Ces gens-là ne sont pas intéressés plus qu’il le faut à investir en déposant une mise de fonds et d’avoir, par la suite, un paiement mensuel plus cher que ce qu’ils payent en logement. C’est également ça qui bonifie la pénurie de logements, car beaucoup de locataires préfèrent garder des logements à prix abordable et ne partiront pas de sitôt. »
La fin du marché « covid »
Bien que partout ailleurs au pays le prix des maisons avait augmenté graduellement au fil du temps, dans la région de Hearst il restait plutôt bas jusqu’à ce que la pandémie arrive et le fasse bondir pour le placer plus près de la moyenne globale. C’était alors devenu un marché pour les vendeurs. « Ils pouvaient demander un prix un peu irréaliste, mais réussissaient à vendre puisque les taux d’intérêt étaient super bas, les gens étaient pris à la maison et voulaient acheter », dit l’agente immobilière. « Maintenant, on a recommencé à vivre, puis les acheteurs veulent voyager, investir pour que leurs enfants jouent dans les sports, etc. Donc, ils n’ont plus les mêmes budgets pour les maisons, ni les mêmes buts, et sont moins motivés. De l’autre côté, il y a encore des acheteurs qui rêvent de vendre leur propriété comme dans le temps du marché covid. »
Le marché est en train de se stabiliser. Pour les acheteurs, il faut se rendre à l’évidence que les prix ne reviendront jamais à ceux d’avant la pandémie, et de l’autre côté certains vendeurs doivent aussi être conscients que les prix trop élevés auront peut-être besoin d’être négociés à la baisse. « C’est le temps qui va les apporter au même niveau et trouver des solutions pour que ça soit un petit peu plus balancé. »
Premiers acheteurs
Lorsque vient le temps pour de premiers acheteurs de faire le tour du marché et de voir les prix des maisons dans la région, ça peut être décourageant au premier coup d’œil. Selon Audrey Aubin, c’est important d’aller chercher l’aide appropriée pour les circonstances auprès d’un conseiller financier ou hypothécaire. « Moi je m’occupe de répondre aux besoins de mes clients sur ce qu’ils recherchent ou pas dans leur prochaine maison. Je peux aussi les mettre en contact avec quelqu’un qui saura les guider dans leur planification financière, pour les mises de fonds, etc. »
C’est un processus qui peut intimider par sa complexité, mais lorsque bien accompagnés, les acheteurs peuvent s’approcher de leur objectif plus facilement. L’investissement dans des propriétés est encore, de nos jours, un moyen fiable pour ceux qui ont les ressources et le temps de s’en occuper.
Comparaisons entre les marchés de l’Ontario
Il est difficile de faire des comparaisons entre les marchés immobiliers ontariens puisque la région de Toronto se place dans une catégorie à part, où avec la flambée exagérée des prix au cours des dernières années, certains propriétaires perdent leur maison, ce qui augmente le nombre de maisons sur le marché.
Pour les statistiques, les agents comme Audrey Aubin utilisent les données indépendantes de l’Association canadienne de l’immobilier pour avoir un portrait plus réel de ce qui se passe dans leur ville ou dans le district.
Pour la région de Hearst, l’année 2018 a été difficile sur le marché immobilier : les maisons restaient à vendre en moyenne 15,5 mois comparativement à 3,7 mois en 2021 et 1,7 mois en 2022. Depuis, les maisons restent en moyenne environ 5 mois sur le marché.
En juillet 2024 à Hearst, il y avait 21 nouvelles entrées sur le marché comparativement à 14 cette année, mais le nombre de ventes était le même, soit de 8 habitations. Au niveau du district de Timmins, Cochrane et Témiscamingue, les ventes ont augmenté en juillet 2025 et les prix sont restés stables. « Ce que ça veut dire c’est que les gens recommencent à acheter et à être motivés ; ils voient une stabilité. Les taux hypothécaires sont les mêmes depuis un petit bout, donc la confiance dans le futur du marché reprend tranquillement. Avec l’augmentation des prix lors de la pandémie, certains ont attendu pour voir si ça allait rebaisser, mais après deux ans c’est resté stable, c’est donc où on se situe pour les mois à venir certainement », conclut l’agente immobilière Audrey Aubin.
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Photos :
Maison à vendre par Audrey Aubin - par Renée-Pier Fontaine
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 2 septembre, 2025
- Dernière mise à jour 2 septembre, 2025