Encore un nouveau recteur pour l’Université de l’Ontario français

Le recteur de l’Université de l’Ontario français (UOF) Pierre Ouellette ne sera pas de retour en poste, en septembre prochain.

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Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

L’UOF en a fait l’annonce, jeudi après-midi, par voie de communiqué.

«Ce changement fait suite à la décision de M. Pierre Ouellette en cette fin de cycle universitaire de ne pas revenir comme recteur en septembre prochain», a fait savoir l’université franco-ontarienne.

En annonçant ce quatrième changement de rectorat en cinq ans, l’UOF n’a pas donné de raison précise pour le départ de Pierre Ouellette.

En entrevue avec Le Droit, le président du conseil de gouvernance de l’université, Jacques Naud, a affirmé que M. Ouellette l’avait «avisé récemment de son désir de quitter l’UOF, à la fin de l’année financière, le 30 avril».

Pierre Ouellette sera remplacé par Normand Labrie, qui avait déjà occupé le poste de recteur par intérim de l’UOF, en 2019, avant de quitter ses fonctions peu après que le gouvernement Ford aot annoncé qu’il ne financerait pas l’institution postsecondaire.

C’est donc un retour au bercail pour M. Labrie, «un artisan de première heure», note Jacques Naud.

«L’expérience et le leadership nous convainquent qu’il exécutera son mandat de la meilleure manière et qu’il contribuera à l’épanouissement de cette institution pour laquelle la communauté s’est battue», a indiqué le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Peter Hominuk.

Changements rectoraux

Le contrat d’un an de M. Labrie comme recteur par intérim avec l’UOF prenait fin, en 2019.

Lorsqu’il est parti, personne ne savait s’il serait remplacé, étant donné l’incertitude financière imposée à ce moment par la province.

Norman Labrie est ensuite devenu vice-doyen de l’Institut d’études pédagogiques de l’Université de Toronto, poste qu’il occupait jusqu’à aujourd’hui.

Entre-temps, le gouvernement progressiste-conservateur a finalement signé une entente de financement avec Ottawa et l’UOF, et quelques mois plus tard, en août 2020, André Roy est devenu recteur.

Ce dernier n’est demeuré en poste que six mois avant d’annoncer sa démission en évoquant «des raisons personnelles».

C’est alors que Pierre Ouellette est entré en fonction, en juillet 2021.

«Il a offert une grande contribution pendant ses trois ans avec nous», a souligné Jacques Naud.

De «sérieuses réserves»

Pierre Ouellette, en avril dernier, affirmait à Radio-Canada que le lancement de l’université franco-ontarienne aurait été fait différemment s’il avait été recteur à ce moment.

Il avait partagé ses doutes avec le diffuseur public quant aux quatre programmes choisis par l’administration lors de l’ouverture de l’UOF.

À l’époque, Normand Labrie était en poste, et il était impliqué dans les orientations du projet de l’UOF et dans le développement de ses programmes, selon M. Naud.

Or, le président du conseil de gouvernance assure que les doutes exprimés par Pierre Ouellette concernant les programmes de l’UOF ne sont pas liés avec son départ.

États financiers

Au cours des derniers mois, les états financiers des institutions postsecondaires ont fait couler beaucoup d’encre à travers la province.

En novembre dernier, Pierre Ouellette avait envoyé une lettre à Alan Harrison, le président du comité d’experts chargé de se pencher sur les états financiers des institutions postsecondaires de la province.

Il exprimait dans cette lettre de «sérieuses réserves» quant aux affirmations faites dans le rapport, notamment en ce qui concerne la remise en question de la viabilité financière de l’UOF et de l’Université de Hearst.

Il soulevait des «informations erronées», y compris à propos du nombre d’étudiants étrangers versus canadiens.

«Le manque de compréhension et de rigueur du rapport sur la situation des universités de langue française ainsi que le manque d’objectivité à leur égard sont décevants compte tenu de l’importance du mandat confié au groupe d’experts», déplorait-il.

Plan stratégique

Par ailleurs, l’UOF a dévoilé le 12 avril un plan stratégique pour établir ses priorités au cours des cinq prochaines années et déterminer où seront allouées les ressources.

L’établissement universitaire dit aussi, dans ce plan, vouloir «actualiser les fondements de l’UOF pour faire face à un environnement en mouvance» et offrir des programmes qui correspondent aux besoins du marché du travail.

Selon Jacques Naud, Normand Labrie se remettra rapidement dans le bain de l’université francophone située à Toronto, puisqu’il est «une sommité au niveau professoral, de la recherche, de la gestion universitaire», et qu’il «est prêt à assurer que les programmes puissent évoluer en fonction de l’évolution du marché».

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  • Date de création 3 mai, 2024
  • Dernière mise à jour 3 mai, 2024
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