Encore du travail à faire pour vaincre le racisme en Ontario français

La lutte contre le racisme a progressé de manière importante en Ontario français dans les 40 dernières années, disent des leaders communautaires. Il reste toutefois un grand chemin à parcourir avant d’arriver à la cohabitation voulue entre les différentes communautés.

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Charles Fontaine

IJL – Réseau.Presse –Le Droit

Des experts, décideurs politiques, leaders communautaires et défenseurs des droits en discuteront pendant deux jours à Ottawa pour proposer des pistes de solutions afin de contrer le racisme dans les différents secteurs.

Le mot «diversité» est détesté par Ronald Bisson, leader communautaire et bénévole. Ce terme défini comme la «mixité raciale et socioculturelle d’un groupe d’individus» prend souvent la connotation du «nous» et du «vous», remarque le Franco-Manitobain.

«Il y a les Blancs au centre et la diversité à l’extérieur», croit-il.

M. Bisson conseille plutôt d’utiliser le terme «pluralisme», qui propose plutôt la présence d’une multitude d’identités au sein d’un même groupe social où émerge une culture commune et plurielle.

C’est ce qu’il a souligné à la foule présente dans le cadre de la première édition de la conférence «Résolution 2023: vaincre le racisme ensemble», lundi à Ottawa.

L’événement se déroule sur deux jours dans la capitale nationale, principalement à l’hôtel Westin du centre-ville. Le rendez-vous offre plusieurs panels de discussion et des conférences qui proposent des solutions à la lutte contre le racisme en économie, en éducation et en société.

L’ancienne gouverneure générale, Michaëlle Jean, la chancelière de l’Université d’Ottawa, Claudette Commanda, la présidente-directrice générale du collège La Cité, Lise Bourgeois, et la sénatrice franco-ontarienne Bernadette Clément ont ouvert la conférence à la colline parlementaire lundi matin.

Racisme inconscient

Quand Fatima Aden Osman a été embauchée à la présidence de la Maison de la francophonie d’Ottawa, elle a tenu à se démarquer par cette idée de pluralisme et non seulement par la couleur de peau ou bien son voile, indique-t-elle.

«Si c’est pour être une figurante parce que vous avez besoin de couleur, je n’ai pas envie de faire partie de cette palette», a lancé Mme Aden Osman, dans son discours suivant celui de M. Bisson.

La femme musulmane dit observer de nombreux signes de racisme inconscients dans la société. Ne serait-ce que de vouloir connaître absolument l’origine d’une personne de couleur, née au Canada.

«Quand on pousse [pour découvrir les origines], c’est là qu’il y a discrimination. À partir du moment où il y a le ‘vous autres’ et le ‘nous autres’, c’est déjà une forme de racisme.»

Pour M. Bisson, chacun doit se regarder dans le miroir plutôt que de jouer à l’autruche.

«Dès qu’on se dit que c’est le problème des autres, on fait partie du problème. Il faut s’examiner tout un chacun et voir ce qu’on peut faire pour contrer le racisme.»

Le conseiller de la Ville de Cornwall Fred Ngoundjo renchérit que le racisme relève souvent de l’ignorance, notamment chez les enfants.

«Quand autrui arrive, ça crée une source d’inquiétude et de questionnement. Les réactions et les communications ne sont donc pas toujours les meilleures.»

Renforcer les processus décisionnels

Selon les leaders communautaires, le racisme prendra une autre tournure le jour où l’ensemble de la population sera représentée dans les groupes décisionnels et politiques.

«Cette mosaïque culturelle qu’on voit dans les écoles et les organisations n’est pas reflétée au niveau décisionnel, remarque Fatima Aden Osman. On va recruter des immigrants en tant que bénévoles pour avoir les effectifs, mais on ne va pas avoir affaire à eux pour les gros contrats.»

Elle ajoute que le problème du racisme est de la responsabilité de toutes les cultures.

«Nous devons tous apprendre à cohabiter avec les autres», insiste-t-elle.

Des événements comme cette conférence, ou bien les festivals multiculturels demeurent une bonne manière de permettre aux différentes cultures de mieux communiquer et échanger, soutient M. Ngoundjo.

En tant que présidente de la Maison de la francophonie d’Ottawa, Mme Aden Osman souhaite faciliter la voie des immigrants vers les niveaux décisionnels.

«Je veux faire partie de ce changement et leur frayer un chemin qui les aide à évoluer et à prendre le relais. Ceux qu’on exclut aujourd’hui sont ceux qui vont nous remplacer demain. La population francophone blanche est vieillissante, donc si on met des bâtons dans les roues de ceux qui vont la remplacer…»

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Photos

Encore du travail à faire contre le racisme en Ontario français (123 RF)

Ronald Bisson, leader communautaire et bénévole depuis 1982 (Charles Fontaine/Le Droit)

Fatima Aden Osman, présidente de la Maison de la francophonie d'Ottawa (Charles Fontaine/Le Droit)

Fred Ngoundjo, conseiller municipal à Cornwall (LE DROIT, CHARLES FONTAINE)

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  • Date de création 17 octobre, 2023
  • Dernière mise à jour 17 octobre, 2023
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