Élizabeth Allard, grande dame de la francophonie ontarienne, est décédée

L’ancienne porte-parole des aînés francophones de l’Ontario et du Canada Élizabeth Allard est décédée à l’âge de 83 ans.

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Par Clémence Labasse
IJL - Réseau.Presse - Le Droit

Élizabeth Allard, militante des droits des francophones de l’Ontario de longue date s’est éteinte à Ottawa «il y a quelques jours», rapporte le Club Richelieu d’Ottawa dans une publication Facebook ce lundi. Un club dont elle a été membre active depuis longtemps.

C’était «une femme de principe, une grande travaillante sur qui l’on pouvait compter en tout temps», peut-on lire.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a salué le parcours d’une «femme remarquable dont l’engagement envers la communauté francophone ontarienne et canadienne a laissé une empreinte indélébile au sein [notre] Assemblée».

Une vie de pionnière

Née Élizabeth Bisson à Ottawa en 1942, elle s’est enrôlée à l’âge de 19 ans seulement au sein des Forces armées canadiennes.

«C’était pas fréquent de voir une femme joindre, même la réserve, à ce moment-là. On était quelques-unes, mais pas beaucoup» explique Mme Allard, dans une entrevue de 2023 conduite par le Musée canadien de la guerre. «Je n’étais pas attirée par les carrières conventionnelles du temps-là, un professeur, une infirmière, une religieuse. C’était beau, mais je me voyais pas dans ce rôle-là».

Dès ses débuts, la Franco-ontarienne refusera de se laisser marcher sur les pieds. «Lorsque j’ai passé les examens d’entrée […] il y avait juste des garçons à ce moment-là. J’ai réussi mon test. Mais quand j’ai eu des nouvelles, on m’a dit: «Tu rentres soldat?» […] Je voulais rentrer officier!»

«Deux des candidats qui étaient avec moi cette journée-là ont été acceptés comme officiers. Alors pourquoi pas moi, la petite femme là? J’ai revendiqué ma place là et j’ai gagné».

Elle passera 26 ans dans l’armée comme militaire. En 1993, elle effectue une transition vers la vie civile et deviendra quelques années plus tard la première femme nommée à la direction des Langues officielles du ministère de la Défense canadienne et des Forces armées. Un poste qu’elle occupera jusqu’à sa retraite en 2003.

«J’ai aimé mon temps. C’était des défis, des grands défis. Puis, moi si j’ai pas de défi, je suis pas heureuse, fait que.»

—  Élizabeth Allard, en 2023.

Pendant ce mandat, elle amorcera plusieurs programmes, dont la continuité des formations linguistiques pour les soldats déployés à l’étranger ou la mise en place de services bilingues pour les familles des militaires.

Passionnée de la francophonie et des autres

Après sa sortie de la fonction publique, Mme Allard s’est engagée dans une cause qui lui tenait à cœur: la francophonie de l’Ontario et du Canada.

Elle est ainsi devenue présidente de la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO), un organisme qui compte 10 500 membres à travers la province et défend les droits des francophones de 50 ans et plus.

«Élizabeth a marqué notre organisation de son engagement indéfectible, a écrit la FARFO dans une publication LinkedIn lundi. «Défenderesse infatigable de la francophonie et du mieux-être des personnes aînées, Élizabeth a consacré une grande partie de sa vie à améliorer la qualité de vie de nos communautés».

«Son départ laisse un vide immense, mais son héritage perdurera dans nos actions et nos cœurs».

—  Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO)

Cet engagement la conduira à être élue en 2017 à la présidence de la Fédération des aînés et aînées francophones du Canada (FAAFC). Pendant quatre ans, elle y pilotera de nombreux dossiers, comme les régimes de pension du Canada et le Règlement sur les maisons de retraite en Ontario.

Dans un message d’au revoir à la FAAFC en 2021, elle écrit sur ses convictions: «Vieillir est un Art, mais surtout un encouragement à notre jeune génération… Visez la lune, si vous la manquez, vous atterrirez dans les étoiles!»

Sur Facebook, l’organisme rend hommage à «une femme de cœur et grande militante franco-ontarienne».

Membre du conseil d’administration de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), elle a aussi travaillé longuement sur le projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Résidente d’Orléans depuis 1978, Élizabeth Allard a également été vice-présidente du Comité consultatif de la Ville d’Ottawa sur les services en français.

«Son travail inlassable pour la promotion de la francophonie et pour le développement du leadership de la diversité des femmes francophones à la gouvernance locale de l’Ontario, ainsi que son rôle de pionnière en tant que première femme à occuper des postes clés témoignent de son courage et de sa vision» souligne Fabien Hébert, président de l’AFO, dans un communiqué.

Son engagement indélébile n’est pas passé inaperçu.

La Médaille du Jubilé de diamant de la reine Elizabeth II lui a été décernée en 2012, et, en 2017, elle reçoit la médaille du 150e du Sénat.

Élizabeth Allard venait de souffler ses 83 bougies d’anniversaire, le 7 janvier dernier. Elle avait perdu il y a peu son époux de longue date, Jean-Claude, juste avant Noël.

Ils laissent dans le deuil trois enfants, Élizabeth, Patrick et Hélène, et six petits enfants.

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PHOTOS:
Titre: LD_EAllard1 | La militante franco-ontarienne Élizabeth Allard a présidé la Fédération des aînés et retraités francophones de l'Ontario (FARFO) et la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC). (Archives)
Titre: LD_EAllard2 | Élizabeth Allard fut décorée pour son activisme. (Archives/Facebook)
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  • Date de création 26 février, 2025
  • Dernière mise à jour 26 février, 2025
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