Élections fédérales : libéraux et conservateurs progressent, les chefs du NPD et du PCC perdent leur siège
Élections fédérales : libéraux et conservateurs progressent, les chefs du NPD et du PCC perdent leur siège
La lutte a été serrée dans plusieurs circonscriptions canadiennes lundi soir. Les libéraux et conservateurs ont fait plusieurs gains, au détriment des néodémocrates et des bloquistes au Québec. Deux chefs ont été défaits, Jagmeet Singh est arrivé troisième dans sa circonscription et Pierre Poilievre a perdu son siège dans Carleton, qu’il représentait depuis 2004.
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Par Renée-Pier Fontaine
IJL - Réseau.Presse - Le Nord
Les menaces tarifaires de Donald Trump étaient l’enjeu le plus important de la campagne, permettant aux deux partis majoritaires de se démarquer, mais qui a laissé moins de place aux autres partis.
Jagmeet Singh
Voyant qu’il n’allait pas avoir son siège, le chef Jagmeet Singh a fait son discours annonçant sa démission avant minuit.
C’était un grand moment d’émotion pour l’homme politique de gauche ; il était ému et déçu pour son parti. Le NPD est passé de 24 sièges à 7 lundi soir, mais Jagmeet Singh demande aux partisans de ne pas le voir comme une défaite. « Nous sommes seulement défaits lorsque nous arrêtons de nous battre ! Nous sommes seulement défaits si nous croyons ceux qui nous disent d’arrêter de rêver à un meilleur pays, un Canada équitable et plus empathique. »
Sachant ce qu’il allait dire, M. Singh a croisé le regard de certaines personnes importantes dans son parcours et les larmes ont commencé à monter. Il a pris plusieurs gorgées d’eau avant de finalement annoncer sa démission en tant que chef, en remerciant sa famille de l’avoir soutenu du début à la fin.
Grâce à une alliance avec le Parti libéral, les néodémocrates ont réussi à faire adopter leurs projets de loi pour l’assurance dentaire et de médicaments, ainsi que l’interdiction de remplacer des travailleurs en grève. « J’aimerais remercier mon caucus, ensemble nous avons fait des changements historiques pour la population, je sais que les gens vivent mieux grâce à notre travail au cours des huit dernières années et aucun résultat d’élection ne viendra diminuer cela », affirme M. Singh.
Jagmeet Singh a pris le temps de souligner le travail acharné des employés qui travaillent dans les bureaux de circonscription et avec lui à Ottawa, plusieurs d’entre eux se retrouvant sans emploi le lendemain et ça touchait beaucoup le chef sortant.
Le néodémocrate a fini son discours en expliquant un enseignement de la communauté sikhe que sa mère lui a transmis, et qui le représente. « Le Chardi Kala. Cela signifie “le courage”. L’optimisme plutôt que la difficulté. C’est l’esprit que je porte ce soir. Oui, je suis déçu d’avoir perdu des sièges, évidemment, mais je ne suis pas déçu de notre parti, je suis rempli d’espoir pour lui et j’espère que nous allons toujours choisir l’espoir au lieu de la peur. »
Avenir politique de Pierre Poilievre
Après plus de 20 ans à représenter sa circonscription, le chef du Parti conservateur du Canada a été défait dans Carleton par le libéral Bruce Fanjoy. Plus de 91 candidats se sont présentés dans Carleton, ce qui fait du dépouillement de cette élection l’un des plus complexes jamais vécus au pays. Les résultats ont été disponibles quelque peu avant 5 h le lendemain matin et les bureaux de vote avaient eu une autorisation spéciale de commencer les dépouillements six heures à l’avance de tous les autres.
Lorsque M. Poilievre s’est adressé aux militants en fin de soirée, il a fait un discours posé avec un ton positif malgré la défaite. Les conservateurs ont gagné 20 nouveaux sièges par rapport à l’élection de 2021 et ils sont presque à égalité avec les libéraux pour le vote populaire, soit 41 % comparativement à 42 % pour les libéraux. « C’est une première depuis 1988 à l’époque de Brian Mulroney et nous avons empêché les libéraux et les néodémocrates de former un gouvernement de coalition », exprime M. Poilievre.
Conscient que le travail n’est pas terminé, il s’est dit honoré de s’être battu pour les valeurs conservatrices et d’être la voix du parti. « Et surtout, ça va être un honneur de pouvoir continuer à se battre pour la promesse du Canada, que chacun ici, qui travaille fort, puisse avoir une belle vie et une belle maison abordable dans un quartier sécurisé. C’est ça notre vision et nous allons le ramener chez nous ! »
Les mots du chef conservateur qui ont marqué son discours ont été : « Le changement reste nécessaire, mais le changement c’est difficile et ça prend du temps. »
Pour rester le chef de son parti, Pierre Poilievre devra compter sur l’appui de son caucus et à ce moment-là, il pourrait demander à un collègue de lui céder son siège. Toutefois, historiquement, les conservateurs n’ont pas de patience pour un chef qui ne mène pas le parti au pouvoir et dans ce cas-ci, qui a été défait par un rival libéral. Le caucus pourrait quand même prendre en considération qu’il a joué un grand rôle dans les gains conservateurs partout au pays.
Si jamais un collègue lui cède son siège, une élection partielle dans cette circonscription aurait lieu et M. Poilievre s’y présenterait comme candidat conservateur pour tenter d’obtenir une place en chambre. D’ici là, les députés se rendront à Ottawa pour siéger sans leur chef.
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- Date de création 5 mai, 2025
- Dernière mise à jour 5 mai, 2025