Élections fédérales: les priorités des agriculteurs ontariens

Les sautes d’humeur du président des États-Unis ont donné le ton aux élections fédérales, chaque parti politique s’estimant le mieux placé pour faire face à la menace et aux conséquences des tarifs américains et canadiens. Les agriculteurs ontariens ont l’intention de rappeler aux candidats l’importance de leur secteur dans l’économie.

 

Jean-Marc Dufresne

IJL – Réseau.Presse – Agricom

L’Ontario est responsable de 14,5 milliards de dollars, ou 41,9% de la contribution canadienne au PIB national relatif aux aliments et aux boissons, et représentait également le troisième plus important contributeur des recettes monétaires agricoles au pays en 2021*. Pourtant, pour les agriculteurs et éleveurs ontariens, l’industrie agroalimentaire avait besoin d’amour bien avant l’arrivée de Donald Trump au pouvoir.

Des priorités claires

« Nous exigeons de tous les partis politiques qu'ils expliquent aux Canadiens comment leurs politiques contribuent à la sécurité alimentaire », a déclaré Massimo Bergamini, directeur général des Producteurs de fruits et légumes du Canada (FVGC). « Alors qu'un ménage sur cinq est aux prises avec l'insécurité alimentaire et que la fréquentation des banques alimentaires atteint un niveau record, les Canadiens s'attendent à des engagements clairs de la part de tous les partis pour protéger le système alimentaire canadien et ses responsables. »

L’association table donc ses attentes envers le prochain gouvernement canadien: appliquer une perspective alimentaire à toutes les décisions politiques majeures, moderniser les programmes de gestion des risques des entreprises, lutter contre les menaces commerciales et concurrentielles, notamment les nouveaux droits de douane américains, garantir un accès rapide à une main-d'œuvre qualifiée et fiable et enfin, protéger l'accès des producteurs aux outils scientifiques de protection des cultures.

À la Fédération de l'agriculture de l'Ontario (OFA), le président Drew Spoelstra fait écho à ces demandes. « Nous vivons une période charnière pour le Canada et notre secteur, et il est important que les candidats de tous les partis, qu'ils soient ruraux ou urbains, soient conscients de l'importance stratégique de l'alimentation et de l'agriculture pour notre économie, nos collectivités et notre pays. »

Au-delà de la question des barrières tarifaires et de l’accès à la main-d'œuvre, l’OFA demande une augmentation permanente de la portion sans intérêt du Programme de paiements anticipés à 350 000$ par année et des améliorations au programme Agri-stabilité qui faciliteront l’accès au soutien financier.

Par ailleurs, bien que le taux de la taxe sur le carbone au Canada ait été fixé à zéro, l’OFA demande qu’elle soit supprimée définitivement des carburants utilisés dans la production agricole.

Les barrières

Vice-président à l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Michel Dignard veut lui aussi voir disparaître à jamais la taxe carbone. Mais l’autre irritant est selon lui le maintien des barrières interprovinciales.

« On peut penser aux barrières qui limitent ou empêchent le commerce de la viande ou de l’alcool d’une province à l’autre », dit-il. « Non seulement les abolir favoriserait l’économie du pays, mais ça enverrait un message clair au gouvernement américain qu’on est une nation, pas juste un regroupement de provinces. Il faut aussi harmoniser la réglementation sur les produits comme les herbicides. Présentement, ça prend beaucoup trop de temps pour qu’un produit utilisé ailleurs soit finalement permis en Ontario. »

Le bio

L'Alliance biologique canadienne (ABC) propose pour sa part un agenda en quatre points:

  • Établir une stratégie de collecte des données sur les produits biologiques. L'amélioration de la gestion et du partage des données permettra d'accroître la compétitivité, de stimuler la croissance économique et de renforcer l'intégrité et la salubrité des aliments biologiques
  • Un financement fédéral prévisible et stable pour l'examen quinquennal obligatoire des Normes biologiques canadiennes permet de préserver les fondements de la production et de la certification biologique des produits, de protéger l'accès aux marchés, de réduire les risques commerciaux et d'améliorer l'efficacité de notre système réglementaire
  • Créer un fonds de développement stable et à long terme pour investir dans la croissance de la chaîne d'approvisionnement biologique et tirer parti de la demande croissante du marché
  • Améliorer le soutien à la conversion vers le bio et les programmes de formation sur l'agriculture biologique. La conversion d’une durée de trois ans vers la certification biologique constitue un obstacle important à l'entrée de nouveaux producteurs sur le marché. Le soutien à la conversion et à la formation permettra d'accroître l'offre nationale de produits biologiques et d'améliorer la rentabilité et la compétitivité des exploitations agricoles

*Source: Stratégie Cultiver l’Ontario: une stratégie provinciale pour le secteur agroalimentaire

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Légende photo 1 : En se rendant aux urnes le 28 avril, les agriculteurs devront choisir le parti qui saura le mieux défendre leurs intérêts.

Légende photo 2 : Massimo Bergamini dresse une longue liste de demande pour le prochain gouvernement fédéral.

Légende photo 3 : Le vice-président de l'UCFO Michel Dignard estime que le fédéral doit faire une priorité de l'abolition des barrières interprovinciales.

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  • Date de création 2 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 23 avril, 2025
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