Edmundston: le pompier Rino Francoeur honoré pour ses 50 ans de service

Le métier de pompier comporte son lot de risques. Le pratiquer pendant cinq décennies relève de l’exploit. C’est pourtant ce qu’a fait Rino Francoeur qui a récemment été honoré par la Ville d’Edmundston pour ses 50 ans de service.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

M. Francoeur raconte que son aventure en tant que pompier, qui a commencé en 1975, est plutôt le fruit du hasard. À l’époque, il était propriétaire d’un restaurant à Saint-Jacques et effectuait aussi divers travaux bénévolement pour la municipalité.

Le maire de Saint-Jacques à ce moment l’a approché pour lui proposer de devenir pompier volontaire.

À partir de ce moment, Rino Francoeur a gravi les échelons du service des incendies de Saint-Jacques. Il est devenu capitaine en 1978 et chef adjoint en 1981. Lors de la première fusion municipale d’Edmundston avec Saint-Jacques Saint-Basile et Verret, en 1998, il est devenu chef du Service d’incendie de Saint-Jacques.

À la suite du processus d’harmonisation de ces services d’incendie d’Edmundston, Saint-Jacques et Saint-Basile, en 2014, il est devenu chef de division, un poste qu’il a occupé jusqu’à sa retraite en mai dernier.

Pendant sa longue carrière, M. Francoeur a été témoin des changements qui se sont produits au fil des années. Que ce soit en raison de l’habillement, de l’implantation de nouvelles technologies ou des manières de combattre un incendie, il a reconnu que le métier de pompier a bien changé depuis les années 1970.

«Quand je suis arrivé, on me disait, tu casses la vitre et tu arroses. On n’avait pas d’appareil respiratoire alors on se collait des linges mouillés sur la bouche. Ensuite, on a eu les systèmes de radio qui ont évolué et les premiers appareils respiratoires qui sont apparus.»

«Mes premières années en tant que pompier, je mettais pas mal d’argent là-dedans. Après ça, on a fini par avoir 10$ de l’heure quand on sortait. On payait nos habits et nos autres affaires nous-mêmes. Au début, c’était 100% volontaire.»

Rino Francoeur raconte qu’il a réussi à mettre la main sur la première caméra thermique à être utilisée dans la région.

«La Ville de Québec voulait acheter 30 de ces caméras. J’ai parlé avec le chef et je lui ai demandé comment je pourrais en avoir une. Il en a commandé 31.»

«J’étais beaucoup dans l’innovation, alors aussitôt qu’il y avait quelque chose de nouveau on y allait.»

Le rôle du chef pompier a aussi changé. Selon Rino Francoeur, le travail du chef était autrefois d’être l’un des premiers à entrer dans les bâtiments en flammes. Avec le temps, l’ajout du poste de commandement a fait en sorte que le chef pompier était maintenant celui qui contrôlait la scène dans son ensemble et qui gérait ses effectifs.

Incidents mémorables

En 50 ans de carrière, le pompier a évidemment vu sa part d’incidents mémorables. Il est intervenu sur divers incendies qui ont marqué les esprits des gens du Madawaska.

On y retrouve notamment ceux de l’Hôtel Royal, du bâtiment de l’ancien Tim Horton’s, et de l’église anglicane Saint-Jean le Baptiste, tous situés au centre-ville d’Edmundston.

Il considère toutefois que l’incendie qui lui a donné la plus grande frousse est celui du Décorama de Saint-Jacques en 2009.

«Je n’ai jamais eu peur de rien, excepté cette fois. J’ai déjà été pris, j’ai eu des problèmes pour me sortir d’une situation, mais ça ne m’inquiétait pas. Quand on a eu le feu au Décorama à Saint-Jacques, j’ai failli perdre trois pompiers. Ça a passé proche et ça m’a marqué.»

Malgré tout, Rino Francoeur a toujours su trouver la motivation pour apprécier les bons côtés et s’adapter aux moins bons côtés. Il avoue qu’une personne qui souhaite être pompier doit s’attendre à faire face à des défis, ainsi qu’à quelques sensations fortes par moment.

«J’ai toujours aimé mon groupe et l’atmosphère (…) Il y a des gens qui aiment faire du ski et des choses comme ça, mais moi j’aime combattre des feux.»

Pour souligner ses 50 ans comme membre d’un service d’incendie, M. Francoeur a reçu son casque de pompier original, le #103, repeint avec les écussons des services de sécurité incendie d’Edmundston et de Saint-Jacques. L’œuvre d’art a aussi été montée sur un support en bois.

«Rino a été un pompier exemplaire, un collègue fidèle et un leader respecté. Il a toujours été là. Il était toujours présent pour son équipe. C’est une loyauté et un dévouement qui ont marqué chacun d’entre nous», a déclaré le maire d’Edmundston, Éric Marquis.

Le prévôt des incendies du Nouveau-Brunswick, Michael Lewis, était également sur place pour participer à la cérémonie. Il a notamment parlé de l’impact du temps qui a été consacré par M. Francoeur pendant toutes ces années.

«On a beaucoup de monde qui est pompier, mais quelqu’un qui fait un tel investissement dans sa région et dans la province, c’est vraiment quelque chose de spécial.»

 

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Photo : Rino Francoeur tient fièrement son ancien casque de pompier qui a été converti en objet commémoratif. - Acadie Nouvelle: Bobby Therrien

 

 

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  • Date de création 21 juillet, 2025
  • Dernière mise à jour 21 juillet, 2025
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