Edmundston: 2 millions $ à un centre d’aide pour les victimes de violence sexuelle

Un centre d’aide pour les victimes de violence sexuelle, situé à Edmundston, a reçu un financement de plus de 2 millions $ de la part du gouvernement fédéral au cours des dernières années.

_______________________

Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Le ministère de la Justice Canada a octroyé un financement de 900 000$ sur trois exercices financiers (2021-2024) et de 1,2 million$ sur trois autres exercices (2024-2027) à l’Escale MadaVic et son centre L’Éclipse via le volet axé sur les agressions sexuelles du Fonds d’aide aux victimes.

Le centre L’Éclipse – qui est l’un des services chapeautés par l’Escale MadaVic, un organisme voué à la protection des femmes victimes de violence et de leurs enfants – utilisera ce financement afin de poursuivre un projet de collaboration avec 25 intervenants pour répondre aux besoins des victimes et des survivants(es) de violence sexuelle.

Ce projet permettra à l’organisme de fournir à ses partenaires les connaissances et les outils nécessaires pour traiter les traumatismes complexes qui peuvent résulter de la violence sexuelle.

En collaboration avec ses partenaires municipaux, l’Escale MadaVic veillera aussi à faire connaître les lois et les services disponibles pour les victimes et les survivants et survivantes, et à sensibiliser l’ensemble de la population à la violence sexuelle par l’entremise des réseaux sociaux et des médias traditionnels. Ces approches permettront également de rejoindre un plus grand nombre de personnes dans les régions éloignées.

Pour la directrice de l’Escale MadaVic, Charlotte Côté, et la coordonnatrice du centre L’Éclipse, Karine Bujold-Beaulieu, ce financement arrive à point puisque la situation est loin d’être rose, particulièrement depuis la pandémie de COVID-19 et l’augmentation du coût de la vie.

«C’est un beau financement, mais il faut être capable de budgéter pour continuer à desservir la population de notre région. Ça fait 40 ans que je travaille dans ce domaine-là et j’entends des histoires aujourd’hui que je ne penserais jamais entendre», a mentionné Mme Côté, en faisant notamment allusion aux cas d’exploitation sexuelle qui font surface dans les discussions depuis quelques années.

«Les recherches démontrent que lorsque les familles ont des difficultés financières, le niveau de violence augmente (…) Ça nous inquiète grandement», a ajouté Mme Bujold-Beaulieu.

L’Éclipse offre d’ailleurs des services à toute personne ayant subi des violences sexuelles, que ce soit des femmes, des enfants, des hommes, des membres de la communauté LGBTQ2+ et ainsi de suite.

Les services offerts aux victimes passent de l’accompagnement vers d’autres ressources (judiciaires, policières ou autres), de l’intervention thérapeutique individuelle ou de groupe et du soutien aux proches.

Selon Mme Bujold-Beaulieu, de juin 2016 à mars 2021, 179 dossiers ont été ouverts au centre d’aide aux victimes de violence sexuelle. Une proportion de 12% était composée d’enfants, 1% d’hommes, alors que le reste était des femmes.

De juin 2021 à mars 2024, le centre avait déjà 149 ouvertures de dossiers, la majorité de la clientèle étant des femmes. Les enfants comptaient pour 28% de ces dossiers, alors qu’il était de 4% chez les hommes.

De juin 2021 à mars 2024, il y a eu 1100 interventions qui ont été offertes aux personnes victimes de violence.

«La pandémie a affecté la gravité et l’intensité des cas de violence que l’on entend. On remarque l’impact. C’est comme si on avait reculé de 20 ans. Le financement va nous permettre de continuer à accueillir des victimes de violence à caractère sexuel, mais on reçoit aussi les gens qui ont vécu de la violence familiale ou conjugale.»

De juin 2016 à mars 2021, 1691 personnes de la communauté ont assisté à des ateliers de sensibilisation ou de formation, alors que de juin 2021 à mars 2024, il y en a eu près de 2100.

Selon la coordonnatrice de L’Éclipse, le personnel a reçu des formations spécialisées en traumatismes, en prenant en compte les particularités chez les femmes, les enfants, les hommes et au sein d’autres groupes comme les nouveaux arrivants ou les autochtones.

«On adapte notre intervention à la personne devant nous et c’est ce qui fait notre force.»

Selon Charlotte Côté, le financement permettra aussi de dénoncer les cas de violence qui se produisent derrière les portes closes.

«Les enfants viennent vers nous. On est très présent dans les écoles. Avec le Projet XOX, les jeunes ont la chance de savoir qu’ils n’ont plus à vivre de la violence sexuelle (…) Tout ce que l’on a été chercher comme formation, on n’avait pas ça avant.»

«Je ne peux pas dire que l’on a sauvé le monde, mais, un à la fois, on a apporté du bonheur dans la vie des gens.»

-30-

Photo : De gauche à droite, le député de Madawaska-Restigouche, René Arseneault, la directrice de l’Escale MadaVic, Charlotte Côté et la coordonnatrice du centre L’Éclipse, Karine Bujold-Beaulieu. - Acadie Nouvelle: Bobby Therrien

 

 

  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 26 juin, 2024
  • Dernière mise à jour 26 juin, 2024
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article