Écoles : le bilan de l’année
La Voix acadienne - Voyage à Québec, anglais dans les couloirs, interdiction des téléphones portables, limitation de l’usage des écrans, recrutement, travaux dans les écoles, la Commission scolaire de langue française et la Fédération des parents font le bilan de l’année écoulée et pensent déjà à la prochaine rentrée.
Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
«Nous sommes vraiment fiers du voyage au Québec. C’était important de montrer à nos élèves que le français peut être majoritaire, de les exposer à la langue», affirme le directeur général de la Commission scolaire de langue française (CSLF), Ghislain Bernard.
Du 22 au 26 mai dernier, tous les étudiants de 10e année sont partis cinq jours à Québec.
Aux yeux de Ghislain Bernard, ce voyage a rappelé aux élèves l’intérêt de parler français : «Si on se met dans leurs souliers, ils n’ont pas toujours la chance de pouvoir l’utiliser à l’île, alors ils questionnent parfois l’utilité de l’apprendre.»
À cet égard, la présidente de la Fédération des parents de l’Île-du-Prince-Édouard, Julie Duchesne, fait part d’inquiétudes à propos de la place de l’anglais dans les six écoles de la CSLF : «On nous mentionne que beaucoup d’anglais est entendu dans les couloirs et les cours de récréation.»
Un forum pour réveiller la fierté francophone
Selon Julie Duchesne, les jeunes, baignés dans la culture anglophone, veulent s’intégrer et préfèrent parler anglais.
«C’est difficile de les motiver à faire un effort de fierté francophone, surtout à l’adolescence, c’est une période de rébellion où l’on a besoin de se distancer de ce que nos parents nous imposent», reconnaît-elle.
La Fédération veut donc outiller les parents pour qu’ils puissent à leur tour sensibiliser leurs enfants à l’importance de s’exprimer en français. L’organisme espère mettre sur pied un forum sur le sujet avec des jeunes, des parents, des enseignants, mais aussi la CSLF et le ministère provincial de l’Éducation.
«Ça prend l’implication de beaucoup de personnes pour y arriver, souligne Julie Duchesne. Quand on sème les graines de la francophonie, on ne voit pas nécessairement les résultats tout de suite, l’effort est à plus long terme.»
La Fédération, en partenariat avec la CSLF, aide déjà les familles d’enfants d’âge primaire et élémentaire, avec l’organisation d’au moins 18 évènements Voir grand tout au long de l’année dans les six écoles.
La session en ligne Bienvenue à la maternelle a connu «un beau succès» et enregistré la participation de 68 parents, rapporte Ghislain Bernard.
Recrutement et interdiction des téléphones
Pour ce dernier, le plus grand défi demeure le recrutement des enseignants. Sur un total de 55 postes, cinq restent toujours à combler pour la prochaine rentrée scolaire.
«On cherche partout, à l’île, dans les autres provinces, à l’international, indique Ghislain Bernard. Mais j’ai espoir que le problème se règle à l’avenir, on note un plus grand intérêt pour le baccalauréat en éducation de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.»
L’an dernier, la précédente cohorte comptait 17 étudiants, cette année, elle en compte 32. Et en septembre, quatre jeunes enseignants fraîchement diplômés de la formation universitaire intégreront la CSLF.
Quant à l’interdiction du téléphone portable, en vigueur dans les écoles depuis septembre 2024, Ghislain Bernard assure que la mesure est «bien reçue».
«J’imagine que c’est difficile, car ça fait partie de notre vie quotidienne, mais les élèves sont compréhensifs et les enseignants voient la différence dans les salles de classe», assure-t-il.
Avant d’ajouter : «C’est un travail continu, ça prendra des rappels et des correctifs.»
En ce qui concerne les nouvelles lignes directrices de la province sur l’utilisation des écrans dans les salles de classe, Ghislain Bernard évoque des recherches et des rencontres, mais aucune modalité de mise en œuvre clairement définie.
«Les enseignants sont conscients qu’il faut limiter le temps d’écran, mais il ne faut pas se cacher la tête dans le sable, les nouvelles technologies ont aussi leur place à l’école», dit-il.
Au niveau des infrastructures, l’appel d’offres est lancé pour les travaux de l’École Évangéline, qui devraient commencer en août. En revanche, le projet de rénovation et d’agrandissement de l’École François-Buote et du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean à Charlottetown est en attente de fonds supplémentaires de Patrimoine Canadien.
Près de 1 300 élèves
Alors que 58 finissants viennent de recevoir leurs diplômes de fin d’études, Ghislain Bernard pense déjà à la prochaine année scolaire. En septembre, 98 enfants devraient faire leur entrée en maternelle, soit 40 de plus qu’en 2024. Au total, les six établissements scolaires de la CSLF compteront près de 1 300 élèves.
«On va continuer à travailler pour s’assurer qu’on offre à nos jeunes un environnement sécuritaire et propice à l’apprentissage», conclut Ghislain Bernard.
PHOTOS :
1- «On est moins à jour dans le dossier des travaux de l’École François-Buote, la demande de fonds supplémentaires a été retardée à cause des élections fédérales», explique Ghislain Bernard de la CSLF. (Photo : Jacinthe Laforest, La Voix acadienne)
2- «On appuie les politiques de la province sur l’interdiction des téléphones à l’école, car les études démontrent de plus en plus les impacts négatifs des écrans sur la santé physique et mentale des enfants», dit Julie Duchesne de la Fédération des parents de l’ÎPÉ. (Photo : Jacinthe Laforest, La Voix acadienne)
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- Date de création 30 juin, 2025
- Dernière mise à jour 30 juin, 2025