Eaux souterraines et de surface : des niveaux bas à surveiller

La Voix acadienne - La province surveille de près les réserves d’eau souterraine et les débits des cours d’eau, relativement bas en cette période de l’année. Le manque d’eau affecte la santé des écosystèmes aquatiques, mais les niveaux devraient remonter d’ici l’automne.  

 

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Les nappes d’eau souterraines de l’Île-du-Prince-Édouard affichent des niveaux globaux «dans la norme, voire légèrement en dessous de la moyenne», selon le directeur de la surveillance de l’eau et de l’air pour la province, Sean Ledgerwood. 

La province dispose de 14 puits de surveillance répartis sur toute l’île. Certains de ces puits, en particulier dans l’ouest de la province, approchent des «minimums historiques», rapporte le responsable.

Le 19 août dernier, le niveau moyen des eaux souterraines était ainsi de 10,4 mètres, proche du minimum historique de 10 mètres.

Sean Ledgerwood se veut néanmoins rassurant: «Pour l’instant, la situation n’est pas critique. À cette période de l’année, les niveaux d’eau des nappes phréatiques sont toujours à leur plus bas.»

«Puis, à l’arrivée de l’automne, nous assistons à une recharge des aquifères avec davantage de précipitations et les niveaux remontent. Il y a un cycle annuel», poursuit-il. 

Le suivi de l’état des nappes phréatiques est d’autant plus important que les Insulaires dépendent entièrement des eaux en sous-sol pour leur approvisionnement en eau potable.

«Nous disposons de données sur plusieurs décennies et pour l’instant nous ne constatons pas de tendance à la baisse», détaille Sean Ledgerwood. 

Moins d’eau, plus de concurrence chez les poissons

À la surface, les débits des cours d’eau sont également «bas» à cause de la sécheresse et du manque de pluie, observe Sean Ledgerwood. 

La situation est plus critique dans certaines régions. En ce moment, l’équipe de Sean Ledgerwood surveille de près le ruisseau Southwest dans le comté de Prince et la rivière Montague à l’est.

La province veut s’assurer que les rivières ne descendent pas en dessous du seuil du débit d’entretien, le minimum nécessaire afin de maintenir un écosystème sain pour la vie aquatique. En bas de ce seuil, tout prélèvement d’eau doit immédiatement cesser, pour l’irrigation notamment. 

«Lorsque les niveaux baissent trop, l’eau est de moins bonne qualité, plus stagnante, plus chaude et moins riche en oxygène, ce qui ajoute un stress supplémentaire à de nombreuses espèces aquatiques qui peuvent périr», explique le biologiste spécialiste des eaux de surface au sein du département d’environnement de la province, Kyle Knysh. 

Les populations de poissons ont également «moins d’espace pour nager et se déplacer et certains individus ne survivent pas, car la concurrence s’intensifie et l’habitat se réduit», ajoute le scientifique. 

Restrictions saisonnières 

Les groupes de bassins versants de l’île multiplient les actions sur le terrain pour atténuer les facteurs de stress en période de sécheresse. 

Ils procèdent notamment à des plantations le long des rives, qui «contribuent à sécuriser les berges et à fournir un couvert végétal», explique la directrice générale de l’Alliance des bassins versants de l’Île-du-Prince-Édouard, Heather Laiskonis. 

«Ça permet d’avoir un cours d’eau plus frais, avec moins de sédiments, et ça l’aide à se rétablir plus rapidement lorsqu’il fait face à la sécheresse», complète-t-elle. 

Pour préserver le plus possible la ressource, Sean Ledgerwood invite, lui, les Insulaires à faire attention à leur consommation d’eau «là où ils le peuvent». 

Certaines villes comme Charlottetown ont mis en place des restrictions saisonnières, en vigueur jusqu’à la fin du mois de septembre. L’arrosage extérieur n’est autorisé qu’entre 5 h et 10 h et entre 19 h et 1 h. Il est aussi interdit d’arroser les surfaces dures, telles que les trottoirs et les allées.  

 

PHOTOS :  

1- Le biologiste Kyle Knysh rappelle qu’il faut un niveau minimum d’eau dans les rivières pour protéger la vie aquatique. (Photo : Gracieuseté)

2- Selon Heather Laiskonis de l’Alliance des bassins versants, les plantations le long des rives permettent d’atténuer les effets de la sécheresse sur les cours d’eau. (Photo : Gracieuseté)

3- Les agriculteurs de l’île ont besoin d’un permis de retrait d’eau pour prélever plus de 25 mètres cubes d’eau de surface par jour, rapporte Sean Ledgerwood de la province.  (Photo : Gracieuseté)

 

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  • Date de création 27 août, 2025
  • Dernière mise à jour 27 août, 2025
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