Du Nouveau-Brunswick à l’Ontario pour la langue des signes québécoise
«Je n’avais rien, sauf mon instinct», se souvient Marie-Lise Haché, une mère acadienne dont la famille a refait sa vie en Ontario pour offrir la francophonie à son fils sourd.
Par Émilie Gougeon-Pelletier, IJL - Réseau.Presse - Le Droit
Avant 2007, Marie-Lise Haché a commencé à apprendre la langue des signes.
Elle se préparait à l’arrivée d’un nouveau venu dans sa famille: Kaï, un garçon sourd de trois ans, adopté en Chine.
Mais il y a une chose à laquelle les Haché n’étaient pas préparés: dans leur province du Nouveau-Brunswick, impossible pour Kaï d’apprendre la langue des signes québécoise.
«On nous disait que toute la famille allait devoir arrêter de parler français à la maison et que tous nos quatre enfants devront aller à l’école anglaise, pour s’assurer de ne pas confondre l’enfant qui signe en anglais», se souvient Marie-Lise Haché.
C’est à ce moment qu’elle a entamé des recherches, pour ensuite se rendre compte qu’à l’extérieur du Québec, l’Ontario était la seule province où une école enseigne la langue des signes québécoise (LSQ) - le Centre Jules-Léger.
«Je ne voulais pas aller au Québec. Je ne suis pas Québécoise, je suis Acadienne. J’étais plus à l’aise avec l’Ontario.»
Rapidement, la famille a décidé de refaire sa vie à Ottawa. «Ce n’est pas un sacrifice, c’est ce qu’on fait pour le bien de nos enfants. Oui, c’est difficile, mais c’est possible», souligne la mère de famille.
Dans la capitale fédérale, il aussi existe des ressources pour les parents de personnes sourdes et malentendantes, comme le Regroupement des parents et amis des enfants sourds et malentendants franco-ontariens (RESO) et Hands & Voices, une organisation à but non lucratif dirigée par des parents.
«Tout ce qu’on se disait, c’est qu’on avait besoin d’être là pour lui, et que s’il y a une école, ça veut dire qu’il y a une communauté, de l’aide, du soutien.»
Le risque d’assimilation
Le Droit a rencontré Marie-Lise Haché dans le cadre du congrès annuel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), qui avait lieu au cours du dernier week-end d’octobre.
L’histoire de la famille Haché aurait bien pu finir en cas d’assimilation, estime le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk.
«C’est exactement ce qui mène à cela, et c’est inacceptable», juge-t-il.
Les services sur mesure pour les francophones, ils sont essentiels, et ce, partout en province, note Peter Hominuk.
Membre du RESO, Mme Haché insiste qu’il faut continuer d’offrir des services sociaux ciblés pour les francophones qui en ont besoin. «Je n’étais pas une professionnelle, j’étais simplement une maman qui disait: «mon enfant a besoin d’une langue». D’ici à sa graduation, Kaï va parler quatre langues. Ça, c’est l’enfant dont on disait qu’il n’allait en parler aucune. On a été obligés de se battre.»
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- Date de création 30 octobre, 2023
- Dernière mise à jour 30 octobre, 2023