Doug Ford n’abdiquera pas sur les cocktails en dépanneurs

Le premier ministre ontarien ne reculera pas sur son plan visant à rendre les cocktails prêts-à-boire disponibles dans davantage de magasins.

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Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

«Laissez-moi être très clair. C’est décidé, c’est déjà fait», a lancé Doug Ford lors d’une conférence de presse tenue mercredi dans une brasserie de la région torontoise.

On venait de lui demander s’il allait changer de cap et annuler son plan d’autoriser la vente de boissons alcoolisées prêtes-à-boire, comme les panachés et les seltzers, dans les dépanneurs et les épiceries.

Les employés de la Régie des alcools (LCBO) sont en grève depuis le 5 juillet, et ils prévoient garder la clé sous la porte de centaines de succursales jusqu’au 19 juillet.

Le syndicat qui représente les quelque 10 000 travailleurs estime que la société d’État devrait avoir le droit exclusif de vendre ces cocktails prêts-à-boire.

Ce point de discorde serait l’une des principales raisons du débrayage.

Des employés manifestent devant la LCBO, à Cornwall. (Émilie Gougeon-Pelletier/Le Droit)

Offre «juste et raisonnable»

En point de presse, Doug Ford a martelé que «cette grève n’aurait jamais dû avoir lieu».

Il a réitéré l’offre de l’employeur, qui selon lui comprend une meilleure stabilité d’emploi et des avantages sociaux.

«La LCBO a fait une offre juste et raisonnable, qui convertirait 400 employés occasionnels en permanents et une augmentation salariale de 7 % sur trois ans», a-t-il soutenu.

Le syndicat dit que 70 % des employés de la LCBO sont «occasionnels».

«Malheureusement, le SEFPO n’a toujours pas répondu à cette offre. Au lieu de rester à la table pour négocier, il a convoqué une conférence de presse pour annoncer une grève, quelques heures avant la date limite.»

La société d’État a indiqué, dans un communiqué publié mercredi, qu’elle ne voulait pas de grève.

«La chose la plus constructive que le SEFPO puisse faire est de répondre à l’offre que nous avons présentée la semaine dernière», pouvait-on lire.

Mais selon le syndicat, cette offre «contenait de nombreuses attaques», notamment contre les conditions de travail de ses membres.

Le SEFPO estime qu’en ajoutant des milliers de détaillants privés au réseau de distribution d’alcool, la province met 2,5 milliards de dollars des fonds publics à risque.

«Si nous laissons Doug Ford poursuivre son plan de privatisation de la vente d’alcool qui enrichit ses copains milliardaires et PDG des chaînes d’épiceries et dépanneurs, non seulement nos emplois seront en danger, mais aussi nos services publics comme les soins de santé, l’éducation et les infrastructures», a indiqué le SEFPO dans un communiqué, publié lundi.

«Bien public»

Le premier ministre promet qu’il veut simplement offrir plus de choix aux consommateurs, et que la LCBO continuera de «jouer un rôle essentiel dans le nouveau marché en tant que grossiste exclusif et distributeur clé», et de vendre exclusivement les spiritueux.

Doug Ford assure que la LCBO demeurera «un bien public».

Selon le plan du gouvernement provincial, les Ontariens pourront acheter les cocktails prêts-à-boire dans les 450 épiceries autorisées à vendre de l’alcool à compter du 1er août, soit tout juste avant le long week-end.

À partir du 5 septembre, les dépanneurs admissibles pourront vendre de la bière, du vin, du cidre et des cocktails prêts-à-boire, et le 31 octobre, tous les magasins à grande surface pourront vendre ces boissons, et même dans de larges paquets.

Si un accord n’est pas conclu d’ici le 19 juillet, la LCBO prévoit ouvrir 32 magasins à des heures limitées les vendredis, samedis et dimanches.

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  • Des employés manifestent devant la LCBO, à Cornwall. (Émilie Gougeon-Pelletier/Le Droit)
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  • Date de création 11 juillet, 2024
  • Dernière mise à jour 11 juillet, 2024
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