Donner la chance aux thermopompes
Une récente étude de Ressources naturelles Canada a permis de conclure que la dernière génération de thermopompes à air pour climat froid est plus rentable d’un point de vue économique, mais aussi bénéfique pour l'environnement.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Une thermopompe pour climat froid est un appareil électrique qui déplace la chaleur d’un endroit à l’autre, comme un réfrigérateur qui capture la chaleur dégagée par les aliments pour la relâcher vers l’extérieur. Il y a donc une unité placée à l’intérieur pour capturer la chaleur et une unité en dehors de la maison pour s’en débarrasser, et vice versa lorsque le mercure baisse.
Au Canada, plus de 5 % des bâtiments sont chauffés au moyen d’une thermopompe. C’est surtout à cause que, historiquement, les Canadiens se sont tournés vers des systèmes de chauffage moins couteux.
Ce n’est que depuis la plus récente génération que les thermopompes pour climat froid peuvent chauffer dans des températures très basses, grâce aux derniers avancements. «C’est une technologie qui va être déployée beaucoup plus, au Canada, dans les prochaines années, c’est certain», lance Jean-Philippe Poirier, ingénieur de recherche de CanmetÉNERGIE à Ottawa.
L’ingénieur dit que le but de la récente publication de Ressources naturelles Canada (RNCan) était de comparer les plus récentes thermopompes à climat froid aux autres systèmes de chauffage à travers le pays.
Dans la maison moyenne, le chauffage des pièces représente 64 % de la consommation d’énergie, informe RNCan.
Bon pour le portefeuille
Selon l’évaluation, lesdites thermopompes performent mieux que les fournaises électriques ou les plinthes électriques et leur utilisation coute moins cher.
«Les dernières générations de pompes à chaleur à climat froid, dans beaucoup de zones climatiques au Canada, peuvent assurer la majorité – si c’est pas la totalité – des besoins de chauffage dans les maisons, ce qui n'était pas le cas avec les anciennes générations», précise Philippe Simard, ingénieur de recherche de CanmetÉNERGIE à Varennes.
Il est possible d’économiser entre 700 $ et 1 900 $ annuellement, selon RNCan. L'estimation des économies annuelles sur les facteurs d’électricité pour les résidents de Halifax est de 1 917 $.
Si on remplace une fournaise au mazout par une thermopompe, les économies sur les couts de chauffage peuvent grimper jusqu’à 3 500 $, permettant de réduire son empreinte carbone de trois à 12 tonnes par an, tout dépendamment de la région où l’on habite et du type de maison qu’on possède.
En Nouvelle-Écosse, 167 600 maisons, soit 37 % des domiciles, sont chauffées au mazout, le plus haut pourcentage d’utilisateurs au pays après l’Île-du-Prince-Édouard, où 52,8 % des propriétaires se fient à ce type de chauffage.
Le gouvernement fédéral, en collaboration avec l’Île-du-Prince-Édouard, a lancé un programme en mi-juillet pour encourager les insulaires à passer du chauffage résidentiel au mazout à une thermopompe.
Ottawa a déjà conclu des ententes de prestation conjointe avec d’autres provinces, dont la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador. Le programme à l’échelle nationale a permis d’installer 7 403 thermopompes, en date du 5 juillet.
Modéliser pour évaluer
Pour effectuer l’étude, les scientifiques ont évalué la performance de la thermopompe en se fiant à quatre archétypes de maisons, représentant plusieurs millions de maisons canadiennes, et en utilisant des données climatiques historiques de 16 villes du pays.
Parmi les archétypes, il y a les domiciles construits avant 1980, ceux construits après 1980, les demeures à un ou deux étages et la dernière génération de maisons prêtes pour la consommation d’énergie nette zéro, dans lesquels les charges de chauffage sont cinq fois moins élevées que les générations avant 1980.
Les données ont été obtenues par modélisation, c’est-à-dire en développant des modèles par calculs et en analysant les comportements des maisons. Le logiciel de simulation énergétique de RNCan, HOT2000, prédit alors la consommation d’énergie pour une maison donnée, dans un climat donné.
«C’est beaucoup plus simple pour nous autres de faire des études en utilisant la modélisation. Les essais sur le terrain sont assez compliqués, sont assez chers aussi à faire, pis typiquement, on peut pas avoir un montant de maisons aussi nombreux qu’on pourrait si on fait simplement de la modélisation», explique Jean-Philippe Poirier.
L’étude a aussi examiné un scénario dans lequel la technologie en question était combinée à des chaudières à gaz, dans une configuration hybride ou bicombustible. «Les résultats suggèrent que la configuration hybride-gaz peut être plus intéressante pour les propriétaires qui optent pour un service mixte gaz-électricité», peut-on lire dans la conclusion de l’étude.
«Dans ces scénarios, la technologie hybride coute moins cher à exploiter que la chaudière à gaz et permet de réduire de quinze à trente-cinq pour cent la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre.»
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- Date de création 19 août, 2024
- Dernière mise à jour 19 août, 2024