Discussions autour des défis liés à l’accueil des nouveaux arrivants francophones

 

Le Voyageur – Les nouveaux arrivants de langue française qui s’établissent dans la Ville du Grand Sudbury doivent affronter et surmonter une série de défis, afin de s’intégrer dans leur communauté d’accueil. C’est ce qu’ont révélé les trois membres du panel qui avait pour titre «Sudbury terre d’accueil…Vraiment?», dans le cadre du dîner-causerie de l’Université du troisième âge(UTA), tenu au Collège Boréal, début février. 

Donald Dennie-IJL-Réseau.Presse-Le Voyageur

Jacques Fanche, originaire du Cameroun, Ahmed Saba, du Burkina Faso et Monique Beaudoin, du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, ont mentionné la langue, le logement, l’emploi, le système de santé et le climat comme étant les principaux défis auxquels sont confrontés les nouveaux arrivants.

La grande majorité des nouveaux arrivants francophones ont besoin d’un certain niveau d’anglais, afin de pouvoir fonctionner pleinement dans la communauté sudburoise. «Mon anglais n’était pas vraiment très bon, admet Ahmed Saba qui est arrivé à Sudbury en 2016 comme étudiant international à l’Université Laurentienne. Ça a été assez difficile parce qu’à la Laurentienne l’anglais est prédominant et la communauté francophone est minoritaire. Aujourd’hui mon anglais est acceptable, je peux me débrouiller».

Pour Jacques Fanche, arrivé à Sudbury en octobre 2023, le plus grand défi consiste à ne pas pouvoir travailler dans le domaine – la géographie – dans lequel il a été formé au Cameroun. Il a dû accepter un emploi dans une épicerie africaine. «J’aimerais pouvoir travailler dans des domaines que j’aime, dit-il, soit la géographie, l’environnement et la communication. Je veux que ces portes s’ouvrent».

Barrière systémique 

Monique Beaudoin, coordonnatrice des services en établissement au Centre de santé communautaire, qualifie ce défi de barrière systémique. « La reconnaissance de leurs acquis, leurs diplômes, leurs compétences, c’est très important. Plusieurs médecins formés dans leur pays d’origine ne peuvent pas pratiquer au Canada. Ils doivent recommencer leur formation à zéro ou travailler dans un autre domaine», affirme-t-elle. 

M. Saba reconnaît que le climat est son plus grand défi. Arrivé à Sudbury en décembre 2016, il déclare : «Passé d’une température de + 30C à une qui se situe dans les moins 20C, c’est assez difficile. J’ai encore un peu de difficulté à m’adapter au climat de Sudbury». Il admet, toutefois, que ce défi est compensé par l’ambiance sociale chaleureuse qu’il a ressentie et vécue sur le campus de la Laurentienne, ainsi que dans la communauté sudburoise.

Après avoir obtenu son baccalauréat en Droit et justice de l’université sudburoise, il s’est rendu à l’Université de Sherbrook pour faire une maîtrise en droit international. Il admet ne pas avoir ressenti la même chaleur humaine dans la ville des Cantons de l’Est qu’il ressent à Sudbury. «Shebrooke, ce n’est pas aussi vivant qu’à Sudbury, dit-il. C’est pourquoi j’ai voulu revenir à Sudbury pour y travailler». Il occupe le poste d’agent de liaison culturelle pour les communautés francophones accueillantes au Centre de santé communautaire.

«Ça change à Sudbury»

Les trois membres du panel ont mentionné l’accès à un logement convenable comme un autre défi que les nouveaux arrivants francophones doivent aborder. Les propriétaires leur demandent des relevés bancaires, des contacts d’emploi. Ils vivent parfois de la discrimination et des préjugés à leur égard. «Le défi de logement est énorme», affirme Monique Beaudoin.

Le système de santé s’avère aussi problématique car «il est très difficile de se trouver un médecin de famille, surtout un médecin francophone, admet M. Saba. C’est surtout un problème pour les femmes enceintes qui ont besoin de suivi».

Les trois panélistes admettent toutefois que malgré ces défis, on commence à ressentir un changement pour le mieux à Sudbury. Les services sont plus nombreux pour les nouveaux arrivants, mais il doit y avoir encore des améliorations surtout dans les domaines du logement et de l’emploi. 

On a mentionné la Place des Arts (PdA) comme un endroit accueillant pour les nouveaux arrivants francophones. Ils peuvent s’y rendre et être assurés de pouvoir parler en français. De plus, certains organismes de la PdA, tels le Centre franco-ontarien de folklore et La Slague, ont développé au cours des années une programmation qui prend en compte la diversité de la clientèle. M. Saba a apprécié la soirée de reconnaissance des nouveaux arrivants lors du French Fest. «C’est magnifique, on avance. J’espère que ça continue», a-t-il affirmé.

Monique Beaudoin a aussi déclaré que ça change dans la Ville du Grand Sudbury. «Ça fait plusieurs années que le profil démographique de la population change avec les étudiants internationaux. Ça commence à être de plus en plus facile pour les nouveaux arrivants car la population originaire de la ville est de plus en plus habituée à les voir. De plus, il y a des services d’établissement comme dans les écoles ainsi que des épiceries spécifiques aux différentes cultures. C’est rendu un peu plus facile pour les nouveaux arrivants à s’installer ici », conclut-elle. 

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Photo : De gauche à droite, Jean-Gilles Pelletier, Monique Beaudoin, Jacques Fanche et Ahmed Saba.

 

Photo : Rose-Lyne D’Aoust Messier

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  • Date de création 11 février, 2025
  • Dernière mise à jour 11 février, 2025
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