Deux propriétaires d’entreprises se réinventent pour réussir pendant la pandémie

Deux propriétaires d’entreprises se réinventent pour réussir pendant la pandémie

Sébastien Després et Frédéric Desclos, de Shediac, n’ont pas hésité à se réinventer afin d’assurer le succès de leurs entreprises depuis le début de la pandémie.

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Claire Lanteigne

Initiative de journalisme civique – APF - Atlantique

«Nous étions en pleine croissance et super occupés après un an et demi d’opération, quand tout d’un coup nous sommes tombés à rien», raconte Sébastien Després, copropriétaire avec son épouse du bistro Le Moque-Tortue et du gîte Le Griffon.

Il n’y avait plus d’accès aux jeux, aux salles de jeux et aux salles à manger. Les réservations au Griffon étaient à 90 % par des touristes de l’Ontario et du Québec. «C’était une gigantesque période de revenus que nous perdions. Nous ne faisions pas d’argent, et les coûts de marketing ont doublé ou triplé pour nous réinventer, dit-il.»

L’entreprise n’était pas admissible aux programmes d’aide gouvernementale.

Sébastien n’a pas chômé et a ouvert une pâtisserie haut de gamme et offert des plats à emporter. À l’arrivée de la belle température, il a doublé la grandeur de la terrasse et il l’a rendue plus invitante. «On a développé toute une liste de cocktails afin d’avoir le plus gros bar du genre au Sud-Est du N.-B. Et on a attiré des foules», ajoute-t-il.

«Depuis le départ de ma partenaire d’affaires,  j’avais commencé à repenser ma façon de faire et à me reconcentrer sur la boutique», explique Frédéric Desclos d’Adorable Chocolat. Il voulait mettre la boutique en valeur, ce qui s’est amplifié avec la pandémie.

Il a fait la promotion des commandes en ligne et la consommation locale a augmenté et s’est accentuée de plus en plus. «Ce n’est pas anodin ce qui se passe dans le monde», dit-il, «nous étions rendus à la consommation à outrance et nous en sommes tous responsables.» Il ajoute que les gens sont retournés à la normale vers la consommation locale au lieu de s’entasser dans les magasins à grande surface.

Frédéric est d’avis qu’il y a des produits de qualité dans les magasins de la communauté et qu’on n’a pas nécessairement besoin de grands centres ou de méga magasins. «De plus en plus, les gens ont le souci de rechercher la qualité et depuis mes dix années en affaires à Shediac, les gens savent qu’ils achètent ici des chocolats qui ne sont pas de la saloperie.» Il voit revenir des jeunes qui magasinaient avant avec leurs parents.

Le chocolatier dit n’avoir jamais eu une année aussi occupée que 2020.

Les deux entrepreneurs ont apprécié la campagne de promotion «Je choisis Shediac». «Cette campagne de mise en marché organisée par la Ville de Shediac, la Chambre de commerce du Grand Shediac et Centre-ville Shediac nous a grandement bénéficié», dit Sébastien. Selon lui, aucune municipalité au Nouveau-Brunswick n’a fait une campagne aussi agressive et présentant le visage de la municipalité. «Nous avons été chanceux d’avoir eu l’appui des gens de Shediac et de la région avec la bulle atlantique, ça assuré la survie du restaurant..

Frédéric abonde dans le même sens et souligne le dynamisme de la Chambre de commerce qui a appuyé la campagne. «Beaucoup de Chambres de commerce des alentours nous envient et les gens sont venus car il y avait beaucoup d’action ici.» Il ajoute que les deux journées de la Folie du vendredi noir ont été incroyables. Frédéric mentionne aussi l’initiative de Viva Shediac qui a vendu avant les Fêtes 300 boîtes cadeaux de produits locaux.  Il collabore avec les deux jeunes entrepreneurs François et Karine depuis le début.

Les deux entrepreneurs ne savent pas encore ce que la prochaine saison touristique leur réserve, mais ils seront prêts à y faire face avec la bulle atlantique ou l’ouverture au reste du pays. «On sait à quoi s’attendre, souligne Sébastien, et on sait ce que les touristes de Sackville, Rogersville ou Bathurst cherchent.» La pandémie a fait en sorte que les gens d’ailleurs au N.-B. et en Atlantique ont découvert Shediac.» Ils espèrent que la bulle atlantique ouvrira le 19 avril prochain comme prévu.

Les chambres du Griffon ont été louées à long terme jusqu’à la saison touristique et l’établissement est déjà réservé à 50 % pour l’été, dont 95 % sont en provenance du Québec. L’entrepreneur s’attend à un été record si la frontière s'ouvre. «Nous n’avons pas le choix d’être optimistes avec ce qu’on a investi dans nos entreprises, ajoute-t-il. Il faut aller de l’avant, continuer à nous réinventer et travailler fort comme nous le faisons depuis le début.» Frédéric ajoute que c’est bien gentil d’avoir des touristes l’été, mais il croit qu’avec la population du N.-B., ils pourraient vivre à longueur d’année de leurs commerces. Pour lui, c’est le marché à développer.

Sébastien est aussi content d’avoir réussi à maintenir la majorité de son personnel. «J’ai actuellement 14 employés, dont certains à temps partiel, mais lorsqu’on sera ouvert sept jours sur sept pour le lunch et le souper, je m’attends à en avoir une vingtaine cet été.»

Mais les entrepreneurs sont quand même conscients que la pandémie n’est pas terminée. Mais avec leur détermination et leur créativité, ils sont convaincus d’être en mesure de trouver une solution à tout ce qui pourrait survenir.

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Photos :

Les boîtes annuelles de pâtisseries, ainsi que les boîtes spéciales chaque mois ,avec un thème comme, pour avril, Pâques ou le printemps sont très populaires. (Courtoisie)

Le bistro Moque-Tortue est l’un des deux finalistes pour le Prix d’excellence en marketing du ministère du Tourisme du N.-B., avec la Ville de Saint-Jean. On connaîtra le vainqueur en novembre. (Courtoisie)

Frédéric Desclos est en pleine production des produits pour Pâques. (Courtoisie)

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  • Date de création 28 mars, 2021
  • Dernière mise à jour 29 mars, 2021
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