Deux pionnières francophones donnent leurs témoignages pour l’histoire

Mehdi Mehenni

IJL - Réseau.Presse - Le Voyageur 

Centre d'archives de la Grande zone argileuse (CAGZA), sis à l’Université de Hearst, s’est intéressé aux parcours de deux femmes inspirantes de la région de Greenstone, dans le cadre de son concept Thé des pionniers, un travail essentiel pour conserver la mémoire collective francophone du Nord de l’Ontario. Les témoignages ont été recueillis au Club canadien français de Geraldton. 

Pour Joël Lauzon, archiviste adjoint au Centre d'archives de la Grande Zone argileuse, l’histoire du Nord de l’Ontario francophone n’est pas seulement faite de données et de statistiques. Les histoires humaines et personnelles la façonnent tout autant. C’est dans cette perspective le CAGZA avait soumis une demande de subvention dans le cadre du Programme d’appui à la francophonie de l’Ontario, pour récolter des témoignages vivants de personnes qui ont marqué ou portent en elles des pans entiers de l’histoire de nos communautés. Le financement obtenu en 2024, Joël Lauzon a parcouru Cochrane, Timmins et Témiskaming Shores, avant de faire une dernière halte à Geraldton, en avril 2025. 

C’était pour rencontrer Jeanne-D’Arc Gosselin, une pionnière de la communauté francophone de Geraldton, qui s’était installée dans la région, avec son mari, dans les années 1960, alors que ce dernier venait d’être engagé pour participer aux travaux pour le passage du gazoduc dans la région. 

«C’est une femme pour qui c’était important que ses enfants parlent français et vont dans des écoles françaises. Elle même a faire de la suppléance et a enseigné dans une école française. Aujourd’hui encore elle parle français et ses enfants aussi. Certains d’entre eux sont même dans l’enseignement…», souligne Joël Lauzon. 

Francine Roy, résidente de Nakina, était elle aussi arrivée dans la région avec son  mari qui travaillait pour une fabrique de bois. Comme Jeanne-D’Arc Gosselin, Francine Roy provenait aussi du Québec. 

«C’est une femme qui a un parcours intéressant. Elle a eu sa propre compagnie de transport et ensuite elle a conduit des bus pour une compagnie, quand elle avait cessé d’être propriétaire. Elle a aidé à partir les Copains de Nakina, qui était le groupe francophone dans Nakina», raconte Joël Lauzon. 

Pour le gestionnaire de ce projet, le nord de l'Ontario a su rayonner, et a pris de l'ampleur «grâce à des gens qui avaient une vision et qui sont venus quand il n'y avait pas grand-chose». 

«C'est une belle histoire à découvrir et à raconter, puisque nous vivons un changement générationnel et des des histoires qui ont tendance à se perdre un petit peu. Donc, c'est important de les garder, puis d'être capable de les enregistrer pour que les gens s'en souviennent, parce que c'est quelque chose qui résonne avec les aînés et les jeunes, afin de réinventer et développer des choses». 

Suzanne Levesques, coordinatrice d’activités au Club canadien français de Geraldton, qui a accueilli cette initiative, estime que les témoignages de Jeanne-D’Arc Gosselin et de Francine Roy permettront à la région de Greenstone de continuer à faire partie de l’histoire francophone du Nord de l’Ontario. 

Les enregistrements audio et les vidéos des histoires et des témoignages recueillis par Joël Lauzon sont archivés au CAGZA. 

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BV : Jeanne-D’Arc Gosselin interrogée par Joël Lauzon. 

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BV : Francine Roy interrogée par Joël Lauzon. 

Photos : Courtoisie 

  • Nombre de fichiers 4
  • Date de création 8 mai, 2025
  • Dernière mise à jour 8 mai, 2025
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