Deux candidats de 18 ans aux élections du Conseil d’éducation du DSFS

Deux jeunes hommes de 18 ans tenteront de faire leur place au sein du Conseil d’éducation de district (CÉD) du District scolaire francophone Sud (DSFS) lors des élections du 10 mai prochain. Luc Cormier et Nicolas Gaudet espèrent qu’à compter de cette date, les jeunes auront un peu plus de place dans le monde politique.
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Steve Legault

IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien

Chaque district scolaire au Nouveau-Brunswick comporte à sa tête un CÉD, dont chacun compte de 8 à 10 conseillers élus pour un mandat de quatre ans.

«Les CÉD ont été créés afin que les parents et la population en général puissent participer activement à la gestion du système scolaire. Ils sont chargés d’établir les orientations, les priorités et le fonctionnement de leur district», peut-on lire sur le site Web de la Fédération des conseils d’éducation du Nouveau-Brunswick (FCÉNB).

L’implication étudiante, l’étincelle

Luc Cormier et Nicolas Gaudet ont eu la piqûre du monde politique de la même façon, c’est-à-dire en s’impliquant d’abord dans leurs écoles secondaires respectives : «J’ai été membre du Conseil d’éducation de district [du DSFS] pour une période de deux ans. J’étais alors élève-conseiller, ce qui veut dire que je représentais les élèves du District scolaire francophone Sud», raconte Luc Cormier en entrevue.

Créé en septembre 2009, le poste d’élève-conseiller vise à assurer que la voix des principaux concernés soit entendue aux conseils d’éducation de district.

«C’est à ce moment que j’ai eu la piqûre pour l’éducation et la politique du même coup. J’ai donc décidé de me présenter au conseil [à titre de conseiller et non d’élève-conseiller] dès que j’aurais la chance», enchaîne Luc Cormier.

Nicolas Gaudet rapporte une expérience semblable : «J’ai fait partie du Conseil des élèves de l’École Clément-Cormier [à Bouctouche] pendant quelques années. Ça m’a donné envie d’aller en enseignement secondaire à l’université pour peut-être revenir à cette école un jour et contribuer au bien-être des élèves. J’ai également gagné un intérêt pour la politique au niveau scolaire», raconte-t-il.

Les deux jeunes n’ont pas eu à attendre longtemps pour devenir candidat aux élections des conseils d’éducation de district puisqu’il ne leur restait que l’âge minimum à atteindre pour être admissible.

Parmi les autres conditions d’admissibilités, on compte évidemment la citoyenneté canadienne, ainsi que de résider sur le territoire du district pendant au moins six mois avant l’élection et dans le sous-district au moment de déclarer sa candidature.

Luc Cormier se présente dans le sous-district 4, qui couvre l’École Grande-Digue, les écoles Mgr-François-Bourgeois et Louis-J.-Robichaud de Shediac, l’École Père-Edgar-T.-LeBlanc de Grand-Barachois et l’École Donat-Robichaud de Cap-Pelé.

De son côté, Nicolas Gaudet se présente comme conseiller scolaire pour le sous-district 3, qui couvre l’École Calixte-F.-Savoie de Sainte-Anne de Kent, les écoles Clément-Cormier et Dr-Marguerite-Michaud de Bouctouche, l’École Mont-Carmel de Sainte-Marie-de-Kent, l’École Camille-Vautour de Saint-Antoine, l’École Notre-Dame à Notre-Dame-de-Kent et l’École Blanche-Bourgeois de Cocagne.

Des voix trop souvent négligées

Puisqu’ils viennent tout juste de terminer leur passage au sein du système d’éducation néo-brunswickois, Nicolas et Luc proposent d’apporter un point de vue «de l’intérieur». Ils estiment que celui-ci est trop souvent mis de côté lorsqu’il est question des jeunes.

«Habituellement, quelqu’un qui a un bagage d’expérience semblable au mien a un avantage ou un poids supplémentaire dans la discussion. Cependant, il arrive que mon expérience ne compte pas juste en raison de mon âge», confie Luc Cormier.

S’il convient qu’il ne faut pas négliger l’opinion des moins jeunes, il estime également impératif d’au moins entendre les points de vue et les opinions des jeunes qui viennent tout juste de passer dans le système scolaire. La diversité est aussi importante dans la discussion selon celui qui étudie pour devenir enseignant au primaire.

«Lorsqu’on accepte des opinions et points de vue différents, c’est là que les choses peuvent avancer. S’il y a 10 conseillers et qu’ils disent tous la même chose, cela ne mène à rien. La diversité est importante. Je parle des gens d’âges différents, mais aussi de milieux différents et de cultures différentes», explique Luc Cormier.

Montrer la voie

En 2016, dans la municipalité de Rogersville, une élève de 12e année âgée de 18 ans a tenté sa chance en politique municipale. Quelques mois plus tard, avant même d’obtenir son diplôme d’études secondaires, Gaétane Johnson devenait l’une des plus jeunes conseillères municipales de l’histoire du Nouveau-Brunswick d’après l’Acadie Nouvelle.

Luc Cormier affirme que cette histoire a attiré son attention alors qu’il était lui-même âgé de 14 ans : «Quand j’ai vu ça, j’avais 14 ans et je me suis dit “wow, je pourrais faire ça aussi lorsque j’aurai 18 ans!” Ce n’est pas le seul facteur qui me pousse à me présenter au conseil d’éducation, mais de voir que je ne suis pas le premier à avoir cette ambition-là, ça donne une motivation supplémentaire.»

Invitée à réagir au fait que deux candidats de 18 ans se présentent aux élections de conseils d’éducation de districts, la jeune politicienne a répondu que «pour moi, ça veut dire que j’ai accompli mon but. Je me présentais pour ouvrir la porte aux jeunes. Je pense que c’est une tradition qu’il vaut la peine de maintenir. Ça montre que les jeunes ont leur place en politique. Je trouve ça impressionnant», confie Gaétane Johnson.

Luc Cormier ajoute que «Gaétane Johnson a fait ça pour des jeunes comme moi et Nicolas, et on espère avoir le même impact pour des jeunes de 13-14 ans qui commencent à développer un intérêt pour la politique».

C’est peut-être même déjà le cas, à entendre l’actuelle élève-conseillère du DSFS, Jeanne Boucher : «Pour connaître Luc personnellement, je sais qu’il a de fortes convictions et qu’il est intense dans ce qu’il entreprend. Je peux dire que cela m’a vraiment inspirée.»

Elle se réjouit de voir des candidats de 18 ans aux élections du 10 mai : «C’est vraiment une implication importante. Je trouve que ça parle beaucoup parce que ça montre que les jeunes ont quelque chose à dire. Le fait de s’impliquer aussi tôt, je trouve ça remarquable. […] Ça nous montre que c’est possible de s’impliquer dans des milieux souvent occupés par des gens qui sont un peu plus vieux, avec plus d’expérience», raconte celle qui terminera son parcours à l’école secondaire en 2021.

Le 10 mai prochain, Luc Cormier et Nicolas Gaudet espèrent se faire élire au sein du CÉD du DSFS afin de donner une voix supplémentaire aux jeunes et d’inspirer ceux-ci à s’impliquer pour le bien-être de leurs collègues de classe.

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Photos :

0426 IJL_Conseils d'éducation de districts_Nicolas Gaudet_Cr. Courtoisie : Nicolas Gaudet, 18 ans, tentera sa chance comme conseiller scolaire dans le sous-district 3 du DSFS. (Crédit :  Courtoisie Nicolas Gaudet)

0426 IJL_Conseils d'éducation de districts_Luc Cormier_Cr. Courtoisie : Luc Cormier espère pouvoir faire sa place en politique scolaire lors des élections des conseils d'éducation de district, le 10 mai. (Crédit : Courtoisie Luc Cormier)

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  • Date de création 30 avril, 2021
  • Dernière mise à jour 27 avril, 2021
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