IJL - Ouest
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  • Date de création 10 décembre, 2021
  • Dernière mise à jour 10 décembre, 2021

Des services en français, en théorie

Le gouvernement provincial a tenu des consultations publiques pour le budget 2022. La session du 29 novembre devait se dérouler en anglais et en français. La réalité a été toute autre, comme le déplore le député de l’Opposition, Adrien Sala.

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Ophélie Doireau

IJL – Réseau.Presse – La Liberté

Pour le critique en matière de services en français, la situation du 29 novembre est inacceptable.

« L’un des membres de l’auditoire a voulu poser une question en français, et à ce moment-là le ministre des Finances, Scott Fielding, n’a pas pu répondre à la question. Il a ensuite mis un appareil qui a fait la traduction simultanée. La personne a dû reposer la question et a reçu une réponse en anglais.

« Le gouvernement actuel ne prend pas au sérieux le principe de l’offre active des services en français. Lorsqu’on annonce une consultation bilingue, il faut être préparé à ce que des gens s’expriment en français. C’est comme ça qu’on respecte l’offre active. »

Lors d’un temps de questions-réponses à l’Assemblée législative, Adrien Sala a interpelé le gouvernement pour comprendre ce qui s’était passé. « Le ministre a complètement esquivé ma question. Sauf que les francophones du Manitoba ont le droit de recevoir des informations dans leur langue maternelle.

« Le gouvernement a souvent tendance à avoir une attitude cavalière sur le principe de l’offre active.

« Comment un citoyen peut participer pleinement à la société s’il ne peut pas être entendu dans l’une des deux langues officielles? Les francophones doivent pouvoir être certains qu’on les prend en compte.

« Ça a été la seule question en français. Mais il est possible que d’autres gens auraient souhaité poser leur question en français et, voyant l’impossibilité d’une réponse en français, ces personnes ont décidé de la poser en anglais. C’est triste. »

Adrien Sala, élu député dans la circonscription de St. James en 2019, prend à cœur son rôle. « Le gouvernement provincial n’en fait pas assez pour les francophones. On peut toujours faire mieux et on doit chercher à faire mieux. Le Manitoba est une province avec une loi qui favorise l’appui à l’épanouissement des francophones, il est temps de les respecter.

« À l’Assemblée législative, je dirais que seulement cinq élu.es peuvent s’exprimer en français : notre chef de Parti, Wab Kinew, ma collègue, Malaya Marcelino, et du côté du parti progressiste-conservateur, la ministre Rochelle Squires et pour les Libéraux, le chef du parti, Dougald Lamont. Il est possible que d’autres parlent français. Mais je ne le sais pas. »

Contacté par La Liberté, un porte-parole du gouvernement a émis la déclaration suivante par courriel le 2 décembre. « Le ministère des Finances du Manitoba a retenu les services de l’entreprise Interpretation Services pour offrir l’interprétation simultanée lors de la consultation prébudgétaire du 29 novembre à Winnipeg. Deux interprètes étaient dans une cabine à l’arrière de la salle. Des casques d’écoute étaient disponibles pour toute personne qui préférait entendre la consultation en français et, si elle posait une question, elle entendait la réponse en français, à condition que la personne et le ministre portent les casques d’écoute.

« La personne qui a posé une question en français n’a pas pris de casque d’écoute ni indiqué qu’elle allait parler en français. Le personnel aurait immédiatement pris les dispositions nécessaires pour que le ministre puisse répondre à la question plutôt que de la faire répéter avant de répondre.

« Le ministre Fielding est plus qu’heureux de répondre aux questions des participants à l’une ou l’autre des consultations prébudgétaires. En fait, la séance du 29 novembre s’est prolongée bien au-delà de l’heure prévue pour que toutes les personnes présentes puissent avoir la chance de poser leurs questions.

« Nous nous efforçons d’offrir des services dans les deux langues officielles. La présentation PowerPoint de la séance a été présentée en français et en anglais. Une autre réunion publique bilingue sera organisée à Winnipeg au cours de la nouvelle année. (1) »

(1) D’autres informations seront disponibles sur le site https://engagemb.ca/budget-2022

Besoin de volonté généralisée

En 2016, le gouvernement provincial votait majoritairement en faveur de la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine. Avec cette loi, le conseil consultatif des affaires francophones était créé.

Angela Cassie, présidente de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), siège sur ce conseil. « On voit une grande ouverture de la part de la ministre Rochelle Squires sur les questions francophones. Mais il faut aussi arriver à mobiliser les autres ministres.

« La lentille francophone devrait être partout, pas seulement sur des questions de bilinguisme. Les francophones doivent pouvoir s’exprimer sur tous les enjeux de la société.

« On est prêt à démarrer une conversation avec la première ministre Heather Stefanson, pour faire valoir les enjeux de la francophonie manitobaine. »

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Photos : 

Adrien Sala est le député provincial pour la circonscription de St. James et critique en matière de services en français pour l’opposition. photo : Archives La Liberté

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