Des programmes pour augmenter l’engouement des jeunes pour la lecture

Les résultats d’une étude au sujet des effets des programmes Blizzlecture et Raplecture sur la motivation des jeunes seront présentés lors d’un événement d’envergure nationale en juin.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

La psychologue et professeure-chercheuse à l’Université de Moncton, Annie Roy-Charland, ainsi que sa collègue, Marie-Pierre Mazerolle, présenteront cette étude au Congrès national de la Société canadienne de psychologie à Ottawa.

Mme Roy-Charland souhaite que les résultats présentés attirent l’œil d’autres chercheurs ou psychologues et permettent de développer d’autres initiatives du genre ailleurs au pays.

Blizzlecture et Raplecture font partie du programme de littératie communautaire du District scolaire francophone du Nord-Ouest réalisé en partenariat avec les équipes de hockey du Blizzard d’Edmundston et des Rapides de Grand-Sault. Il vise principalement à encourager de jeunes garçons de la 3e à la 5e année des écoles du Nord-Ouest à lire davantage pour le plaisir.

Pour l’étude réalisée par Mmes Roy-Charland et Mazerolle, environ 120 élèves ont été sélectionnés. La moitié d’entre eux faisaient partie du programme de lecture, alors que l’autre partie a été placée dans un groupe contrôle afin de comparer les données récoltées.

L’étude a été réalisée de janvier à mai 2023, ce qui coïncide avec le début et la fin du programme annuel.

Comme l’objectif principal du programme de lecture est d’augmenter l’engouement de certains enfants pour la lecture, l’étude s’est principalement concentrée sur leur degré de motivation avant et après la tenue du programme.

«On a aussi évalué d’autres variables associées à la motivation comme l’estime de soi et le sentiment d’efficacité (…) On a voulu voir si les jeunes étaient complètement amotivés, s’ils étaient motivés par des récompenses ou pour éviter des punitions et on a voulu évaluer leur motivation interne», a ajouté Annie Roy-Charland.

Les résultats de l’étude montrent une diminution significative de l’influence des motivations externes chez les jeunes qui ont participé au programme Blizzlecture ou Raplecture.

«Ils lisent de moins en moins pour les récompenses ou pour éviter des punitions, ce qui est super intéressant. Ils se rapprochent d’une motivation beaucoup plus interne, soit de lire pour le plaisir.»

Dans le contexte où l’étude avait comme objectif d’évaluer un programme qui s’articule autour de récompenses – chaque saison, le district distribue des cartes de hockey à l’effigie des joueurs du Blizzard et des Rapides que les élèves du programme collectionnent au fil des semaines – ce résultat peut sembler contradictoire.

Bien qu’elle croit que les élèves ont besoin de cette récompense pour les inciter à lire du départ, Mme Roy-Charland estime qu’il est intéressant de voir qu’ils ont de moins en moins besoin de ces récompenses pour se lancer dans la lecture d’un livre de leur propre gré.

«Au départ, ils n’ont pas le goût de lire du tout, alors il faut commencer quelque part. C’est tout un processus de passer d’un manque de motivation, à une motivation engendrée par les récompenses, pour en arriver à un point où le jeune en a de moins en moins besoin.»

Comme le programme s’adresse majoritairement aux garçons, ce sont eux qui ont été évalués en plus grand nombre. La professeure-chercheuse explique que beaucoup de données présentes dans la littérature scientifique font état du fait que les garçons sont moins motivés à lire.

Selon elle, l’une des explications est qu’ils ont moins de modèles masculins leur permettant de développer un intérêt pour la lecture.

«Au niveau scolaire, surtout au primaire, il y a beaucoup plus d’enseignantes que d’enseignants. L’activité de lire est donc beaucoup plus souvent perçue comme quelque chose de féminin.»

Comme Blizzlecture et Raplecture sollicitent l’appui de joueurs de hockey du Blizzard et des Rapides, Annie Roy-Charland explique que les garçons peuvent tout d’un coup se tourner vers un modèle masculin qui les encourage à lire.

«Dans le cas de Blizzlecture et Raplecture, non seulement ce sont des modèles masculins, mais ce sont des gens que l’on a comme idoles. En termes d’impacts, on pense que ces modèles pourraient être encore plus importants.»

Quelques filles ont aussi fait partie du programme. Selon Mme Roy-Charland, les résultats de ces participantes ont été similaires à ceux des garçons évalués.

Selon Annie Roy-Charland, l’initiative des accompagnatrices pédagogiques du District scolaire francophone du Nord-Ouest, Marie-Josée Long et Lisa Bossé-Perron, pourrait faire l’objet d’autres études.

«Ce que l’on n’a pas fait, c’est de s’intéresser au développement des compétences en lecture. Est-ce que le fait de participer au programme pourrait non seulement améliorer la motivation, mais aussi les habiletés en lecture.»

«Une autre qui pourrait être faite, c’est de voir si les effets du programme se maintiennent à long terme.»

Cette année, 235 Blizzlecteurs et 65 Raplecteurs ont participé au programme, dont l’objectif était de lire un minimum de 15 minutes par jour, cinq jours par semaine, pour un total de 75 minutes de lecture.

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Photo : Des joueurs du Blizzard à l'école Carrefour de la Jeunesse d'Edmundston, lors d’une activité récompense. - Gracieuseté

 

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  • Date de création 3 juin, 2024
  • Dernière mise à jour 3 juin, 2024
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