Des pelouses qui prennent de la hauteur sur des terrains municipaux à Edmundston

Les résidents d’Edmundston verront, au cours de l’été, des pelouses un peu plus fournies sur des terrains municipaux.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

La Ville a annoncé, mardi, la mise en place d’une nouvelle initiative de réduction de la tonte sur certaines parcelles de gazon sur son territoire.

Selon la Municipalité, cette décision a comme objectif de créer des milieux plus propices à la faune et à la flore locales, à améliorer la qualité des sols et à sensibiliser les gens à l’importance d’adopter des pratiques d’entretien plus durables.

Elle permettrait également de réaliser des économies, étant donné que les employés chargés de tondre le gazon n’auront pas à le faire aussi fréquemment à certains endroits.

«On a remarqué qu’il y avait des endroits, où l’on tondait le gazon, qui n’étaient ni des parcs ni des infrastructures urbaines importantes pour les opérations municipales. Je me disais que l’on faisait de la tonte pour rien à certains endroits et je voyais ça comme une occasion d’améliorer nos opérations et introduire des concepts de développement durable», a expliqué Daniel Gautreau, coordonnateur des espaces verts.

Selon lui, les employés municipaux tondent environ 60 hectares de terrain par semaine. La partie qui ne sera pas touchée représente environ trois hectares.

«De manière générale, ça ne sera pas trop visible aux yeux du public, mais ça représente une superficie intéressante pour introduire des concepts de biodiversité.»

Des enseignes sont installées sur les sites qui ne seront pas tondus ou qui seront tondus moins souvent.

Le coordonnateur des espaces verts d’Edmundston ajoute que la fréquence de la tonte du gazon varie également d’un endroit à l’autre. Des terrains de soccer par exemple, seront tondus plus souvent que d’autres propriétés municipales.

Outre une réduction des coûts opérationnels, M. Gautreau estime qu’il existe des bienfaits environnementaux à cette pratique, comme la création d’habitats pour les pollinisateurs et les fleurs indigènes, la diminution de la contribution municipale des émissions des gaz à effet de serre, une diminution de la température du sol aux endroits non coupés et de la température locale, ainsi qu’une meilleure rétention de l’eau sur le territoire.

«On va évaluer tout ça dans le temps, alors ça se pourrait que l’on ajoute d’autres terrains au cours des prochaines années.»

Le concept employé à Edmundston n’est pas nouveau. Daniel Gautreau confirme que d’autres villes ont choisi de se tourner vers cette façon de faire.

Le cas de Trois-Rivières

Selon une étude publiée par Christopher Watson, en 2020, alors qu’il était stagiaire postdoctoral en sciences environnementales à l’Université du Québec à Trois-Rivières, il y aurait de nombreux avantages écologiques et économiques à pratiquer des coupes moins intensives dans les pelouses urbaines.

Dans son étude, il note que l’augmentation de la fréquence de la tonte des pelouses a des effets négatifs sur différentes facettes de l’écologie urbaine, car elle affecte la diversité des invertébrés et des plantes et favorise la prolifération d’espèces nuisibles.

De plus, il estime qu’une pelouse plus courte augmente l’abondance d’une variété d’insectes nuisibles et de mauvaises herbes en diminuant la capacité d’enracinement du gazon.

Se penchant sur le cas de la ville de Trois-Rivières, l’analyse de M. Watson a suggéré une réduction des coûts d’entretien d’environ 36% en faisant passer la fréquence de tonte de 15 à 10 fois par an dans les zones très fréquentées, et de trois à une fois par an dans les zones peu fréquentées.

Il a toutefois reconnu que, malgré ces économies potentielles, la volonté des administrations publiques de mettre en œuvre une gestion moins intensive des pelouses dépendra probablement de facteurs locaux tels que l’acceptation sociale, les exigences des utilisateurs de pelouses et les considérations de sécurité publique.

Le responsable des relations publiques pour la Ville de Trois-Rivières, Guillaume Cholette-Janson, confirme que la Municipalité décale, depuis quelques années, la tonte de certains terrains municipaux à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin.

Même si le projet de recherche de Christopher Watson n’est pas la raison pour laquelle la Ville a opté pour cette pratique, les conclusions de l’étude font partie des arguments qui ont amené la municipalité à modifier ses contrats.

«En somme, ce report de la tonte offre des avantages tant environnementaux qu’économiques. Il favorise les insectes pollinisateurs pour qui les pissenlits sont une des rares sources d’énergie en mai. Par ailleurs, le report de tonte printanière permet également à de plus petits entrepreneurs de soumissionner sur les contrats de tonte et de réduire le montant de ses travaux publics.»

 

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Photo : Ce terrain, situé derrière le poste de police d’Edmundston, est l’une des propriétés de la Municipalité où il y aura une réduction de la tonte du gazon. - Acadie Nouvelle: Bobby Therrien

 

 

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  • Date de création 26 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 26 juin, 2025
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