Des panneaux d’arrêt pour promouvoir les langues autochtones

Des panneaux d’arrêt pour promouvoir les langues autochtones

De nouveaux panneaux d’arrêt intégrant les langues autochtones ont été installés à Fort Chipewyan, au nord de l’Alberta. De plus en plus d’initiatives de la sorte sont mises sur pied dans le but de faire la promotion des langues autochtones.
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Karine Lavoie
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

La communauté de Fort Chipewyan en Alberta a récemment modifié ses panneaux d’arrêt en y intégrant des langues autochtones traditionnelles. Ainsi, la nouvelle signalisation présente maintenant la consigne d’arrêt en cri, en déné et en anglais.

Cette initiative, inspirée de celle de la communauté de Fort Smith qui a adopté des changements similaires en 2017, se veut un moyen de garder les langues autochtones bien vivantes. Au cours de la dernière année, d’autres communautés des Territoires du Nord-Ouest ont également emboîté le pas vers de tels changements.

Une initiative qui fera des petits

La communauté de Fort Chipewyan, comprise dans la municipalité de Wood Buffalo, devient la première de la région à utiliser des panneaux multilingues introduisant les langues traditionnelles autochtones pour leur signalisation routière. « Ce projet a été lancé par nos deux conseillers municipaux de Fort Chipewyan et notre équipe de haute direction après un voyage à Fort Smith l’année dernière », indique Greg Bennett, responsable des communications pour la municipalité régionale de Wood Buffalo.

La réaction de la communauté ainsi que de toute la région face à ce projet a été extrêmement positive et il pourrait donc s’étendre dans les collectivités de la municipalité régionale de Wood Buffalo. « Nous avons un comité d’identification communautaire qui présente des recommandations au conseil municipal pour la dénomination des bâtiments, parcs et autres infrastructures municipales », ajoute-t-il.

Une réconciliation avec les peuples autochtones

Cette initiative se veut également un moyen de travailler à la réconciliation avec les Autochtones. « En tant que municipalité, nous sommes déterminés à faire progresser la réconciliation et à bâtir des collectivités plus fortes et plus inclusives dans la région », déclare Don Scott, maire de la communauté.

Selon lui, les langues autochtones se doivent d’être davantage visibles pour en assurer la promotion : « Les appels à l’action pour la vérité et la réconciliation soulignent l’importance de promouvoir, revitaliser et renforcer les langues autochtones et nous sommes impatients de travailler en partenariat avec les communautés autochtones de la région pour voir plus de panneaux installés ».

Dans les Territoires du Nord-Ouest

Diverses initiatives de la sorte ont été mises sur pied dans les TNO au cours des dernières années. La première communauté ténoise à avoir initié un tel projet a été celle de Fort Smith en 2017 où les panneaux d’arrêt peuvent maintenant être lus en quatre langues, soit le français, l’anglais, le cri et le chipewyan.

Du côté de Yellowknife, c’est lors de travaux liés au plan de réconciliation réalisés en 2019 que les dirigeants de la ville ont appris que les habitants aimeraient voir davantage du dialecte Wıı̀lıı̀deh Yatıı̀ présent à travers la signalisation routière.

C’est au terme de ces réflexions que les dirigeants ont décidé d’installer de nouveaux panneaux d’arrêt bilingues, en anglais et en Wıı̀lıı̀deh Yatıı̀, dans le centre-ville. « La municipalité soutient la réconciliation avec les Autochtones et continue de travailler à l’exploration de nouvelles façons de travailler ensemble grâce à des relations respectueuses », indique Alison Harrower, conseillère en communications à la ville de Yellowknife. D’autres initiatives similaires pourraient également voir le jour prochainement dans la capitale ténoise.

Pour sa part, la communauté d’Inuvik a appris à ses dépens que l’exercice de traduction de panneaux multilingues peut s’avérer complexe dans certaines langues. Au début de l’année, le projet qu’avait mené la communauté s’est soldé en un échec en raison d’une traduction que plusieurs membres de la communauté ont considérée comme inexacte alors que le mot « arrêt » avait été traduit par « akwa », qui signifie « non » en Gwich’in. Cette langue nécessitant souvent plusieurs mots pour décrire une action est venue démontrer les défis que peut apporter le domaine de la traduction pour la représentation autochtone.

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Crédit : Municipalité régionale de Wood Buffalo
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La communauté de Fort Chipewyan est la première à utiliser des panneaux multilingues introduisant les langues traditionnelles autochtones pour la signalisation routière.

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  • Date de création 9 décembre, 2020
  • Dernière mise à jour 9 décembre, 2020
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