Des Insulaires satisfaits de leurs relations avec Ottawa

La Voix acadienne - D’après une récente étude, les habitants de l’Île-du-Prince-Édouard se disent contents de la place de leur province dans la fédération canadienne. Au niveau national, le niveau de mécontentement à l’égard d’Ottawa recule. L’élection du nouveau Premier ministre Mark Carney joue pour beaucoup dans ces résultats, disent des experts. 

 

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne 

D’après une récente étude, les habitants de l’Île-du-Prince-Édouard se disent contents de la place de leur province dans la fédération canadienne. Au niveau national, le niveau de mécontentement à l’égard d’Ottawa recule. L’élection du nouveau Premier ministre Mark Carney joue pour beaucoup dans ces résultats, disent des experts. 

Marine Ernoult IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Selon l’indice de ressentiment provincial 2025, publié par le Centre d’excellence sur la fédération canadienne, les Prince-Édouardiens sont tout à fait satisfaits de la place qui leur est accordée dans la fédération.

«Ils estiment qu’ils font leur juste part ni plus ni moins, mais aussi qu’ils reçoivent leur juste part d’influence et le respect qu’ils méritent», détaille le directeur du Centre d’excellence sur la fédération canadienne, Charles Breton. 

Ce sentiment a l’air partagé par une large majorité des habitants de l’île. «Il y a peu de gens aux extrêmes, qui sont très satisfaits ou très mécontents. Il y a un consensus dans la façon dont les gens perçoivent la fédération», confirme Charles Breton. 

Le professeur de sciences politiques à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, Don Desserud, estime que la satisfaction des Insulaires vis-à-vis d’Ottawa tient en grande partie à l’élection du nouveau Premier ministre libéral Mark Carney, «qui paraît déterminé à collaborer avec les provinces et à soutenir leurs projets.»

«Lune de miel» avec Ottawa

«C’est une période de lune de miel, analyse Don Desserud. Lorsque c’était Justin Trudeau, il y avait davantage de tensions entre la province et le fédéral, en raison de besoins de l’île après le passage de l’ouragan Fiona et de l’aide nécessaire pour d’autres projets d’infrastructure.»

Pour le politologue, la perception positive de la place de l’île au sein de la fédération est également liée au «message» que le Premier ministre Rob Lantz envoie aux électeurs : «Le citoyen moyen n’a pas vraiment conscience de l’impact des politiques fédérales sur le bien-être provincial tant qu’on ne le lui fait pas remarquer.»

À cet égard, les gouvernements insulaires se sont toujours efforcés de trouver des moyens de travailler avec Ottawa afin de faire avancer les choses, quel que soit le parti au pouvoir.

«L’Île-du-Prince-Édouard, petite, vulnérable et largement dépendante du gouvernement fédéral pour une grande partie de son budget, sait très bien que se plaindre ne mènera nulle part» appuie Don Desserud. 

À l’échelle nationale, le ressentiment de la population canadienne à l’encontre de la fédération est le plus faible jamais enregistré depuis l’introduction de l’indice en 2022. 

«Ça reste une baisse limitée, d’importants foyers de mécontentement subsistent», nuance Charles Breton.

Le ressentiment est ainsi en hausse à Terre-Neuve-et-Labrador, désormais la province la plus mécontente du pays. 

Un phénomène structurel 

«Les gens à Terre-Neuve ont l’impression d’avoir une culture propre incomprise par le reste du pays, de ne pas être écoutés, indique Charles Breton. Ils veulent participer à la discussion et ne pas être oubliés.»

Les auteurs de l’étude s’attendaient à un plus grand recul de l’insatisfaction, à la suite de l’élection de Mark Carney et à son changement de ton et de politiques pour faire face aux menaces tarifaires du président américainDonald Trump.

«Finalement, les événements à court terme ne semblent pas influencer le niveau de mécontentement qui fluctue peu», observe Charles Breton.

L’expert parle d’une caractéristique structurelle de la fédération, «très ancrée» au sein de la population : «Il ne faut pas s’attendre à ce que cela change, c’est la façon normale dont les gens vivent le pays, dont ils construisent leur identité.»

En revanche, il incite les autorités fédérales à agir afin d’éviter que ce ressentiment «ne se manifeste politiquement de façon négative.»

De son côté, Don Desserud s’interroge sur la longévité de la bonne entente entre les provinces et Ottawa.

«Il y a un esprit de compromis, à cause de la situation avec les États-Unis, mais ça ne durera pas éternellement. Certains grands projets d’infrastructure ne feront pas l’unanimité», anticipe-t-il.    

 

        

PHOTOS :  

1- L’expert Charles Breton note une diminution du mécontentement vis-à-vis de la fédération en Alberta et en Saskatchewan. Dans ces provinces, l’opinion reste cependant polarisée, entre des gens qui sont très contents et d’autres très en colère  (Photo : Gracieuseté)

2- Dans le contexte de guerre commerciale avec les États-Unis, les provinces se disent «nous ne pouvons pas nous battre entre nous, nous devons nous serrer les coudes», affirme Don Desserud.  (Photo : Gracieuseté)

 

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  • Date de création 27 juillet, 2025
  • Dernière mise à jour 27 juillet, 2025
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