Des employés de TFO n’ont toujours pas prêté serment au roi

La majorité des employés du diffuseur franco-ontarien TFO se sont soumis à l’obligation de prêter serment à la Couronne britannique, mais certains résistent toujours, a révélé la PDG sortante de l’entreprise, Michelle Séguin, durant une entrevue avec Le Droit.

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Émilie Gougeon-Pelletier

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

Environ 97 % des fonctionnaires œuvrant au sein de l’entreprise, qui relève du ministère de l’Éducation de l’Ontario, ont accepté de prêter serment au roi Charles III.

À l’été, l’administration de TFO a annoncé à ses employés, y compris les journalistes, qu’ils allaient devoir prononcer leur allégeance à la Couronne pour se conformer à la Loi de 2006 sur la fonction publique de l’Ontario (LFPO), qui oblige les fonctionnaires provinciaux à suivre cette démarche.

«Ces obligations font partie du cadre d’éthique du gouvernement de l’Ontario tel qu’établi par la LFPO et soulignent l’importance d’agir de manière éthique pour préserver la confiance spéciale accordée aux fonctionnaires par les Ontariennes et les Ontariens», pouvait-on lire dans une communication envoyée par les Services juridiques et les Ressources humaines de TFO, que Le Droit avait obtenue.

Sous le couvert de l’anonymat, plusieurs employés de TFO nous avaient confié leur malaise face à cette situation.

Le diffuseur public franco-ontarien avait ensuite décidé d’accorder un délai de quelques jours au personnel avant de les obliger à prêter serment au roi.

Même si certains jugent que les journalistes ne devraient pas avoir à prononcer leur allégeance au roi Charles III, seuls les employés qui s’identifient comme Autochtones et ceux qui ne sont pas citoyens canadiens peuvent être exemptés de cette mesure, en vertu de la Loi.

N’empêche, certains employés qui ne figurent pas parmi ces exemptions résistent toujours.

«On est encore en conversation avec quelques personnes», a fait savoir la PDG sortante, Michelle Séguin.

TFO compte environ 200 employés. Cela voudrait donc dire qu’une demi-douzaine d’entre eux ne se sont pas pliés au règlement.

Michelle Séguin, qui prendra son départ à la retraite à compter du 16 février, a indiqué que son intention n’a jamais été de porter atteinte aux valeurs des employés de TFO.

«Leurs valeurs, c’est leurs valeurs. Je dois les accepter. C’est creux dans une personne, des valeurs. Tu ne peux pas essayer de les convaincre qu’elles ne sont pas réelles», a-t-elle soutenu.

«Oui, ça vient de moi»

TVO, l’homologue anglophone de TFO, fait prêter serment envers la Couronne à ses employés depuis l’adoption de la Loi, il y a près de 20 ans.

Certains membres du personnel de TFO se sont demandé pourquoi la direction du diffuseur franco-ontarien avait attendu aussi longtemps avant de se plier au règlement sur le serment d’allégeance, et qui avait décidé qu’il devait maintenant être respecté.

«Oui, ça vient de moi», a dévoilé Michelle Séguin.

Elle explique que les dirigeants d’agences gouvernementales doivent signer un document, envoyé à la province, qui atteste de leur conformité aux différents règlements.

Il y a deux ans, environ, «je me gratais la tête, me demandant pourquoi on ne faisait pas d’assermentation», raconte-t-elle.

«Dès que j’ai appris qu’on n’était pas en conformité, j’ai été obligée d’indiquer dans le document qu’on avait un plan pour le devenir. Il faut qu’on soit transparents», note la PDG, en poste depuis 2021.

Pourquoi un tel délai?

En 2006, au même moment où le règlement lié au serment d’allégeance à la royauté britannique a été adopté, le gouvernement libéral ontarien annonçait la séparation administrative de TFO et de TVO.

La télévision éducative française de l’Ontario obtenait ainsi son indépendance.

TFO s’est donc dotée de son propre conseil d’administration et d’un budget autonome de celui de TVOntario, demeurant néanmoins sous la responsabilité du ministère de l‘Éducation.

La province avait octroyé une somme de 7,5 millions de dollars à TFO pour former les employés en vue de l’indépendance du réseau anglophone.

«Quand une loi nouvelle [est adoptée], ça peut prendre du temps pour des organisations de mettre en place un processus», avance Michelle Séguin.

Elle dit toutefois n’avoir jamais découvert, même après avoir cherché à comprendre, pourquoi TFO ne s’était pas soumis à ce règlement provincial dès son adoption.

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Photos:

  • Le siège social de TFO, à Toronto. (Émilie Gougeon-Pelletier/Le Droit)
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  • Date de création 18 décembre, 2024
  • Dernière mise à jour 18 décembre, 2024
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