Des cartes pour mieux comprendre les droits humains

Des cartes pour mieux comprendre les droits humains

L’équipe de la chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humains a mis en ligne une série de cartes conceptuelles pour expliquer les droits humains reconnus au niveau international.  Une initiative qui vise à vulgariser des notions juridiques complexes, généralement réservées à des initiés.

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Marine Ernoult

IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

  

«C’est un outil à destination de tout le monde, ça peut aussi bien intéresser les universitaires que la communauté juridique ou les groupes de défense des droits humains», annonce d’emblée Normand Landry.  Le directeur de la chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humains, à Québec, parle des cartes que lui et son équipe viennent de mettre en ligne pour expliquer certains droits fondamentaux consacrés au niveau international.

Pour commencer leur travail, les chercheurs ont choisi d’analyser toutes les dimensions du droit à l’éducation, du droit de prendre part à la vie culturelle, du droit à la protection des intérêts des créateurs, du droit à la vie privée, du droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, du droit à la liberté d’opinion et liberté d’expression, «une capacité concrète pour chacun d’entre nous» selon Norman Landry.  Ils ont aussi vulgarisé le droit de tout citoyen de prendre part à la direction des affaires publiques, de voter et d’être élu, et le droit d’accéder aux fonctions publiques.  «On a l’impression que ces droits humains font l’objet d’un consensus, mais dans les faits, les interprétations divergent grandement, avec un manque d’expertise sur le sujet, affirme Normand Landry.  Ils restent souvent méconnus et incompris».

 

«Tout le monde gagnera à mieux connaître les droits fondamentaux»

Les cartes, disponibles gratuitement sur le site de la chaire, se présentent sous la forme de graphiques.  «Ce sont comme des piles de feuilles que l’on peut descendre, on déconstruit le droit par étage, c’est très visuel et intuitif», rapporte Normand Landry.  Les modèles commencent par détailler la nature du droit, la manière dont il est conçu, abordent ensuite ses limites, avec les restrictions légitimes et illégitimes, puis les obligations des États et des acteurs non étatiques, et enfin les rapports qu’il entretient avec d’autres droits, avant d’évoquer le vocabulaire spécifique à ce droit.

«Le but est d’analyser la robustesse de chaque droit fondamental, de mettre en évidence ses problématiques, les intérêts politiques qui ont influencé sa conception», expose Norman Landry.  Avant d’ajouter : «Tout le monde gagnera à mieux connaître ces droits et les balises mises en place pour les restreindre, car ils sous-tendent tous les grands débats actuels liés à la démocratisation de nos sociétés».  L’universitaire prend l’exemple de la liberté d’expression et évoque plusieurs questions sous-jacentes : comment la concilier avec le respect de la vie privée? Est-il légitime de la limiter et dans quel cadre? Norman Landry ne sait pas encore si d’autres cartes verront le jour.  «Ça va dépendre de la réaction du public et du milieu universitaire», dit-il.

 

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Photos

 

  1. Normand Landry : Normand Landry, directeur de la chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humains, a créé sept cartes conceptuelles pour mieux expliquer des droits humains. (Courtoisie.)
  2. Extrait carte : Un extrait de l’une des sept cartes créées par Normand Landry et son équipe.
  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 25 mai, 2021
  • Dernière mise à jour 25 mai, 2021
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