Des anciens de la Laurentienne créent l’Université libre du Nouvel-Ontario

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

Des professeurs récemment licenciés de l’Université Laurentienne ont décidé de mettre sur pied l’Université libre du Nouvel-Ontario (ULNO), «une fausse université» visant à démontrer l’importance d’une institution postsecondaire gérée «par, pour et avec» les Franco-Ontariens.

Le 12 avril, que l’on connaît maintenant sous le nom du «lundi noir», l’Université Laurentienne annonçait le licenciement d’une centaine de professeurs et l’abolissement de 69 programmes, dont 28 en français. 

Le projet de l’ULNO, mis sur pied par le professeur Serge Miville, qui agira en tant que «vice-recteur à la résistance de l’ULNO», est décrit comme un mouvement de protestation, mais aussi un moyen de démontrer la légitimité et la nécessité d’une université de langue française dans le nord-est de l’Ontario.

L’ULNO se veut un collectif d’intellectuels, de professeurs, d’artistes, d’étudiants et de militants. 

«Étant donné que plusieurs professeurs francophones de la Laurentienne ont perdu leur lien avec une institution qui les rémunère, ces professeurs gardent leur ferveur enseignante, leur vitalité de chercheurs. Ils sont animés par cette vocation, ils veulent perpétuer leur mission en continuant de produire des connaissances et en les transmettant», a attesté celui qui oeuvrera en tant que recteur de l’ULNO, Simon Laflamme. 

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Ce dernier a fait savoir que ce projet intermédiaire a été créé «dans l’attente de quelque chose qui sera plus institutionnalisé, plus associé à un bâtiment, qui sera une vraie université et qui produira des diplômes». 

Les personnes qui assisteront aux cours offerts ne recevront pas de diplôme universitaire, et l’ULNO ne cherche pas à recevoir une accréditation universitaire officielle.

Cours gratuits

Les professeurs licenciés de la Laurentienne offriront gratuitement une série de six cours en ligne, une fois par semaine en soirée, qui seront mis à la disposition des Franco-Ontariens.

Le contenu de ces cours sera dévoilé prochainement, a fait savoir Serge Miville, et il sera possible de s’inscrire via les médias sociaux.

L’un des volets du projet sera celui de la Faculté des arts, au cours duquel seront invités des artistes qui auront carte blanche pour créer des œuvres liées à la culture franco-ontarienne. 

« J’appelle les Franco-Ontariens à rester mobilisés. »

Carol Jolin, président de l’AFO

L’ULNO organisera également le troisième colloque «franco-paroles», un événement d’envergure nationale, où seront tenus des débats.

Les deux premiers colloques au même titre avaient été organisés en 1973 et en 1991. 

Les créateurs de cette initiative souhaitent ainsi sensibiliser la population francophone, la population canadienne et les gouvernements. «On va démontrer avec l’ULNO que nous sommes en mesure de la construire, que nous avons une requête légitime, et que nous sommes tout à fait aptes à le faire», soutient Serge Miville. 

Le président de l’Assemblée de la francophonie ontarienne (AFO) Carol Jolin rappelle que les professeurs francophones de la Laurentienne, qui ont contribué à la construction de cette institution, ont été victimes d’une grande injustice. «J’appelle les Franco-Ontariens à rester mobilisés.»

 

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  • Date de création 4 mai, 2021
  • Dernière mise à jour 5 mai, 2021
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