De l’ombre à la lumière

De l’ombre à la lumière

Malgré une réorganisation de sa programmation causée par les restrictions sanitaires en vigueur, l’édition 2021 du Festival du lever du soleil d’Inuvik s’est bel et bien tenue du 8 au 10 janvier dernier. Ce festival se veut un moyen de célébrer le retour de la lumière dans le delta du Mackenzie après trente jours d’obscurité.
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Karine Lavoie
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

Le 5 décembre à 13 h 48, le soleil se couchait pour la dernière fois à Inuvik. C’est seulement 31 jours plus tard, le 6 janvier 2021, qu’il est ressorti au-dessus de l’horizon – un moment très attendu par les quelque 3000 résidents de cette communauté. Située à 200 km du cercle polaire arctique, la communauté d’Inuvik a l’occasion de vivre la nuit polaire pendant trente jours.

Pour célébrer le retour de la lumière, le Festival du lever du soleil d’Inuvik propose annuellement plusieurs activités ralliant la nourriture et les arts. Malgré la pandémie, l’édition de cette année a tout de même pu avoir lieu, avec quelques modifications à la programmation pour tenir compte des restrictions sanitaires en place dans les TNO.

Un accueil chaleureux pour le soleil

Le Festival se veut un événement rassembleur pour la communauté. Pour Jackie Challis, directrice générale du tourisme et du développement économique de la ville d’Inuvik, il n’était pas question de ne pas célébrer l’événement cette année : « Nous pensons que, cette année plus que jamais, il est important pour nous de célébrer la lumière et tout ce qui est positif, alors que nous entrons en 2021 avec des espoirs et des rêves renouvelés pour des temps meilleurs à venir ».

« En temps normal, nous aurions une grande cérémonie d’ouverture à l’intérieur avec de la nourriture, de la danse, de la musique, des spectacles et on continuerait le festival avec de nombreuses activités comme des concerts, des petits déjeuners aux crêpes, des concours de sculpture sur neige, des ateliers d’artisanat, un village de glace et plus encore », indique-t-elle.

Comme de nombreux autres événements qui se sont déroulés au courant de la dernière année, les organisateurs ont dû apporter des ajustements aux activités en raison de la pandémie. Le nombre d’inscriptions a ainsi été limité et la distanciation physique se devait d’être respectée.

Cette année, en dépit de la situation actuelle, la programmation comprenait les traditionnels feux d’artifice ainsi que des activités artistiques, telles que de la peinture et de la sculpture sur neige. Malgré tout, le retour à la normalité sera le bienvenu : « Nous attendons avec impatience le moment où nous pourrons à nouveau être ensemble en tant que communauté pour danser, chanter et célébrer », ajoute-la directrice.

Cette célébration est appréciée depuis des années par les membres de la communauté, comme l’explique Elizabeth Illasiak, résidente d’Inuvik : « Le Festival signifie le retour de la merveilleuse chaleur, de l’éclat et du bonheur que le soleil apporte après un mois d’obscurité. C’est important pour moi et ma famille, car c’est devenu une tradition bien accueillie d’aller voir les feux d’artifice. C’est une excellente façon de commencer la nouvelle année et ça remplit nos cœurs de joie de pouvoir célébrer le retour du soleil », témoigne-t-elle.

Vivre en accord avec les réalités nordiques

Fondé en 1988 sous l’initiative de l’Association des pompiers volontaires de la ville, cet événement vient mettre en évidence l’une des réalités de la vie nordique, soit celle de devoir s’adapter à un degré de luminosité peu commun.

Pendant cette période de noirceur, les citoyens d’Inuvik doivent tout de même continuer leurs activités quotidiennes. « Il faut s’entourer de gens ou de projets, car vivre sans soleil affecte énormément le moral », explique Lynelle Pedroso, résident d’Inuvik. « Tous les ans autour du mois de décembre, j’apporte un changement important à ma routine pour ne pas être victime de dépression saisonnière, je participe à beaucoup plus d’activités parascolaires et communautaires. »

Pour Jackie Challis, c’est une réalité habituelle du Nord : « Bien que l’obscurité ait certainement un impact sur certaines personnes plus que sur d’autres, je crois aussi que les gens qui vivent ici depuis longtemps savent que cela fait partie de la vie dans l’Arctique ».

En contrepartie, Inuvik se retrouve sous le soleil de 24 heures pendant 56 jours en période estivale. « Ainsi, même si nous pouvons manquer de lumière en hiver, nous l’absorbons tout au long de l’été », ajoute-t-elle.

Le fait de vivre dans la noirceur pendant une longue période impacte également les coûts reliés à l’électricité et au chauffage. À Inuvik, de nombreuses maisons emploient le gaz naturel et le mazout. Les prix sont donc extrêmement élevés : « De nombreux ménages ont fait des ajustements ou des améliorations pour essayer d’atténuer ces coûts énergétiques élevés, mais c’est une des réalités de vivre dans le Nord », conclut Mme Challis.

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Crédit : Ville d’Inuvik
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Le 6 janvier 2021, les résidents d’Inuvik ont vu leur premier lever de soleil après trente jours d’obscurité.

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  • Date de création 12 janvier, 2021
  • Dernière mise à jour 12 janvier, 2021
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