Dans l’arène

Dans l'arène

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

La chevelure du maire de Toronto dépasse les bornes

Il n’est pas à Queen’s Park, mais il est le plus haut dirigeant de la Ville Reine: le maire de Toronto, John Tory. 

Ce dernier tient mordicus à faire connaître son appui envers les petites entreprises locales de sa métropole, dont les salons de coiffure, et à encourager la population à se faire vacciner.

Comment, demandez-vous? Voyez par vous-même.

En Ohio, aux États-Unis, les leaders politiques offrent tous les mercredis durant les cinq prochaines semaines une loterie dont la cagnotte est de 1 million $ pour encourager la population à se faire vacciner. Ici, à Toronto, c’est la coiffure du maire Tory qui pousse les gens à recevoir leur vaccin contre la COVID-19.

«Je vais faire ce qu’il faut pour encourager les gens à se faire vacciner», a-t-il noté sur Twitter. 

«Toronto, allez vous faire vacciner et respectez les mesures de la santé publique pour que cet homme puisse se faire couper les cheveux. Notre fierté civile en dépend. Toronto tient beaucoup à être une ville de classe mondiale. Ce ne sont pas les cheveux d’un maire d’une ville de classe mondiale. Nous devons résoudre ce problème», a humoristiquement scandé un journaliste, cette semaine. 

Souvenirs de dépanneurs 

En chambre cette semaine, les élus étaient nostalgiques. Ils racontaient, tour à tour, leurs souvenirs liés à leurs dépanneurs locaux à l’occasion de l’adoption du Projet de loi 262, la Loi proclamant la Semaine des dépanneurs. 

Le député John Vanthof s’est souvenu de l’employé d’un dépanneur au coin de chez lui, Ami, qui l’aidait à remplir d’essence sa voiture. Ce jour-là, il y avait beaucoup de moustiques, se souvient-il. «J’ai dit quelque chose à propos des moustiques, et il a dit: “Vous, vous n’êtes jamais allé en Inde, n’est-ce pas?” Et nous avons discuté des différences. Je dois avouer, c’était une conversation assez fantastique. Parfois, à Latchford (sa municipalité), il peut faire -40 degrés, et j’ai dit, “Vous n’avez jamais vu ça en Inde, n’est-ce pas?”»

Le député Robert Bailey s’est quant à lui souvenu des premières années de son mariage. «Ma femme dirigeait un magasin Becker lorsque nous nous sommes mariés. Je me souviens du travail aux petites heures du matin, lorsqu’il fallait faire l’inventaire. J’avais l’habitude d’y aller et d’aider un peu - pas beaucoup; j’étais toujours dans le chemin, me disait-elle.»

Le président perd patience

Après à peine quelques interruptions durant la période de questions à Queen’s Park, cette semaine, le président Ted Arnott a demandé d’arrêter l’horloge et a sermonné les élus du côté gouvernemental avec un ton ferme. «Ça ne se passera pas comme cela ce matin. Si ça continue, je vous appellerai par votre nom, et si nécessaire, je vous préviendrai et je vous renverrai chez vous. Vous pouvez démarrer l’horloge.»

Or, quelques secondes plus tard, voilà que s’élèvent des interruptions, mais du côté de l’opposition. 

«Je viens de gronder un côté de la chambre. La même chose s’applique de l’autre côté de la chambre», s’est exclamé le président Arnott. 

Le bilinguisme à son état pur

La semaine dernière, le député Guy Bourgouin a fait usage de franglais pour répondre à une question à propos d’un projet de loi visant à améliorer les perspectives dans les métiers spécialisés. Voici ce qu’il avait à dire: 

«Merci à la députée pour la question. C’est sûr que j’ai des “concernes”. On n’a rien qu’à regarder le langage dans le projet de loi: des mots comme — words like “may,” not words like “will.” I think my colleague from Niagara Falls said it best: This is wishy-washy language.

When I used to negotiate, I used to tell the employers, “Tu me donnes un cheval mort”— you gave me a dead horse. But what my colleague from Sudbury says is, “You gave me a plastic carrot”—tu me donnes une carotte en plastique. Monsieur le président, du plastique, ça ne se mange pas. C’est du langage de même qui fait peur, ou qu’il y a des craintes.

Oui, c’est certain qu’on est concernés. Puis, on questionne le gouvernement quand ça vient à des points comme ça, parce que la transparence n’est pas là, le langage n’est pas là. Quand tu mets du langage comme may —you should be putting “will.” It’s a lot more stronger and will make a huge difference in the bill. Sur ce, madame, je pense que j’ai répondu à ta question.»

  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 22 mai, 2021
  • Dernière mise à jour 21 mai, 2021
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