Dans la cour des petits et des plus grands à Terre-Neuve-et-Labrador

Dans le budget présenté le 19 avril par le gouvernement canadien, certaines mesures vont toucher directement les plus jeunes. Que ce soit par les 82 millions de dollars destinés au développement d’espaces éducatifs en milieu linguistique minoritaire ou pour la création d’un programme pancanadien de garderies. Réactions du milieu.

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André Magny

IJL – Réseau.Presse – Le Gaboteur

À la Fédération des parents francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FPFTNL), la directrice générale Martine Fillion trouve que «c’est une bonne nouvelle pour les parents», ce projet canadien de garderies, inspiré par celui du Québec. Elle espère évidemment que le gouvernement terre-neuvien va se prévaloir de cette offre.

Pour Katleen Robert, mère de deux enfants – bientôt trois! – dont la plus vieille de ses filles est à la garderie du Centre de la petite enfance et famille Les p’tits cerfs-volants de St. John’s, l’aide du fédéral permettrait de faire passer les frais de garderie de 25 à 10$ par jour. Le projet fédéral permettra peut-être aussi d’accroître le nombre de places disponibles en garderie. «Il n'y en a que quatre pour les enfants de 2 ans au CPEF Les p'tits cerfs-volants», constate Mme Robert. Sa cadette est d’ailleurs sur une liste d’attente.

Pression sur le gouvernement

D’après la directrice de la FPFTNL, l’âge de deux ans est un moment crucial quand on veut retenir les petits dans le système francophone. «Sinon, ils vont passer chez les anglophones.»

Il faut aussi du personnel qualifié. La FPFTNL n’a pas attendu l’annonce du budget pour mettre en place une formation continue d’une quarantaine d’heures pour celles et ceux qui travaillent avec la petite enfance. En collaboration avec l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), la formation sera offerte aux employés de la Fédération.

La directrice compte bien mettre de la pression sur le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador afin qu’il aille chercher l’argent proposé par Ottawa. Cependant, la Saguenéenne d’origine tient à préciser que le gouvernement libéral d’Andrew Furey porte une oreille attentive aux demandes de sa Fédération. «Nos rencontres durent souvent une heure et même plus. Nous, on veut travailler avec lui et trouver des solutions pour rentabiliser chaque dollar investi.»

Du côté du Conseil scolaire francophone provincial

En ce qui concerne les quelque 82 millions de dollars prévus dans le budget pour la construction et la rénovation d’espaces éducatifs et communautaires liés aux communautés en situation linguistique minoritaire, c’est une annonce qui touche directement le CSFP. «On a plusieurs défis et enjeux en milieu minoritaire», précise sa directrice générale, Kim Christianson, en faisant notamment allusion au projet d’agrandissement de l’École Boréale à Happy Valley-Goose Bay. Il s’agit d’un projet de 12 millions de dollars pour la construction d’un gymnase et d’une cour d’école. «Nous avons déjà déposé un projet d’agrandissement à la province», mentionne Mme Christianson.

L’autre grand projet piloté par le Conseil scolaire concerne la construction d’une nouvelle école de quelque 500 places. Celle-ci, prévue pour des élèves de la maternelle à la 12e année, devrait voir le jour dans le secteur en développement de Galway, dans la grande périphérie de St. John’s. Parfois critiqué en raison de l’emplacement dont les terrains coûteraient plus cher, le projet, rappelle Mme Christianson, s’accompagne aussi de la construction d’un centre communautaire, qui devrait servir à certains organismes francophones, sans toutefois préciser lesquels. «On a l’appui du maire de St. John’s, qui a manifesté son intention de construire aussi un aréna près de la nouvelle école», précise la directrice.

«Ce n’est pas un projet irréaliste», assure la responsable, qui mentionne que les anglophones ont beaucoup plus de ressources et qu’ils construisent des écoles bien plus grandes, et qui sont loin d’être remplies au maximum selon elle. Tenant fermement à ce projet, Kim Christianson est catégorique: «Les francophones progressent. Une école de 510 élèves, c’est vraiment raisonnable. On ne va pas changer d’idée.»

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 Photos

Photo 1

Titre : photo de Martine Fillion, dg de la FPFTNL

Légende : Martine Fillion, la directrice générale de la FPFTNL, croit qu’il est temps que les garderies francophones soient ouvertes à temps plein pour les petits francophones de Terre-Neuve-Labrador et non plus seulement à temps partiel.

Crédit : Amélie Barsalou- FPFTNL

 

Photo 2

Titre : photo de Kim Christianson dg CSFTNL

Légende : La directrice générale du CSFP, Kim Christianson, souhaite aller de l'avant avec notamment la construction d'une nouvelle école à Galway pouvant accueillir 510 élèves de la maternelle à la 12e année.

Crédit : courtoisie Conseil scolaire francophone provincial

  • Nombre de fichiers 4
  • Date de création 3 mai, 2021
  • Dernière mise à jour 3 mai, 2021
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