COVID-19: encore des problèmes de traduction en Ontario

COVID-19: encore des problèmes de traduction en Ontario

ÉMILIE PELLETIER

Initiative de journalisme local — Le Droit

L’arrivée du nouvel an n’a visiblement pas marqué la venue d’un vent de changement en ce qui concerne la traduction en français des informations sur la COVID-19 distribuées par le gouvernement Ford. De nombreux documents comportant des informations essentielles sur la pandémie ont été partagés uniquement en anglais depuis le début de l’année 2021. 

Au cours de la semaine, des communiqués de presse et les détails sur la déclaration d’urgence et l’ordonnance de rester à la maison du gouvernement Ford, un document de 28 pages, n’ont été diffusés qu’en anglais. 

Les communiqués de presse en français ont été rendus disponibles plus de deux heures après la conférence de presse du premier ministre à ce sujet. 

Un peu plus tôt, le 7 janvier, le ministre de l’Éducation a fait une déclaration pour informer la population de la fermeture des écoles dans le sud de la province, et au moment de l’annonce, le communiqué de presse n’était disponible qu’en anglais. 

Rencontre demandée

Le député néo-démocrate Guy Bourgouin, responsable du ministère fantôme des Affaires francophones de son parti, a envoyé une lettre à la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney, jeudi, pour dénoncer ces problèmes de traduction et demander une rencontre. 

«Étant donné l’ampleur de ces mesures d’urgence, c’est inacceptable que le ministère de l’Éducation, le bureau du Cabinet et le bureau du Premier ministre ne soient pas capables d’offrir ces informations de façon simultanée et équivalente en anglais et en français,» a-t-il écrit. 

«C’est peut-être quelque chose qui a l’air relativement banal lors de cette pandémie de la COVID-19, mais on ne peut pas informer les 744 000 francophones et francophiles quelques heures plus tard que le reste de la population, ajoute-t-il. Comme j’ai souligné dans ma lettre du 6 avril 2020, le ministère des Affaires francophones doit garantir que l’information d’intérêt publique soit non seulement offerte de façon active mais également de façon équivalente.»

La ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney

ARCHIVES, LE DROIT

«On fait de notre mieux»

Au bureau de la ministre des Affaires francophones, une porte-parole a fait savoir au Droit que beaucoup de travail est fait pour s’assurer que ce genre de situation n’arrive pas. « On fait de notre mieux pour ne pas qu’il y ait de délais, mais malheureusement, ces temps-ci, il y en a eu. [...] Quand ces problèmes sont survenus, la ministre l’a rapidement remarqué et a même parlé aux ministres pour assurer qu’à l’avenir, on évite ce genre de situations-là. »

Pour expliquer ces problèmes, le gouvernement Ford indique qu’il a toujours l’intention de publier les informations dans les deux langues et en même temps, mais que les documents sont préparés en anglais d’abord, que plusieurs changements sont souvent apportés, et que la traduction n’est pas toujours prête au moment de les dévoiler. 

Une rencontre entre le député Bourgouin et la ministre Mulroney reste à confirmer, a affirmé la porte-parole du ministère des Affaires francophones de l’Ontario.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel manque entourant les informations sur la COVID-19 publiées en français survient en Ontario. 

À LIRE AUSSI: L’Ontario critiquée pour l’unilinguisme des points de presse sur la COVID-19 et Le plan pour la deuxième vague du gouvernement Ford publié seulement en anglais

Problème systémique

La diffusion des informations uniquement en anglais et les délais dans la publication des informations en français sont «absolument» le résultat d’un problème systémique, juge le directeur général du Centre de santé communautaire de l’Estrie (CSCE), Marc Bisson, qui note avoir remarqué un relâchement depuis le début de l’année 2021. 

«On l’a vécu ici [dans l’Est ontarien], en mars 2020, lorsque certains de nos clients plus âgés francophones écoutaient les conférences de presse de François Legault pour avoir les informations pour savoir quoi faire en cas de COVID-19. Mais les informations ne sont pas les mêmes en Ontario et au Québec.»

Marc Bisson, qui lui aussi doit pouvoir partager l’information à la clientèle et au personnel de son organisme de santé, souligne que ce n’est pas parce que le premier ministre Doug Ford prononce une phrase en français pour demander à la population de «rester à la maison» que les Franco-Ontariens ont reçu toute l’information nécessaire. 

«Ça ferait quoi d’attendre une demi-heure, le temps d’avoir les documents en français, avant de les publier? Je comprends que c’est urgent, mais est-ce que ça démontre que les francophones sont des citoyens de seconde classe? La question est pertinente.»

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  • Date de création 14 janvier, 2021
  • Dernière mise à jour 14 janvier, 2021
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