Couverture cellulaire, érosion côtière et protection des élus au coeur du 35e congrès de l’AFMNB

À moins de 24 heures des prochaines élections provinciales, l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick a tenu son congrès annuel. Divers ateliers et assemblées ont permis de mettre en relief les priorités et préoccupations de l’organisme au cours de la dernière année.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl

Lors de l’Assemblée générale annuelle qui a eu lieu dimanche, à Edmundston, le président de l’AFMNB, Yvon Godin, a traité de ces enjeux sur lequel travaille l’association.

Outre les défis habituels en lien avec le manque de logement, la réforme fiscale et l’immigration francophone, M. Godin a mentionné que la problématique entourant le harcèlement et l’intimidation à l’endroit des élus municipaux a particulièrement attiré l’attention des membres.

«On a promis que l’on en discuterait et ça a mené à une proposition au conseil d’administration pour continuer à avancer dans ce dossier-là.»

Le maire de Bois-Joli, Mario Pelletier, a d’ailleurs proposé une résolution – qui a été amendée par le maire de Campbellton, Jean-Guy Levesque – visant à demander au gouvernement provincial de mettre en place des mesures législatives pour mieux protéger les élus, leurs proches et leurs employés municipaux.

On a aussi demandé le développement d’une campagne de sensibilisation afin d’engendrer un changement sociétal par rapport à ce problème.

«Il ne faut pas faire croire aux gens que nous sommes dans un problème incroyable et que ça fonctionne mal partout, mais l’Association francophone des municipalités n’a jamais été là pour donner des ordres. Nous sommes là pour conseiller et le meilleur conseil que l’on peut donner est, lorsque ça va trop loin, d’aller chercher du soutien juridique», a indiqué M. Godin.

«Il faut éviter d’attendre que la situation s’envenime et essayer de régler les problèmes aussitôt qu’ils se produisent.»

Les dossiers de la couverture cellulaire et de l’érosion côtière ont également retenu l’attention lors de ce congrès. Yvon Godin prévoit des rencontres avec des intervenants provinciaux et fédéraux afin de discuter de ces enjeux et de faire avancer ces dossiers.

«Déjà pour l’érosion côtière, on a eu des promesses pour aider les municipalités à mettre en place des programmes pour les aider. Sans qu’il y ait eu nécessairement des résolutions sur ces dossiers-là, il faut que l’association continue à avancer pour soutenir les municipalités qui se trouvent dans cette problématique.»

«Pour le réseau cellulaire, le gouvernement précédent nous a dit qu’il allait nous annoncer une solution possible, mais ça date de trois mois. Là, on est en période électorale. Je crois que le dossier sera résolu éventuellement, mais on ne veut pas que ça prenne des années.»

Évidemment, le congrès annuel de l’AFMNB s’est tenu la veille d’une élection provinciale qui pourrait venir changer le portrait politique au Nouveau-Brunswick. Interrogé à savoir si le résultat de la prochaine élection allait être déterminant pour certains dossiers de l’organisme, Yvon Godin a répondu que l’objectif de l’AFMNB était de travailler avec le gouvernement qui sera élu le 21 octobre.

«Peu importe que ce soit les conservateurs, les libéraux ou les verts qui entrent au pouvoir. Chez les conservateurs, peu importe le résultat, il va y avoir un changement de garde et de députés et il faudra apprendre à travailler avec eux.»

«Si le Parti libéral entre au pouvoir, il faudra s’asseoir avec eux et nous assurer qu’ils comprennent bien les dossiers. Même s’ils ont été dans l’opposition pendant des années, ils ne sont pas à la fine pointe de ce qui a été discuté au cours des dernières années. C’est la même chose pour le Parti vert.»

L’affichage en français au cœur d’un débat

L’assemblée annuelle a donné lieu à une série de résolutions touchant à différents aspects de la gouvernance locale. Si la plupart d’entre elles ont été approuvées sans histoire, l’une des résolutions concernant l’affichage en français, proposée par la conseillère de la ville de Caraquet, Louise Blanchard, a mené à une plus longue discussion parmi les élus présents.

Cette résolution avait comme objectif d’inviter l’AFMNB à encourager les municipalités francophones du Nouveau-Brunswick à prioriser l’affichage à prédominance française dans leurs communautés et à adopter des politiques linguistiques visant à promouvoir et valoriser la langue française dans les espaces publics et commerciaux.

Alors que cette priorité accordée à l’affichage en français a été appuyée par certains membres, comme le maire de Memramcook, Maxime Bourgeois, d’autres, comme le maire de Campbellton, Jean-Guy Levesque, n’ont pas été convaincus.

«On a un minimum que l’on veut accepter, car on veut avoir une communauté qui soit bilingue dans tous les sens du mot. C’est pour ça que quand on parle de prédominance (du français) dans l’affichage, à Campbellton, ce n’est pas comme ça que l’on voit les choses. On laisse le français prendre sa place, mais il n’y a aucune prédominance d’une langue sur l’autre», a expliqué M. Levesque.

Le maire de Bois-Joli, Mario Pelletier, et le conseiller de Beaurivage, Roger Doiron, ont même voulu pousser la réflexion plus loin en proposant que les membres de l’association définissent ce qu’est une communauté francophone.

Yvon Godin doute qu’une telle définition soit rédigée un jour.

«On n’y arrivera pas parce qu’il y a trop de différences. On pourrait peut-être identifier de grands enjeux et de grands termes, mais ce serait un dossier qui se déroulerait sur un an et pour lequel il faudrait mettre des comités en place pour essayer de s’entendre. Il faudrait soumettre tout ça aux autres associations francophones et au gouvernement, ce qui serait assez particulier.»

La résolution a finalement été abandonnée pour le moment, à la demande du maire de Belle-Baie, Daniel Guitard.

«On pourrait la mettre sur les tablettes jusqu’à ce que les municipalités aient l’occasion d’en discuter chez elles.»

Il croit toutefois que le fait que les municipalités s’affichent comme étant bilingues renferme un effet pervers, dans le sens où cette situation ne force pas les firmes avec lesquelles travaillent ces municipalités à embaucher des francophones.

«Ils savent que nous sommes bilingues et que nous allons accepter leurs rapports en anglais. Cependant, ce ne sont pas toutes les municipalités qui peuvent partir de bilingue aujourd’hui et s’en aller à francophone.»

Le président de l’AFMNB s’est d’ailleurs dit heureux que cette résolution ait été mise sur la glace, lui qui dit comprendre la réaction de certains élus envers la prédominance du français dans l’affichage.

«Pour une région comme la Péninsule acadienne, avoir une prédominance du français ce n’est pas un problème, mais dans une municipalité comme Bathurst ou Campbellton, c’est plus difficile. Si on peut avoir une présence francophone partout, ce serait déjà l’idéal.»

«On a des sous qui viennent de la province, via le fédéral, pour aider les commerces à s’afficher en français. On encourage donc les gens à s’informer.»

 

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Photo : Le 35e congrès annuel de l'AFMNB a eu lieu, le week-end dernier, à Edmundston. - Acadie Nouvelle: Bobby Therrien

 

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  • Date de création 22 octobre, 2024
  • Dernière mise à jour 22 octobre, 2024
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