Construire la société de demain

Après plusieurs évènements à caractère raciste au Collège Louis-Riel, la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) a créé de nouvelles initiatives pour favoriser la lutte contre ce fléau.

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Ophélie Doireau

IJL – Réseau.Presse – La Liberté

Dans ses initiatives, la DSFM prévoit, entre autres, la restructuration d’un poste de coordonnateur sur l’équité, l’inclusion, l’antiracisme, l’accessibilité et la diversité ; la mise en place de groupes de discussion pour les élèves de chaque école secondaire, la mise en place de groupes de travail avec les acteurs de la communauté scolaire. C’est un véritable plan d’actions que la DSFM souhaite mettre en place.

Bathélemy Bolivar, coordonnateur à la programmation à la DSFM, l’assure. « Ces initiatives-là font partie d’une question de justice sociale. Il ne faut pas se leurrer le racisme existe, les actes racistes existent dans notre société et nos écoles ne sont pas exemptes de ce problème.

« On parle de racisme systémique. C’est au travers du système qu’il faut combattre le racisme et pour le combattre, il faut de la formation pour nos jeunes et pour ceux qui œuvrent en éducation. On peut faire une différence pour aider nos jeunes à cheminer. »

Ramatoulaye Cherif, présidente de Parents contre le racisme, abonde dans son sens. « C’est un grand pas vers l’éradication du racisme dans le système scolaire. Se doter d’un plan pareil, c’est une belle avancée. « Il ne faut pas attendre un incident majeur comme la prononciation du mot en N au Collège Louis-Riel ou encore le décès de George Floyd, pour prendre des actions. En fait dans la vie de tous les jours, des systèmes devraient exister pour contrer le racisme. »

C’est dans cette optique d’avoir un système prêt pour de potentiels incidents que la DSFM a préparé son plan comme le souligne Bathélemy Bolivar. « On veut être en mode proactif, c’est-à-dire agir et ne surtout pas attendre qu’il y ait des incidents et c’est pour ça que certaines actions doivent être mises en place en amont.

« Si on veut adresser le problème, il faut dresser un portrait réel de la situation même si on ne sait pas tout. On évalue le pire qui pourrait arriver parce que si on néglige de travailler fort sur quelque chose, cette chose-là va émerger par elle-même parce qu’elle est là.

« Le racisme, c’est une attitude. Il y a des mesures qui existent comme le nombre d’incidents qui arrivent et leur fréquence, en tenant compte de sondages anonymes, est-ce que les gens se sentent en sécurité dans nos écoles? Et à partir de ces données et statistiques, on va pouvoir évaluer si les mesures sont efficaces On doit créer une culture de l’antiracisme, et pour ce faire, il faut passer par une construction organisationnelle. »

Bathélemy Bolivar rappelle l’importance de favoriser des espaces de discussions inclusifs. « Dans les groupes de travail et de discussion, il faudra évidemment la présence de tout le monde : Noirs, Blancs, Autochtones, etc. Si on laisse de côté les potentiels alliés ou les potentielles victimes, on va manquer quelque chose dans nos solutions pour contrer le racisme. Les personnes qui peuvent être victimes de racisme ont une narrative de résilience, il est possible qu’ils aient vécu du racisme, c’est important de comprendre leur réalité. »

Bien que Ramatoulaye Cherif se réjouisse des initiatives pris à la DSFM, la culture de la lutte contre le racisme doit se poursuivre en dehors des écoles. « Ces initiatives doivent être complémentaires avec d’autres initiatives à l’extérieur de l’école. Tout le système doit participer à cette lutte contre le racisme. Ça commence avec l’école, mais ça ne doit pas s’arrêter là. Les parents doivent se former aussi sur la question des micro-agressions. »

 

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Photos : 

photo : Marta Guerrero. Bathélemy Bolivar.

photo : Archives La Liberté. Ramatoulaye Cherif.

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  • Date de création 1 avril, 2022
  • Dernière mise à jour 1 avril, 2022
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