Conservation: l’Ontario obtient un F

L'Ontario vient peut-être au premier rang en termes de production agricole au pays, la province arrive bon dernier au classement national en matière de conservation des milieux terrestres et marins. C’est du moins la note que lui attribue la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) dans son bulletin de notes sur les progrès réalisés pour protéger les milieux terrestres et les océans au Canada intitulé En route vers 2030.

 

Jean-Marc Dufresne

IJL – Réseau.Presse – Agricom

Le document publié il y a quelques jours indique que le Québec, les Territoires du Nord-Ouest et la Nouvelle-Écosse forment, avec le gouvernement fédéral, “le groupe des leaders” en matière de protection des terres et des océans. En fin de classement, les cancres sont les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, l’Alberta, la Saskatchewan… et l’Ontario.

Ontario F (ÉCHEC) 

Le bulletin de note de l’Ontario n’a rien d’enviable, si l’on en croit le commentaire en marge: « Doit changer d’attitude. Nous suggérons fortement des cours d’été pour aider l’Ontario à bien comprendre les bases. Les principaux devoirs d’été devraient comprendre des leçons intensives sur la protection de l’habitat et sur la réconciliation. »

En détail, l’étude indique que le gouvernement de l’Ontario continue de faire preuve d’une ambition limitée en matière de conservation de la nature, protégeant seulement 10,9% (117 129 km2) de son territoire, tout en mettant en œuvre un programme de développement qui met en péril l’eau, les espèces sauvages, le climat et la santé des communautés. Bien qu’il ait accepté d’appuyer les engagements du Canada en matière de biodiversité, il accorde la priorité au développement industriel et commercial plutôt qu’à la protection de l’environnement.

Par ailleurs, le bulletin indique que le gouvernement provincial reste silencieux quant au soutien des initiatives de conservation menées par les Peuples autochtones en Ontario et continue de donner la priorité à la progression d’activités industrielles comme l’exploitation forestière, l’exploitation minière et le développement routier plutôt qu’à la santé des écosystèmes. Par conséquent, des habitats d’espèces en voie de disparition et d’importantes zones humides sont sacrifiés à un rythme sans précédent.

Enfin, le document allègue que malgré quelques progrès mineurs dans la protection des terres, y compris la prise de mesures pour réglementer les zones désignées pour la protection il y a deux décennies (sites du patrimoine vivant), la note de l’Ontario demeure F en raison de l’appui du gouvernement provincial aux activités environnementales néfastes.

Pas de surprise

« Ce n’est pas une surprise pour nous, qui lobbyons le gouvernement ontarien depuis longtemps pour qu’il atteigne l’objectif du 30 par 30* », indique le directeur des politiques et des campagnes de conservation d’Ontario Nature, Tony Morris. « Le gouvernement Ford croit que le développement des affaires est incompatible avec la protection de l’environnement, mais c’est faux, comme on le voit au Québec et en Colombie-Britannique. »

Selon lui, 80% des Ontariens sont d’accord pour qu’on augmente le nombre de terres protégées. « Le développement minier dans le Nord se fait sans respect pour les Premières Nations, qui doivent prendre des recours légaux pour protéger leurs droits. Il existe une stratégie en Ontario pour protéger l’environnement; il n’y a juste pas de volonté de la part des ministères pour l’appliquer », dit-il.

Recommandations

Pour protéger la nature, restaurer les écosystèmes dégradés et soutenir la conservation menée par les Peuples autochtones, la SNAP recommande que le gouvernement de l’Ontario s’engage à protéger 30% des terres et des eaux de l’Ontario d’ici 2030 et à restaurer 30% de tous les écosystèmes dégradés.

L’organisme souhaite également que l'Ontario freine l’exploitation forestière dans tout le parc Algonquin, élargissant ainsi la portion protégée. Il demande aussi à ce que soit créé un réseau connecté de terres protégées dans le centre de l’Ontario, le Grand Fer à cheval doré et le sud-ouest de l’Ontario, notamment en appuyant l’expansion par le gouvernement fédéral du parc urbain national de la Rouge; en offrant des terres provinciales pour contribuer à un nouveau parc urbain national à Windsor; en appuyant la création d’un nouveau parc urbain national à Guelph; et en créant potentiellement un parc urbain national pour la ceinture verte d’Ottawa.

*30 par 30: protéger 30% du territoire d'ici 2030.

-30 –

Légende photo 1 : Le gouvernement ontarien est critiqué pour son manque d'engagement dans la protection des écosystèmes fragiles.

Légende photo 2 : Tony Morris croit que le gouvernement ontarien a en main les outils pour atteindre l'objectif de protéger 30% de son territoire d'ici 2030.

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  • Date de création 2 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 23 avril, 2025
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