Commerce interprovincial: le N.-B. s’entend avec l’Ontario
Le N.-B. et la N.-É. ont signé des protocoles d’entente avec l’Ontario pour faciliter l’échange de produits et de travailleurs. La première ministre Susan Holt anticipe des effets positifs sur l’économie, mais n’écarte pas la possibilité d’effets néfastes pour certaines entreprises.
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Alex Boudreau
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl
Le gouvernement Holt a déjà déposé des projets de loi, le mois dernier, pour faciliter l’arrivée et l’entrée en poste des travailleurs provenant d’autres provinces, et pour faciliter l’achat et le transfert d’alcool vers le Nouveau-Brunswick. Ils devraient être adoptés en juin.
Mais ce genre de mesures de libre-échange nécessite une collaboration dans les deux sens. C’est maintenant chose faite, puisque le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford a déposé un projet de loi semblable, et le N.-B. et l’Ontario ont signé un protocole d’entente pour s’engager à réduire les barrières au commerce interprovincial. La Nouvelle-Écosse a également signé une entente identique avec l’Ontario.
Outre la mobilité des travailleurs et la vente d’alcool, l’Ontario a promis d’éliminer toutes ses 23 exceptions à l’Accord de libre échange canadien, qui empêchent certaines activités commerciales en Ontario. L’une d’entre elles permet par exemple à l’Ontario de limiter le nombre de permis de récolte de bois sur les terres de la Couronne.
De son côté, même si la province du N.-B. a enlevé près d’une dizaine d’exemptions, elle en conserve quelques-unes, selon la première ministre Susan Holt.
«On continue le travail d’éliminer nos exemptions. Mais celles qu’on veut retenir, ce sont nos sociétés de la Couronne, comme Alcool NB, Énergie NB, Cannabis NB et la Loto Atlantique», dit-elle en ajoutant qu’il est nécessaire que ces sociétés gardent le «monopole» dans la province.
Susan Holt dit qu’en raison de l’entente avec l’Ontario, il y a des opportunités «claires» pour les entreprises de transport du Nouveau-Brunswick, qui sont un secteur important, selon elle.
«En ce moment, elles doivent changer de conducteurs, de véhicules quand elles passent la frontière. Ça coûte du temps et de l’argent, ça signifie qu’il faut plus de personnel et de temps.»
Selon Mme Holt, certains produits du N.-B. doivent être inspectés au N.-B. puis inspectés à nouveau dans une autre province avant d’y être vendus, en plus d’ajouter une étiquette. Ces obligations devraient être enlevées en Ontario, ce qui réduirait le coût pour les entreprises du N.-B., selon Mme Holt.
Tim Houston, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, et Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, ont répété à plusieurs reprises l’exemple d’une pizza surgelée fabriquée en N.-É. qui ne peut apparemment pas être vendue en Ontario en ce moment.
«C’est ridicule. Et c’est le moment, il faut éviscérer toutes ces exceptions», a dit Tim Houston.
Et le Québec?
Susan Holt espère que les premiers ministres n’auront pas de difficultés à convaincre le Québec d’adopter des règles semblables.
«J’ai vu une ouverture du premier ministre François Legault de travailler avec nous et d’ouvrir les portes et les frontières entre nos deux provinces, mais certainement il y a des barrières qui existent aujourd’hui.
Ces barrières concernent la main-d’oeuvre et la vente d’alcool ainsi que d’autres produits et services, selon elle.
«Le marché de services entre le Nouveau-Brunswick et le Québec n’est pas équilibré, alors j’ai vraiment hâte de m’asseoir avec le premier ministre Legault et d’en parler.»
«Une petite crainte»
En réponse à des questions de journalistes, Susan Holt a admis qu’elle a «une petite» crainte face à la possibilité que des entreprises du N.-B. soient affectées négativement par l’élimination de ces barrières commerciales, et qu’il est «possible» que certaines entreprises Néo-Brunswickoises ressentent des effets néfastes.
En principe, cea changements permettraient à certaines entreprises de l’Ontario de faire compétition avec des entreprises du N.-B. alors qu’elles ne le pouvaient pas avant. Mais Susan Holt dit qu’il y a déjà peu de barrières commerciales entre le N.-B. et l’Ontario, sauf pour certains secteurs spécifiques comme le transport de marchandises.
Elle affirme aussi qu’en général, cette entente ouvre la porte pour certaines entreprises du N.-B. à un très grand marché de plusieurs millions de consommateurs en Ontario.
«Pour nous, le fait d’avoir accès à un marché de plusieurs millions de personnes, c’est une grande opportunité. Pour l’Ontario, ils nous voient comme une province de 880 000 personnes. Je pense vraiment que la balance est à notre avantage, avec les opportunités d’agrandir nos clients, nos marchés avec l’Ontario.»
Selon elles, les entreprises du N.-B. sont «prêtes à compétitionner» avec celles de l’Ontario, et le gouvernement provincial demeure prêt à venir en aide aux entreprises du N.-B.
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Photo : Susan Holt - Archives
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- Date de création 21 avril, 2025
- Dernière mise à jour 21 avril, 2025