Chirurgies au privé: manifestation symbolique à Montfort
Le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO) et la Coalition ontarienne de la santé (COS), en pleine tournée provinciale du cheval de Troie, se sont arrêtés à l’hôpital Montfort, jeudi, pour demander au gouvernement Doug Ford de mettre fin à la privatisation des chirurgies dans la province.
Chantallya Louis, IJL - Réseau.Presse - Le Droit
En mai 2023, le gouvernement progressiste-conservateur avait fait adopter le projet de loi 60 pour permettre aux cliniques privées d’effectuer plus de chirurgies couvertes par le régime d’assurance-santé de l’Ontario (RASO), afin de réduire les arriérés chirurgicaux de la province.
Toutefois, cette décision a semé son lot de controverse dans le système de santé.
Accompagnés par le cheval de Troie qui fait plusieurs mètres de hauts, le CSHO et la COS ont été accueillis sous des applaudissements par plusieurs dizaines de personnes du personnel de la santé de l’hôpital Montfort présent devant le drapeau franco-ontarien.
«[Le cheval de Troie] représente la ruse du gouvernement, il nous présente ça comme un cadeau», lance la vice-présidente francophone du CSHO, Suzanne Pinel-Asselin.
Mieux vaut investir dans le public
Selon une étude de la CBC, citée par Mme Pinel-Asselin, le gouvernement Ford accorde aux cliniques privées plus de fonds pour effectuer certaines chirurgies couvertes par le RASO qu’il n’en accorde aux hôpitaux publics de l’Ontario pour effectuer les mêmes opérations.
«Les cliniques privées sont très coûteuses et les sommes à payer au secteur privé sont beaucoup plus hautes que les sommes au secteur publiques pour les services identiques, lance Mme Pinel-Asselin devant une foule de plusieurs dizaines de personnes du personnel de la santé.
De plus, selon la présidente du local 4721 du syndicat canadien de la fonction publique, Jennifer Carrière, le temps d’attente dans les hôpitaux est de plus en plus élevé en raison des chirurgies privées effectuées dans ces établissements publics.
«Et ça doit arrêter, s’indigne-t-elle. L’argent doit être alloué à des ressources pour le public, notamment les hôpitaux d’ici».
Par ailleurs, la vice-présidente francophone du CSHO soutient que ces chirurgies privées effectuées dans les hôpitaux profitent du temps de travail des infirmiers et des infirmières ainsi que des proposés qui sont déjà au bord de l’épuisement.
«La structure de nos soins de santé publique va tolérer l’épuisement du personnel et toutes autres ressources du soin de santé publique, lance-t-elle. C’est ce qui se passe déjà dans les villes comme Ottawa».
«Si le gouvernement investissait l’argent qu’il a investi dans les cliniques privées, on pourrait ajouter des lits ou pourvoir les postes vacants», ajoute-t-elle.
Le CSHO et la Coalition ontarienne de la santé ont commencé leur tournée à Toronto, le 4 octobre dernier. Ils sont passés par plusieurs villes, dont Toronto, Sudbury, Mattawa, et poursuivront leur tournée jusqu’à la fin du mois de novembre.
Photos :
Photo_Montfort_Intervenantes Cr. Patrick Woodbury Le Droit : Quelques dizaines du personnel de la santé de l’hôpital Montfort étaient présents devant le drapeau franco-ontarien pour demander la fin des chirurgies privées dans les hôpitaux. (Patrick Woodbury/Le Droit)
Photo_Une_Montfort_Cr. Patrick Woodbury Le Droit : La vice-présidente francophone du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario, Suzanne Pinel-Asselin et la présidente du local 4721 du syndicat canadien de la fonction publique, Jennifer Carrière. (Patrick Woodbury/Le Droit)
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- Date de création 21 novembre, 2024
- Dernière mise à jour 21 novembre, 2024