Changements climatiques: le tourisme hivernal forcé de se réinventer

Les secteurs liés au tourisme hivernal doivent explorer de nouvelles solutions pour atténuer les impacts des changements climatiques.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

L’hiver dernier a donné un avant-goût de ce que les changements climatiques pourraient avoir comme impact sur le tourisme et les activités hivernales.

Des stations de ski qui entreprennent leur saison tardivement, des sentiers de motoneige impraticables pendant une bonne partie de la saison, un tournoi international de hockey sur étang annulé en raison du temps doux. Ce ne sont que quelques exemples d’activités touristiques hivernales qui ont été affectées par les caprices de Dame nature.

Selon Jean Bertin, agent de communication pour le ministère du Tourisme, Patrimoine et Culture du Nouveau-Brunswick, le manque de neige et les hivers plus chauds ont des conséquences directes sur les activités de Parcs NB ainsi que de nombreuses entreprises touristiques.

«Nos parcs provinciaux tentent également de diversifier leurs activités afin d’être le plus accessibles possible pour les utilisateurs. Certains se sont transformés en destination quatre saisons, comme le parc Sugarloaf, qui sait divertir les amateurs de plein air à longueur d’année.»

Cette diversification, on peut aussi la retrouver au Centre plein air mont Farlagne qui a subi les contrecoups de l’hiver 2023-2024.

Marc Nadeau, président de la Coopérative récréotouristique du Madawaska (Républik Nature) – qui est devenue propriétaire du centre de ski il y a quelques mois – affirme qu’il existe des stratégies pour s’adapter à cette nouvelle réalité.

Selon lui, l’installation de meilleurs systèmes de fabrication de neige artificielle est l’un des éléments clés pour atténuer les effets des changements climatiques.

«Aujourd’hui, si tu n’as pas d’enneigement artificiel, il est impossible de faire fonctionner un centre de ski. Il faut être capable d’investir dans des canons à neige qui sont plus avancés technologiquement et qui nous permettent de faire de la neige lors de températures moins froides.»

Comme la possession d’un système d’enneigement à la fine pointe de la technologie est devenue le nerf de la guerre pendant la période hivernale, M. Nadeau explique que la Coopérative Républik Nature a déposé une demande de projet de 1,2 million $ au gouvernement provincial afin de mettre à jour son infrastructure.

«On semble avoir une première ministre qui connaît les enjeux liés aux centres de ski. Le gouvernement connaît déjà les enjeux liés aux centres de ski, car il a fait des investissements dans son parc provincial à Campbellton. Malheureusement, les autres centres de ski sont un peu laissés à eux-mêmes.»

Le président de Républik Nature croit que des investissements majeurs devront être réalisés au mont Farlagne au cours des cinq prochaines années, notamment dans le système d’enneigement, le bâtiment d’accueil et le télésiège.

La Coopérative récréotouristique du Madawaska développe actuellement son projet d’activités quatre saisons. Elle est composée principalement du centre de ski l’hiver et des sentiers de vélo de montagne l’été. D’autres éléments, comme un parc de vélo et des sentiers pédestres, ont également été ajoutés.

«Il y a quatre ans, on a présenté ce grand projet de destination plein air quatre saisons, qui comprend beaucoup de choses. On a un gouvernement provincial qui semble un peu plus à l’écoute, mais est-il prêt à faire des investissements? C’est ce que l’on est en train de voir avec eux et on va tenter de bâtir un partenariat», a expliqué Marc Nadeau.

Quoi qu’il en soit, le président de Républik Nature croit que les bénévoles et les employés qui gravitent autour du Centre plein air mont Farlagne font preuve d’assez de débrouillardise pour s’ajuster aux aléas de la température et poursuivre son développement.

«Même si Dame nature nous donne des défis, on est capable de tirer notre épingle du jeu. L’un des meilleurs exemples s’est produit en mars dernier. Il devait y avoir une course du circuit de l’Atlantique à Poley Mountain, mais elle n’avait plus de neige. On a été en mesure de sortir nos canons à neige et d’en faire assez pour accueillir cette compétition.»

Pour sa part, le ministère du Tourisme, Patrimoine et Culture estime que l’effet des changements climatiques sur les attraits touristiques ne se fait pas sentir qu’en hiver.

Par contre, il estime que les régions, les communautés et les opérateurs touristiques cherchent des moyens de développer des expériences touristiques qui motivent les voyageurs et qui ne dépendent pas nécessairement de la neige, comme les festivals, les expériences culinaires et culturelles, ainsi que le bien-être.

De la motoneige à plus haute altitude

Le secteur de la motoneige a également été affecté au cours de l’hiver précédent. Même dans une région propice aux précipitations de neige comme le nord du Nouveau-Brunswick la saison a été passablement écourtée.

La température anormalement douce a, entre autres, mené à l’annulation du premier festival de motoneige l’Odyssée de l’or blanc qui devait avoir lieu à la fin de février 2024.

Le directeur général de Motoneige NB, Ralph McBride, est conscient que l’industrie de la motoneige ne pourra pas se rabattre sur la fabrication de neige artificielle comme le font les centres de ski.

Comme on dépend de la neige naturelle, les options sont plus limitées. Selon M. McBride, l’une des alternatives est le développement de sentiers situés en terrains plus élevés. Trois de ces sentiers dits «Signature» ont été aménagés, soit celui des Monts Christmas, situé dans les environs du mont Carleton; des Hautes-Terres historiques dans la Vallée du fleuve Saint-Jean; et des Hautes-Terres de Fundy dans les environs du Parc national Fundy.

«Il y a de plus fortes chances qu’il y ait de la neige à ces endroits. Ça peut compenser si les terrains plus bas ont moins de neige», a ajouté Ralph McBride.

Évidemment, le directeur général de Motoneige NB souhaite que la saison 2023-2024 n’ait été qu’une anomalie et que les conditions météorologiques soient plus favorables cette saison.

«L’an dernier, on a sorti la dameuse à la mi-janvier et c’était pratiquement terminé à la mi-février. Normalement, on commence plutôt à la mi-décembre. On espère que ce sera le cas cette année.»

«On ne sait jamais ce que Dame nature nous réserve. On a déjà eu une première couche de neige qui varie d’une région à l’autre, alors c’est une bonne chose. On souhaite que ça demeure ainsi.»

Selon M. McBride, les amateurs ne semblent pas avoir été découragés par l’hiver 2023-2024. Il croit toutefois que leurs habitudes peuvent avoir changé.

«Il y a 15 ou 20 ans, les gens n’étaient pas nécessairement intéressés à visiter les sentiers en terrain plus élevé. Au lieu de rester dans les mêmes sentiers habituels, ils sont de plus en plus enclins à visiter d’autres secteurs. Les vrais amateurs vont toujours essayer de trouver de la neige quelque part.»

 

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Photo : Archives – Acadie Nouvelle

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  • Date de création 9 décembre, 2024
  • Dernière mise à jour 9 décembre, 2024
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