Changement climatique : les femmes de l’Î.-P.-É. sont appelées à faire entendre leur voix

Changement climatique : les femmes de l’Î.-P.-É. sont appelées à faire entendre leur voix

Le 20 juillet dernier Actions Femmes Î.-P.-É. a lancé un sondage en ligne à propos des impacts du changement climatique sur les femmes francophones de l’Île.  Une dizaine de questions pour mieux comprendre les défis auxquelles sont confrontées les Insulaires et y apporter des réponses appropriées. 

_______________________

Marine Ernoult

IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

 

 

«Au niveau mondial, les femmes sont plus touchées que les hommes par les changements climatiques et les événements météorologiques extrêmes, mais on a un gros manque de données au Canada et à l’Île-du-Prince-Édouard», révèle Jenna Miller, chargée de projet au sein du laboratoire Climate Sense de l’Université de l’Î.-P.-É., en stage au sein d’Actions Fem-mes Î.-P.-É.

La chercheuse a ainsi créé avec l’organisme féministe un sondage pour mesurer les impacts concrets de ces dérèglements climatiques sur la vie des femmes francophones de la province.  «Toutes les Insulaires sont susceptibles d’être affectées, souligne-t-elle.  Celles qui habitent sur la côte peuvent par exemple être victimes de l’érosion côtière et de la montée du niveau de la mer ou de grosses tempêtes comme Dorian», souligne Jenna Miller.

L’enquête en ligne s’intéresse entre autres aux manières dont les femmes s’informent sur ces enjeux, aux actions qu’elles seraient prêtes à adopter et aux barrières qui les en empêchent.  «Est-ce que le fait d’être en situation linguistique minoritaire est un frein, les francophones manquent-elles d’informations dans leur langue maternelle», s’interroge Jenna Miller.

Inégalités de genre renforcées

Une quinzaine de minutes sont nécessaires pour répondre à la dizaine de questions.  «Les réponses proposées sont volontairement très larges, car on n’a pas voulu influencer le choix des participantes», observe Jenna Miller.  Le sondage s’inscrit dans le cadre de la recherche qu’elle mène surle sujet depuis janvier dernier.

Comme un miroir grossissant, le réchauffement renforce les inégalités de genre existantes, exacerbe la charge mentale et éducative et le travail non rémunéré qui incombe aux femmes, explique Jenna Miller.  Elle prend l’exemple des tâches ménagères : «Quand une femme fait ses courses et qu’elle doit penser aux enjeux écologiques ça ajoute du stress, elle doit avoir en tête d’acheter moins de viande, de bannir les aliments sous plastique».  Selon la chargée de projet, les femmes peuvent alors développer ce qu’on appelle de l’écoanxiété.  Autrement dit, le sort de la planète les angoisse profondément.

Pourquoi aborder le réchauffement – l’avenir de la planète donc – du point de vue des femmes? «Parce qu’elles sont plus intéressées par ces questions, elles font davantage partie du mouvement de justice climatique», affirme Jenna Miller.  En d’autres termes, elles sont celles qui peuvent faire passer les messages, faire admettre que nous surconsommons, surgaspillons.

Des femmes plus impliquées

Selon l’Organisation des Nations-Unies, les femmes sont plus enclines à partager des informations sur le bien-être de la communauté, et plus disposées à s’adapter aux changements environnementaux dès lors que leur vie familiale en subit les conséquences.  Elles sont généralement les premières à réagir en cas de catastrophe naturelle, et contribuent au rétablissement post-catastrophe en répondant rapidement aux premiers besoins de leurs proches et en renforçant les structures communautaires.

Le sondage est ouvert jusqu’à la fin de la première semaine d’août.  Jenna Miller espère qu’au moins cinquante femmes y contribueront.  Les résultats alimenteront son étude, mais également la programmation d’Actions Femmes.  «Il y a une véritable volonté de l’organisme de travailler sur le réchauffement et d’apporter de l’information en français», assure Jenna Miller qui évoque l’organisation potentielle d’une ou deux activités sur le sujet d’ici fin janvier 2022.

Pour participer, visitez le site Web www.afipe.ca/actualites/sondage-climatesense.

 

 

 

-30-

 

 

Photos

Jenna Miller est chargée de projet au sein du laboratoire Climate Sense de l’Université de l’ Î.-P.-É. (Photo : Marine Ernoult)

 

  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 6 août, 2021
  • Dernière mise à jour 6 août, 2021
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article