«C'était la première fois que je me sentais à ma place.»

Le Camp Courage, une semaine destinée à initier de jeunes femmes aux carrières dans les services d'urgence, a formé un nouveau groupe de jeunes filles, dans l'espoir d'inspirer la prochaine génération de secouristes.

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Jean-Philippe Giroux

IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Les organisatrices de Camp Courage souhaitent que les participantes retournent dans leur communauté avec un sentiment d'autonomie et la confiance nécessaire pour atteindre leurs objectifs.

«Nous espérons que les diplômées sortiront de l'école les yeux ouverts sur leur potentiel illimité et l'esprit élargi au-delà des limites qu'elles se sont imposées», déclare Andréa Speranza, directrice générale et fondatrice de Camp Courage.

L’équipe du camp rappelle aux participantes qu’elles peuvent y parvenir, grâce aux compétences qu’elles ont acquises ainsi que la sororité qu’elles ont créée. «L'objectif ultime est d'aider à former des êtres humains formidables, des leadeuses soucieuses de leur communauté», explique la directrice générale.

Cherish Thomey, valedictorian (major de promotion) de la cohorte de 2024, a toujours été attirée par le domaine de la police. L’élève de Woodlawn High a un œil sur Camp Courage depuis quelque temps, ayant tenté d’entrer deux années de fil.

Ces jours-ci, d’autres domaines, dont la lutte contre les incendies et la garde-côtière, piquent sa curiosité. «Je voulais juste en savoir plus sur ce à quoi j'appartiens, confie-t-elle, ce en quoi je me sens le plus confiante.»

Camp Courage est une occasion unique pour de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans de chercher des conseils et un mentorat auprès de femmes qui œuvrent dans les services d'urgence. «C’est important, quand tu essaies de faire une décision, d’avoir la perspective de quelqu’un qui est dans l’emploi», explique Isabelle Peart, aussi valedictorian du camp de 2024.

La présence de ces femmes a eu une influence importante sur Thomey. «Lorsque je vois des policiers dans la rue en train de patrouiller ou autre, je vois rarement des femmes, raconte-t-elle. Je ne connaissais pas non plus de femmes parmi les secouristes. Je suis venue ici et j'ai été étonnée de voir combien de femmes voulaient nous aider.»

Son moment le plus mémorable était lié à la «remorque de confiance», une épreuve consistant à se déplacer d'un bord à l'autre d'une maison simulée, qui ressemble à un labyrinthe, dans des conditions où il est très difficile de voir et de bouger.

Les participantes devaient travailler ensemble et se fier à leurs compétences afin de suivre le tuyau tracé. «Ç’a démontré l’importance du travail d’équipe», précise Peart, un élément qui est au cœur de tous les domaines des services d'urgence, fait-elle remarquer.

De son côté, Thomey voit le travail d’équipe d’une nouvelle façon. Dans son quotidien, elle fait partie de plusieurs équipes sportives, où il y a toujours un capitaine et des équipiers.

Mais lors des exercices de Camp Courage, le concept était abordé un peu différemment. Il n’y avait pas de capitaines et on demandait à chacun de contribuer en misant sur leurs forces. Le camp lui a ouvert les yeux sur le fait que tout le monde a quelque chose de différent à offrir afin de mener l’équipe à la réussite.

Isabelle Peart, élève de l’École secondaire du Sommet, sera en 12 année dès septembre. Elle n’est pas encore décidée sur son choix de carrière, mais Camp Courage lui a certainement apporté de la clarté. «Parler aux mentores, voir qu'ils s'amusent dans leur travail et que ce n'est pas toujours si sérieux [...], ça m'a donné une toute nouvelle perspective.»

Pour ces participantes, le camp a «ouvert toutes les portes» des possibilités de carrière. Elles ont appris que de nombreux mentores sont passés d'un domaine à l'autre et qu'elles peuvent faire de même.

Andréa Speranza a fondé Camp Courage en 2006. À l'époque, moins de 1 % des pompiers de la région étaient des femmes. «J'avais le sentiment que les gens ne savaient pas ce qu'ils ne savaient pas et que s'ils pouvaient expérimenter physiquement les activités, ils les aimeraient autant que moi», dit-elle.

Le pourcentage a augmenté en 2020, avec environ 12 % du personnel de ​​Halifax Regional Fire and Emergency étant des femmes. Selon Mme Speranza, aujourd’hui, 11 à 14 % font partie de la main-d’œuvre.

La directrice générale constate une évolution depuis la création de Camp Courage. Elle a rarement travaillé avec d’autres pompières pendant 20 ans de carrière. Mais les choses ont changé au cours des cinq dernières années, et de plus en plus d'anciens diplômés de Camp Courage sont recrutés.

Christie Webb est une ancienne diplômée de Camp Courage, ayant reçu son certificat en 2013. Une décennie plus tard, elle est membre du conseil d’administration de l’organisme et pompière dans la région d’Halifax. «Ce fut l'une des meilleures semaines de ma vie», confie-t-elle.

Elle a rencontré de nombreuses secouristes, qui l'ont aidée à frayer son chemin. Aujourd'hui, elle rend la pareille en portant la casquette de mentore.

Elle revient chaque année au camp pour aider. «Je voulais offrir l'expérience que j'ai vécue lorsque j'étais campeuse. J'ai eu de superbes leadeuses et mentores et je voulais être l'un d'entre eux», conclut-elle.

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  • Date de création 12 juillet, 2024
  • Dernière mise à jour 12 juillet, 2024
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