«C'est des connexions humaines, donc ça vaut la peine»
Le Conseil communautaire du Grand-Havre souligne annuellement la contribution des bénévoles dans la communauté. Lors du gala de cette année, ce fut Mélodie Jacquot-Paratte qui a reçu le prix Gaston-Chagnon, décerné à un individu dont l’engagement communautaire a été exceptionnel.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Dans un premier temps, ce fut un courriel lui annonçant qu’elle a reçu le prix de bénévole de l’année pour la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse (FFANE). Quelque temps plus tard, un autre courriel, l’informant qu’elle a été sélectionnée pour le prix de la bénévole de l’année.
Une surprise de prime abord, confie-t-elle. «Je me suis occupé des galas des bénévoles, quelques années, pis je l’ai remis à du monde qui [se] sont battus pour avoir des écoles, [etc.]. Pis là, j’étais comme, what? On me met dans le même line-up?»
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Son cheminement a commencé lorsqu’elle était jeune, suivant ses parents, impliqués avec des organismes communautaires, aux différents évènements. «Donc, sans que je le réalise, je pense que je le voyais», dit-elle, sans compter sa contribution au sein des comités scolaires, un autre terrain d’apprentissage.
«Ensuite, moi, c'est surtout avec des initiatives, comme un projet spécifique, un évènement, quelque chose comme ça. J'aime le sentiment de voir l'évolution de la chose. Pis qu'on soit un petit groupe ou un gros groupe, de voir ça, je trouve ça cool.»
«Après ça, c'est des connexions humaines, donc ça vaut la peine», ajoute-t-elle.
Sa contribution principale étant auprès de Femmes Action Halifax (FAH), il convient de mentionner que Mme Jacquot-Paratte est très impliquée dans sa communauté et que son chapeau de bénévole, elle le porte à plusieurs occasions, pour différentes causes.
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Cependant, c’est le regroupement FAH qui a eu le plus grand impact pour alimenter la flamme de l’engagement bénévole chez elle. «Je suis rentrée sur le CA avec Femme Action en 2020. Donc, pandémie, déprimée. Je m'occupais d'un festival (Francofest), donc ça, c’était pas le meilleur moment pour motiver, penser à l'avenir du Francofest. C’était pas le fun dans ce contexte-là parce qu'on n'avait aucune idée qu’est-ce qui se passait.»
«Y’avait pas la connexion humaine, pis j'étais vraiment habituée à ça, plus que je le pensais. Avec évidemment le travail au bureau, t'as une équipe, mais de voir des gens, de toujours être on the go, de rencontrer des nouvelles personnes… Donc, ça m'a beaucoup affectée, évidemment, comme beaucoup de personnes.»
Elle a donc essayé quelque chose de nouveau. Elle s’est rapprochée de la FFANE, qui cherchait justement une représentante pour Halifax. Peu de temps après, elle a découvert FAH, un regroupement de la fédération qui a été créé il y a longtemps et est redevenu actif en 2020.
Une expérience bénévole qu’elle qualifie de gratifiante, pour diverses raisons. «Avec Femme Action, je trouve que ça a donné un autre angle avec lequel, en fait, je pouvais rencontrer des gens, parler de différents sujets, puis c'est quand même un espace spécial où on se retrouve entre femmes [...] ça m'a donné vraiment un différent lien avec les femmes de la communauté.»
Elle explique que le côté direct du nom du regroupement permet d’attirer des femmes d’expression française de divers horizons, en plus grand nombre.
Ce qui n’est pas toujours facile, dans une ville où les francophones sont dispersés. «C'est sûr que francophone, c'est un côté un peu invisible. Tu ne peux pas pointer à quelqu'un dans la rue en disant: “Tu es francophone.”»
Mais le regroupement a réussi à accroitre sa visibilité depuis 2020, allant d’une couple de membres inscrits à plus d’une trentaine de membres officiels en 2024.
«Je le sais, pis je le vois, qu'y’a un besoin entre personnes d'une même communauté, à l'intérieur du chapeau francophone, de se retrouver. Pis on voit que ça manque pour plein de différents groupes, mais je sais qu'avec les femmes, y’a ce besoin de se retrouver pis juste parler de choses qui sont spécifiques à soi, ou des sujets où on veut en apprendre plus, des échanges.»
Son expérience en bénévolat lui a aussi permis de voir le potentiel et les habiletés à mettre à profit. Pour Mme Jacquot-Paratte, le leadeurship passe par le soutien, en donnant un «petit boost» pour encourager les personnes à passer du doute à l’action.
Et de leur faire comprendre que les compétences en leadeurship, elles l’ont déjà. «Quand je vois [des gens qui ont] du potentiel pour x choses, qu'ils ont un skill, mais qui sont pas nécessairement à l'aise de proposer, de faire quelque chose ou d'être le lead, ou y savent pas trop, c'est souvent là où je vais essayer de les attraper pis dire, “Non”, ou, “Pardon? Tu serais vraiment bon à animer quelque chose, etc.”»
«Si je peux être un levier qui les aide dans leur chemin, ça fait plaisir.»
Même si l’engagement communautaire n’est pas de tout repos, elle y retourne toujours et, après chaque activité, elle se rappelle pourquoi elle s’implique et pourquoi le bénévolat la passionne.
«Personnellement, ça recharge ma batterie. Pis de voir les effets ou les répercussions après, même si c'est des années après, tu te dis, “OK, j'ai fait quelque chose qui valait la peine”, ou qui a amélioré une situation, qui a inspiré quelqu'un.»
«Je dis toujours qu'on a tous la capacité de changer le monde, mais ça va peut-être être juste un tout petit peu à la fois. Si je change la vie de quelqu'un un petit peu, ben, ça a quand même fait un effet», conclut-elle.
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- Date de création 15 juillet, 2025
- Dernière mise à jour 15 juillet, 2025