Cellulaire en classe: les restrictions sont bien reçues

La décision du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick de limiter l’utilisation du cellulaire en classe a généralement été bien reçue dans le milieu de l’éducation. Pour certains, il ne s'agit toutefois que d’une piste de solution qui s’insère dans une réflexion qui doit être plus large.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl

Florent Michelot, professeur en science de l’éducation de l’Université de Moncton, campus de Shippagan, s'est dit heureux de voir que le gouvernement provincial décide enfin d’uniformiser certaines règles en lien avec l’utilisation du téléphone cellulaire.

Les principaux changements à la politique 311 sont que l’utilisation d’un téléphone cellulaire par les élèves est permise dans les salles de classe pour des raisons pédagogiques et que pendant les heures de cours, les membres du personnel enseignant demanderont aux élèves de placer leur téléphone cellulaire en mode silencieux dans un endroit désigné de la salle de classe.

Cependant, les élèves qui utilisent leur téléphone cellulaire pour des raisons médicales, comme l’autogestion du diabète, pourront continuer à le faire.

Selon le MÉDPE, cette clarification permet au personnel enseignant de mieux superviser l’utilisation des téléphones cellulaires en salle de classe.

«Je trouve ça bien que le gouvernement pose ce geste-là, car il ne s’agit pas de remettre en cause la pertinence du cellulaire dans les activités pédagogiques. Si ce n’est pas utilisé à des fins pédagogiques, on le met de côté et c’est très bien comme ça», a commenté Florent Michelot.

Outre l’utilisation à des fins médicales, M. Michelot croit qu’il ne faudrait pas non plus négliger l’utilité d’un cellulaire pour un jeune qui est victime d’intimidation.

«Ce n’est pas simple, mais il ne faudrait pas qu’il y ait une double peine de leur côté. Il faut regarder la santé physique, mais aussi mentale.»

Il croit tout de même que cet enjeu aurait mérité un débat plus élaboré, car, selon lui, la récente initiative du gouvernement provincial n’est qu’un correctif qui ne fait que résoudre une partie du problème.

«C’est bien qu’il y ait eu ce “patch” (...) On regarde toujours le problème des écrans à la lumière de ce qui se passe en classe, mais il reste que les facteurs sociaux demeurent importants. Avec le mésusage des écrans, c’est avant tout des facteurs sociaux qui sont les meilleurs indicateurs d’abus.»

«Maintenant, qu’est-ce que l’on fait dans les maisons et pour les petits enfants qui sont trop souvent devant un écran?»

Florent Michelot croit que davantage d’efforts devraient être déployés pour aborder la question de la citoyenneté numérique avec les élèves.

«On devrait peut-être réformer les cours de formation personnelle et sociale pour y intégrer un volet traitant des impacts positifs et négatifs du numérique. Autant dans la formation des enseignants que des élèves, il faut que cet aspect soit renforcé.»

Du côté du District scolaire francophone du Nord-Est, la mise à jour de la politique 311 permettra de soutenir le personnel enseignant dans ses efforts d’accompagnement des élèves dans le développement de compétences en lien au numérique.

«Nous ne dictons pas une manière uniforme de faire appliquer l’article 6.13 de la politique, mais nous allons nous assurer qu’il soit mis en œuvre», a mentionné la responsable des communications et des relations stratégiques du DSFNE, Brigitte Couturier.

Un programme de sensibilisation, touchant à l’identité numérique, à la sécurité, à la publicité et au marketing, à la littératie numérique, au bien-être, au respect, à la communication et à l’intelligence artificielle, a été développé dans le district.

«Nous voulons agir de façon préventive pour accompagner nos personnes apprenantes afin qu’elles développent des compétences cybercitoyennes. La mise à jour de la politique 311 arrive donc au bon moment», a ajouté Mme Couturier.

Josianne Melanson, élève à l’École Clément-Cormier de Bouctouche et membre de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick, estime que les jeunes sont habituellement au courant des effets néfastes entourant l’utilisation excessive du cellulaire.

Elle croit cependant que s’il est bien utilisé, il peut s’avérer un bon outil pédagogique.

Bien que l’imposition d’une limite ne soit pas dramatique, elle ne croit pas qu'il serait sage de bannir complètement l'appareil des salles de classe.

«Dans certaines circonstances, ça peut être très utile, car les jeunes n’ont pratiquement pas le choix de s’adapter aux nouvelles technologies. Ils sont habitués à ça, alors je crois que les enlever complètement pourrait causer des problèmes dans les écoles.»

Dans bien des établissements scolaires, il existait déjà, même avant que le ministère ne propose ses amendements à la politique 311, des règles par rapport à l’utilisation du cellulaire. Celles-ci étaient souvent laissées à la discrétion du personnel enseignant.

C’est le cas à Clément-Cormier. Selon Josianne Melanson, les élèves doivent mettre leur téléphone cellulaire dans une pochette lorsqu’ils entrent en classe. L'appareil est utilisé au besoin. De manière générale, cette réglementation est bien respectée par les jeunes.

«Je pense qu’un bon système pour aider les élèves à bien utiliser leur cellulaire est quelque chose de positif.»

Même avant la consigne du ministère, le Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska, reconnu pour son approche ciblée sur les nouvelles technologies, demandait déjà à ses élèves de ne pas apporter ces appareils électroniques à l’école.

Claudine Dionne, directrice de l’école située dans le secteur de Clair, dans le Haut-Madawaska, a mentionné, lors d’une entrevue réalisée avec l’Acadie Nouvelle en février, a expliqué que tout ce que le téléphone intelligent pouvait apporter a été rendu plutôt inutile en raison de l’intégration des outils numériques pédagogiques directement dans les salles de classe.

«On a donc demandé aux élèves de garder leurs cellulaires à la maison. Ç’a été un gros changement pour eux, mais ça les engage, car ils n’ont plus cet aspect de dépendance avec lequel composer», a raconté Mme Dionne.

«On n’avait plus besoin du cellulaire et on a fait la demande. Les élèves et les parents ont respecté cette consigne.»

La directrice du CAHM avoue que la transition n’a pas été facile au départ, mais elle juge que cette méthode a apporté des effets positifs.

«Je trouve que les élèves sont beaucoup plus impliqués (...) On a été avant-gardistes dans le sens ou on voyait que ça devenait un problème à certains niveaux. On s’est dit que l’on avait déjà ces outils là en classe, alors, pourquoi ne pas essayer?»

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Photo : aucune.

 

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  • Date de création 15 mai, 2024
  • Dernière mise à jour 15 mai, 2024
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