Casselman: quand le développement se heurte à l’agriculture

Des agriculteurs inquiets ont interpellé les élus municipaux de Casselman jeudi dernier relativement à un projet d’annexion de terres agricoles en vue de permettre l’agrandissement des lagunes d’entreposage d’eaux usées.

 

Jean-Marc Dufresne

IJL – Réseau.Presse – Agricom

Les principaux intéressés sont repartis qu’à demi rassurés -certains, pas du tout- quant à l’intention de la municipalité d’aller de l’avant avec son projet, qui semble pourtant avoir bien peu de chance de se concrétiser.

Douleurs de croissance

À l’origine du conflit: le plan directeur de la municipalité, explique le directeur général de Casselman, Yves Morrissette: « Casselman est défini comme un centre urbain. C’est dans notre mandat de prévoir le développement du territoire, c’est même dans la déclaration de principe provincial qui veut que chaque municipalité prévoie et dispose de terrains pour favoriser le développement et la densification urbaine », dit-il.

Or, qui dit plus de maisons, dit plus de services: aqueducs et égouts, notamment. « Depuis les fusions, les lagunes se retrouvent sur le territoire de La Nation et la logique veut que Casselman rapatrie ses services à l’intérieur des limites de la municipalité », dit-il. L’administration a commandé une étude qui présente trois options, dont celle de créer de nouveaux lagons sur des terres voisines.

C’est l’aspect qui a sonné l’alarme pour les agriculteurs concernés. Guy Laflèche est l’un d'eux. Il dit craindre que l’étude indique qu’une partie des terres agricoles sera utilisée pour un Lagon – Expansion, ce qui impacterait directement la valeur marchande des terres agricoles et la valeur immobilière des résidences à proximité.

« Qui va acheter des terres agricoles au plein prix, 22,000$/acre pour risquer d’être exproprié », déplore-t-il dans un message à la municipalité. « Qui va offrir la pleine valeur d’une résidence et prendre le risque que dans les prochaines années, il risque de voir de nouveaux lagons dans sa cour arrière? »

Tempête dans un verre d’eau?

Pour le directeur Morrissette, les craintes des agriculteurs sont sans grand fondement puisque selon lui, les chances que la municipalité puisse aller de l’avant avec le projet d’annexion sont “très minces”.

« Juste pour bâtir une cellule de lagune, on parle de 10 millions de dollars », dit-il. « On  n’a pas les moyens à court ou moyen terme, d’autant que si on prévoit plus de traitement d’eau usée, ça signifie avoir plus d’aqueducs à construire, donc d’autres frais. Et c’est sans parler des ententes à faire avec les nombreuses parties au dossier. »

Selon lui, ce n’est pas du tout l’orientation privilégiée par le conseil. « Nous avons demandé au gouvernement de l’Ontario la permission de passer du statut de surverses saisonnières à surverses permanentes et jusqu'à aujourd'hui, nous n’avons aucune raison de croire que notre demande sera refusée. »

Il reconnaît toutefois que la municipalité ira de l’avant avec son projet d’annexion des terres où sont les lagunes, présentement sur le territoire de la municipalité de La Nation, ainsi que des terres avoisinantes afin de ne pas avoir à le faire plus tard, si la situation l’oblige.

« Il y a une grande différence entre annexer et exproprier », ajoute le directeur. « L’annexion signifie juste que la terre change de territoire administratif. Les cultivateurs en restent propriétaires et peuvent continuer à les cultiver. » Une explication qui est loin de satisfaire Marc Denis. « J’ai une Hobby Farm sur 36 acres boisés avec un lac, ça vaut 2 millions sur le marché. Si on m’exproprie à la valeur marchande d’une terre à bois et qu’on me donne 600 000$, c’est trois fois moins. » Le groupe désire explorer les options dont il dispose pour faire obstruction au projet d’annexion, qui doit franchir plusieurs étapes avant son application éventuelle en 2026.

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Légende photo 1 : En rouge, l'emplacement des bassins voisins des terres à annexer.

Légende photo 2 : Le directeur général de la municipalité de Casselman, Yves Morrissette, indique que la croissance démographique impose aux élus des décisions difficiles.

Légende photo 3 : Marc Denis craint que l'annexion de sa terre par la municipalité de Casselman n'ouvre la porte à l'aménagement d'un bassin d'eau usée dans sa cour arrière.

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  • Date de création 26 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 31 mars, 2025
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