Capter le chant de la nature

Le groupe de bassin versant de Stratford a lancé un nouveau programme pour enregistrer le chant des oiseaux présents dans la zone. Le projet va se poursuivre dans les années à venir afin de dresser un état des lieux de l’écosystème forestier.

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Marine Ernoult

IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

 

 

Les forêts et les rivières de la région de Stratford chantent-elles encore? C’est ce qu’a voulu savoir le Stratford Area Watershed Improvement Group (SAWIG).

L’automne dernier, le groupe de bassin versant a tenté d’établir le paysage sonore de cette région à l’est de Charlottetown.

Grâce à des financements du PEI Wildlife Conservation Fund, l’organisme de bassin versant a installé deux sonomètres, des boîtiers munis de microphones, dans différentes zones forestières pour enregistrer le chant des oiseaux.

«Nous voulons suivre les populations d’oiseaux des bois au fil du temps, car la perte de forêts et de zones boisées qui touche l’Île-du-Prince-Édouard est problématique pour certaines espèces», explique Rebecca King, coordinatrice du SAWIG.

Les appareils ont capté une heure de chant par jour, tôt le matin, ce qui correspond au pic d’activité des volatiles.

«On les a déployés à plusieurs endroits, près d’un ruisseau ou encore près d’un sentier de promenade très fréquenté pour savoir ce qui affecte l’abondance des oiseaux et la diversité des espèces présentes», détaille Rebecca King.

Des mésanges et des bernaches

Afin de créer la base de données la plus complète possible, des professionnels se sont également rendus sur le terrain et ont procédé à des comptages. Autrement dit, ils ont consigné par écrit les espèces d’oiseaux qu’ils ont vus et entendus.

L’analyse des chants a permis d’identifier des mésanges, des merles d’Amérique, des corneilles, des geais bleus, des roitelets, ou encore des grands hérons.

Près du ruisseau de Fullerton, le chant du pioui de l’Est, une espèce en péril, a même été capté. Des cris de bernaches du Canada ont aussi été relevés.

Le groupe de bassin versant compte poursuivre sa surveillance au cours des années à venir afin d’obtenir un portrait précis des espèces d’oiseaux qui fréquentent les lieux.

«C’est un bon indicateur de l’état de santé de l’écosystème», observe Rebecca King.

Dès le printemps et l’été prochains, principales saisons de reproduction, les sonomètres seront de nouveau installés.

«Nous espérons entendre une plus grande diversité d’espèces, car de nombreux oiseaux utilisent des cris spécifiques quand ils veulent se reproduire, partage Rebecca King. Il sera donc beaucoup plus facile de les distinguer et de les identifier.»

L’organisme transmet également ses données au Centre de données sur la conservation du Canada atlantique afin d’alimenter des études à plus grande échelle.

Des chercheurs de l’Université de Moncton ont de leur côté mis au point un outil d’intelligence artificielle qui génère des chants d’espèces d’oiseaux, extrêmement rares en milieu naturel. L’objectif est d’aider les écologistes à les surveiller et à les conserver. L’outil, appelé ECOGEN, est en accès libre sur tous les ordinateurs.

 

 

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Photos

 

Rebecca King est coordinatrice du Stratford Area Watershed Improvement Group.  (Photo : Gracieuseté)

 

Deux sonomètres ont été installés dans des zones forestières autour de Stratford pour enregistrer le chant des oiseaux durant l’automne.  (Photo : Gracieuseté)

 

 

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  • Date de création 16 janvier, 2024
  • Dernière mise à jour 16 janvier, 2024
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