Caméras corporelles: «Ça éclaircit définitivement une opération policière»

La Force policière d’Edmundston a adopté officiellement, la semaine dernière, le port de la caméra corporelle au terme d’un projet pilote qui a duré environ six mois.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Le corps policier possède actuellement 16 de ces caméras qui seront portées principalement par les patrouilleurs.

Selon le chef adjoint de la Force policière d’Edmundston, François Levesque, la caméra a le potentiel d’augmenter la transparence des policiers et d’améliorer la confiance du public.

Lors de la période d’essai, quatre appareils ont été utilisés. Selon M. Levesque, elles ont permis de documenter de manière précise des interactions entre les policiers et les citoyens.

Certains critères ont été évalués, soit la qualité et l’accessibilité des enregistrements, l’impact des caméras sur le comportement des policiers et des citoyens ainsi que la logistique et les coûts liés à leur utilisation.

«On voulait savoir si ça nous apportait des informations de plus que ce que l’on avait déjà. Une image parle d’elle-même, alors c’est certain que ça nous donne plus de détails. On a eu des plaintes frivoles qui ont été faites et on a pu savoir exactement ce qui s’était passé. Ça éclaircit définitivement une opération policière.»

Bien qu’il n’ait pas avancé de chiffre précis, M. Levesque a mentionné que le système a nécessité un investissement de plusieurs centaines de milliers de dollars.

Pour ce qui est de son utilisation, la caméra devra être activée par le policier dans des circonstances spécifiques, principalement lors d’une intervention policière, d’une confrontation ou lorsque la loi l’exige.

François Levesque a toutefois tenu à rassurer les gens qui pourraient croire qu’ils seraient filmés en tout temps. Les activités quotidiennes à l’extérieur de ce cadre ne seront pas nécessairement filmées. On suggère fortement aux policiers d’avertir les gens de la présence de la caméra.

«Il y a une différence entre une intervention policière et une interaction policière. Ce n’est pas parce que les gens vont parler à la police pour poser des questions qu’on va les filmer. Toute intervention peut vite changer, alors c’est au policier de développer le réflexe d’actionner sa caméra.»

«Les membres ont l’obligation de le faire (activer leur caméra corporelle). Le système permet aussi de retourner en arrière pour aller chercher du vidéo, dans le cas où la caméra n’aurait pas enregistré.»

Selon le chef adjoint, la caméra introduit de nouvelles responsabilités pour les policiers. Il admet qu’il y aura certainement une période d’adaptation, même si le système a été testé sur une période de plusieurs mois auparavant. Les membres du personnel ont tous reçu une formation.

«Les policiers ont été très ouverts à ça. Ce n’est pas évident, car il n’y a pas grand travail où l’on porte une caméra sur sa personne (...) On veut être responsable, on veut une imputabilité, ainsi que la sécurité de nos citoyens et de nos policiers.»

Il estime que cet outil encourage un comportement plus conforme du côté des policiers et des citoyens. Il peut aussi servir d’outil de formation et d’évaluation du personnel et être utilisé comme élément de preuve lors de procédures judiciaires.

«En se basant sur des faits réels, qui vont avoir été captés, on va pouvoir utiliser l’information pour devenir meilleurs.»

M. Levesque a précisé que le système de caméras des autopatrouilles a aussi été changé afin de s’arrimer aux caméras portées sur la veste des policiers. Pour envoyer le matériel filmé sur un serveur, ils doivent retourner au poste de police et mettre l’appareil sur une station de recharge.

«C’est un système qui est vérifié de A à Z. On veut rassurer les gens que toutes ces preuves digitales vont rester sur un serveur extrêmement sécurisé. La province dit qu’une vidéo d’une simple interaction doit être gardée un certain temps, alors qu’une infraction plus grave doit être conservée plus longtemps, soit de cinq à sept ans. C’est très bien réglementé.»

La Force policière d’Edmundston n’est pas la première à adopter ce type d’outil. François Levesque le voit d’ailleurs comme un avantage puisqu’elle a pu utiliser d’autres corps policiers comme référence.

«Dans notre domaine, il est important d’aller chercher de l’information ailleurs parce que l’on peut savoir c’est quoi les défis. Souvent, on va voir les mêmes défis, et ce, que ce soit une grosse municipalité ou une petite, le travail reste le même.»

Des essais et des déploiements sur le terrain concluants

Des essais sur le terrain de caméras d’intervention ont été menés par la GRC, du 5 février au 31 mars, essais qui se sont avérés concluants selon le corps policier.

«Environ 200 policiers de la GRC ont pris part aux essais sur le terrain. Ils ont rempli toutes les exigences contractuelles et se sont avérés concluants», a raconté la sergente Kim Chamberland, porte-parole du quartier général de la GRC à Ottawa.

«En ce moment, toutes les divisions de la GRC évaluent leurs installations en vue de l’implantation de ces nouveaux outils, élaborent des plans de mise en œuvre, désignent des sites prioritaires et informent des intervenants internes et externes de l’implantation prochaine des caméras d’intervention et du système de gestion des preuves numériques», a ajouté la policière.

La mise en œuvre des caméras d’intervention devrait s’effectuer dans l’ensemble du pays à compter de l’automne 2024. Chaque agent désigné recevra sa propre caméra, a fait savoir la GRC.

Dans son énoncé économique de l’automne 2020, le gouvernement fédéral s’était engagé à verser 238,5 millions $ sur six ans pour la mise en œuvre de caméras d’intervention et d’un système de gestion des preuves numériques.

Dans la région Chaleur, la Police régionale BNPP dispose de caméras d’intervention depuis un an.

Sept caméras sont à la disposition des policiers, en plus de caméras qui sont installées à bord des véhicules de patrouille.

Le chef de police, Roger Clavet, a souligné que ces caméras apportent un degré de confiance un peu plus élevé de la part de la population envers la police et que ces appareils peuvent aider lors de la rédaction de rapport d’incident ou de dépôt de pièces à conviction au tribunal.

«Quand les gens voient que la caméra est activée, ça peut tempérer une situation pouvant être explosive et calmer les esprits», a ajouté le chef Clavet.

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Photo : Le chef adjoint de la Force policière d'Edmundston, François Levesque. - Acadie Nouvelle: Bobby Therrien

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  • Date de création 15 mai, 2024
  • Dernière mise à jour 15 mai, 2024
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